Chaines bébé

Audition du Collectif Interassociatif Enfance et Média (CIEM) par le Ministère de la Santé : non aux chaînes bébés

05/05/2008

Le Collectif Interassociatif Enfance et Média (CIEM), dont l’UNAF est membre, a été auditionné par le Ministère de la Santé, le 16 avril 2008, concernant les chaînes bébés (Baby First et Baby TV) et demande, au nom des préoccupations de protection des mineurs et de santé publique, leur interdiction.

L’UNAF sera d’ailleurs entendue ce jour, lundi 5 mai 2008 par Monsieur Boyon, président du Conseil supérieur audiovisuel, sur ce même sujet.

Lors de son audition, le CIEM a souligné l’unanimité des spécialistes de l’enfance et de l’éducation : médecins, psychiatres, psychologues, pédopsychiatres…et l’ensemble des organisations professionnelles ou fédérations de ces deux secteurs que sont l’éducation et la santé, sur les risques que comportent la mise à disposition de telles chaînes sur le développement harmonieux des jeunes enfants.

Après avoir :

- évoqué pourquoi le lancement d’une telle chaîne est particulièrement choquant,
- présenté les risques induits sur la santé et le développement des bébés,
- souligné la convergence des études internationales montrant que ces risques liés à une fréquentation de la TV avant 3 ans sont déjà pour partie mesurables,

Le CIEM a réaffirmé pourquoi l’Etat doit intervenir dans ce dossier.

En France, il existe une tradition de co-responsabilité de l’Etat sur les questions de santé publique. Avec une chaîne pour bébé, nous sommes certes dans le secteur de l’audiovisuel, mais nous touchons également au domaine de la puériculture ; or, si un jouet présente un risque pour les petits, il est aussitôt retiré du marché. Pourquoi, une telle précaution n’existerait pas pour une chaîne de télévision pour bébés ?

Une telle chaîne risque de nuire gravement aux enfants de moins de 2 ans auxquels elle est destinée. Elle porte atteinte au principe de précaution garanti par la constitution, à la convention internationale des droits de l’enfant, convention signée par la France…

Le CIEM a tenu à souligner, lors de cette audition que, pour une chaîne à destination des bébés, il n’y a pas de demi-mesure possible, on ne peut pas la verrouiller, ni imposer des horaires de protection, étant donné la cible visée. Il n’y a pas d’autres moyens imaginables que de l’interdire complètement.

Le CIEM, a donc demandé au ministère de la Santé de donner un avis défavorable, de se positionner contre la diffusion de cette chaîne de télévision pour les bébés de moins de deux ans, en soulignant les risques graves pour leur santé et leur développement affectif et cognitif.

Cette prise de position est extrêmement importante pour que le CSA, au regard de ses prérogatives en matière de protection des mineurs, interdise cette chaîne, en formulant une recommandation en direction des diffuseurs et des opérateurs français qui la diffusent. Le seul cadre est celui des atteintes à la protection des mineurs, conformément à la loi sur la communication française de 1986 (articles 1 et 15), mais aussi conformément à la directive européenne (article 22), en stipulant que cette chaîne présente un risque grave de nuire à la santé et au développement des enfants.

Intervention de Christian Gautellier, Vice président du CIEM : www.collectifciem.org/spip.php ?article87

Les actions du CIEM : www.collectifciem.org/spip.php ?article64#outil_sommaire_

Site à consulter Contact : Christian Gautellier, tél. 06 89 86 11 18

Complément : Le CIEM dans les médias : Ecoutez des extraits d’un débat diffusé dans l’émission Science publique (France Culture) autour de la question des télévisions pour bébés.


Rappelons que le CIEM est un collectif pluraliste qui fait prévaloir une logique d’usages multimédiatique des publics. Il rassemble l’ensemble des associations de l’éducation populaire, les associations familiales, les associations de parents d’élèves, les syndicats d’enseignants, des associations d’éducateurs spécialisés, de jeunesse, de téléspectateurs

Association des Instituts de Rééducation (AIRE) ; Centres d’Entraînement aux Méthodes d’Education Active (CEMEA) ; Confédération Nationale des Associations Familiales Catholiques (AFC) ; Confédération Syndicale des Familles (CSF) ; Conseil Français des Associations pour les Droits de l’Enfant (COFRADE) ; Conseil National des Associations Familiales Laïques (CNAFAL) ; Familles de France ; les Familles Rurales ; les Scouts de France ; Fédération des Parents d’Elèves de l’Enseignement Public (PEEP) ; Fédération des Conseils de Parents d’Elèves (FCPE) ; Fédération des Syndicats Généraux de l’Education et de la Recherche Publique (SGEN-CFDT) ; les Francas ; La Ligue Française de l’Enseignement et de l’Education Permanente ; Les Pieds dans le Paf ; Syndicat des Enseignants (SE-UNSA) ; Syndicat National des Enseignants du second degré (SNES) ; Syndicat National Unitaire des Instituteurs Professeurs des Ecoles et Professeurs d’Enseignement Général de collèges (SNUIPP/FSU) ; Union Nationale des Associations Autonomes de Parents d’Elèves (U.N.A.A.P.E) ; Union Nationale des Associations Familiales (UNAF) ; Union Nationale des Parents d’Elèves de l’Enseignement Libre (UNAPEL).


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INTERVENTION_CG_MINISTERE_SANTE_-_CHAINE_BB_-_16-04-05.pdf
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