Contexte
Le CIEM, Collectif Interassociatif Enfance et Média, a pour objet l’étude de l’environnement médiatique des jeunes et de la responsabilité de la communauté éducative dans la transmission intergénérationnelle véhiculée par l’ensemble des médias.
Le premier sujet d’étude du CIEM fut la télévision.
Mais, très vite, l’idée qu’il fallait réfléchir sur les radios qu’écoutent les jeunes s’est imposée. Ecoute intime et individuelle, la radio n’est pas l’objet de la même attention de la part des adultes que la télévision, média plus familial. Et pourtant l’écoute des « radios jeunes » occupe une place importante dans l’emploi du temps des adolescents.
Si, comme l’écrit Marie Choquet, « l’adolescence est une période d’intériorisation des valeurs d’une société », il est urgent de connaître les valeurs transmises par les radios pour en mesurer16 l’influence sur les jeunes.
En s’intéressant à ce média, le CIEM a constaté le peu de recherches, le peu d’analyses disponibles sur les radios. Pour amorcer une réflexion de fond sur la radio, et plus particulièrement les radios jeunes, les acteurs du CIEM se sont interrogés sur le rapport que les jeunes entretiennent avec les radios qui s’adressent à eux. Et, parce que le CIEM se place dans une réflexion de co-éducation/co-responsabilité, il lui est apparu nécessaire de demander aux parents ce qu’ils savent et ce qu’ils pensent des radios qu’écoutent leurs enfants.
Cette enquête ne prétend pas à la scientificité, ni à une représentativité nationale, il s’agit avant tout d’une démarche d’appropriation par le CIEM d’interrogations sur les pratiques des jeunes et celles des parents, elle doit être complétée par le dialogue avec les chercheurs et les professionnels qui travaillent régulièrement sur ces questions.
Deux questionnaires ont été élaborés, un à destination des jeunes, un en direction des parents.
Ces questionnaires ont été distribués puis recueillis d’avril à juin 2003 par le réseau des associations du CIEM : APEL, UNAAPE, SGEN, SE-UNSA, UNAF, AIRE, PAF, Ligue de l’enseignement, FCPE, CSF, AFC, CLEMI, CEMEA.
La diversité de ces associations a permis de garantir une certaine représentativité de l’enquête tant pour les jeunes interrogés (dans un contexte d’établissements publics mais aussi privés, dans des contextes scolaires ou périscolaires, en zone urbaine, périurbaine, comme rurale ...) que pour les parents (avec les diverses approches éducatives des différentes associations de parents d’élève et de leurs sympathisants). De par sa structure très pluraliste, le CIEM a pu interroger des personnes issues de milieux socio-économiques très variés.
Les jeunes ont répondu très volontiers, les 1000 questionnaires que le CIEM s’était fixé comme objectif ont été retournés en quelques semaines.
Le recueil des questionnaires auprès des parents a été plus laborieux. Il a fallu faire des rappels et des redistributions de questionnaires.
Les parents sont moins prolixes à propos des radios que leurs enfants. Ils ne s’intéressent pas vraiment à cette pratique médiatique des jeunes, ne la connaissent pas et en sous estiment certainement l’ampleur. Les résultats nous renvoient de ce fait sans doute l’opinion des parents les plus informés. Les appréciations qu’ils portent sur les programmes méritent d’autant plus notre attention [1].
Jeunes :
1025 questionnaires jeunes ont été recueillis sur l’ensemble du territoire français métropolitain.
Toutefois, il faut signaler une surreprésentation de la région bordelaise, (environ 12% du panel), due à une diffusion massive au sein d’un établissement scolaire. La région parisienne représente également une part importante des questionnaires (mais inférieure à 10%).
15% de ces questionnaires au moins émanent d’élèves scolarisés dans l’enseignement privé.
Parents :
490 questionnaires ont pu être dépouillés.
Choix des critères d’analyse des questionnaires
Jeunes :
Deux critères ont été privilégiés : le sexe et l’âge. Ce sont des critères objectifs d’une part et, d’autre part, ce sont des facteurs discriminants dans la plupart des pratiques médiatiques.
Le seuil de 16 ans correspond à un seuil existant dans la classification des médias (films interdits aux moins de 16 ans au cinéma, programmes déconseillés aux moins de 16 ans à la TV). Il a permis de distinguer 4 sous-groupes : les garçons, les filles, les moins de 16 ans, les plus de 16 ans.
Parents :
Seul le critère de l’âge a été retenu, en différenciant les moins de 40 ans, les 40/50 ans et les plus de 50 ans.
L’exploitation des données géographiques des deux enquêtes n’a pu être possible de façon systématique.
Le point de vue des jeunes
Répartition du panel des jeunes
Sur l’ensemble des jeunes interrogés, 96% écoutent la radio, 4% ne l’écoutent pas. La radio est donc un média extrêmement répandu parmi les jeunes.
Le dépouillement de l’enquête du CIEM a porté sur les 986 jeunes qui déclarent écouter la radio et qui ont répondu aux diverses questions sur leur âge et leur sexe. Ces 986 jeunes se répartissent en :
41% de garçons 59% de filles
et 56% ont moins de 16 ans 44% ont moins de 16 ans.
Les filles sont surreprésentées dans le panel. Cela s’explique peut-être par leur bonne volonté à répondre à un questionnaire qui a été librement diffusé et retourné. Les filles semblent souvent plus désireuses de s’exprimer par rapport à leurs pratiques personnelles. Une autre raison pourrait être leur surconsommation d’écoute radio.
Cette surreprésentation a été neutralisée chaque fois que possible par les données en pourcentages calculés sur chaque groupe.
La surreprésentation des moins de 16 ans s’explique, elle, par la construction du panel, la cible visée étant les 12-18 ans.
97% des jeunes interrogés fréquentent le collège ou le lycée.
Une fréquentation quotidienne de la radio
A la question « avec quelle régularité écoutez-vous la radio ? », plus des 2/3 des jeunes répondent « tous les jours ».
| Tous les jours | 72% |
|---|---|
| Occasionnellement | 19% |
| Le week end | 8% |
| Non répondu | 0% |
Les filles écoutent la radio de façon un peu plus régulière. Et ce sont les jeunes de plus de 16 ans qui ont l’écoute la plus régulière.
| Ecoute... | Filles | Garçons | Moins de 16ans | Plus de 16 ans | |
| Tous les jours | 73% | 70% | 69% | 76% | |
| Occasionnellement | 17% | 22% | 21% | 18% | |
| Le week end | 9% | 7% | 10% | 6% | |
| Non répondu | 1% | 0% | 0% | 0% |
A titre de comparaison lors de l’enquête de la DEP/Médiamétrie sur les loisirs des 8-19 ans de 1999, 81% des jeunes indiquaient écouter la radio. Cette enquête situait la radio comme une activité « banale » pratiquée par un nombre croissant de jeunes au fur et à mesure de leur âge : par plus de 50% des plus de 11 ans, plus de 70% des plus de 14 ans. Elle devient un des médias préférés et les plus pratiqués par les 17-19 ans [2].
Evaluation de la consommation quotidienne : entre 1h et 3h par jour
A la question : « en moyenne, combien de temps par jour écoutez-vous la radio ? », un jeune sur deux répond qu’il écoute la radio de 1 à 3 heures par jour.
La radio est donc un média de masse aussi important que la TV pour les jeunes, d’où la nécessité pour les adultes d’être attentifs aux pratiques des jeunes et aux contenus des radios.
Les filles écoutent la radio pendant des durées plus longues que les garçons. 76% des filles déclarent écouter la radio plus d’une heure par jour. Les garçons, eux, ne sont que 63%.
24% des filles déclarent l’écouter plus de 3 heures, contre seulement 17% des garçons.
ensemble
| Moins d’une heure | 28% |
| Entre 1 et 3 heures | 50% |
| Entre 3 et 5 heures | 15% |
| Plus de 5 heures | 6% |
| Non répondu | 1% |
| Filles | Garçons | Moins de 16 ans | Plus de 16 ans | ||
| Moins d’une heure | 23% | 36% | 30% | 26% | |
| Entre 1 et 3 h | 52% | 46% | 49% | 50% | |
| Entre 3 et 5 h | 17% | 12% | 14% | 17% | |
| Plus de 5 h | 7% | 5% | 6% | 7% | |
| Non répondu | 1% | 1% | 1% | 0% |
A titre de comparaison, l’enquête sur les pratiques culturelles des français de 1997 indiquait que la durée moyenne d’écoute de la radio par les 15-19 ans était de 13 heures par semaine, soit presque 2 heures par jour. Les tranches d’âge supérieures indiquaient consommer davantage (jusqu’à 20h par semaine pour les 45-54 et les 54-64 ans).
G Larmet qui s’appuie sur l’enquête Emploi du temps Médiamétrie/DEP 1998 donne des chiffres assez différents [3]. Les 15-26 ans déclaraient consommer 65 minutes par jour de radio contre 158 minutes de télévision [4]. Le volume de consommation de la télévision serait trois fois supérieur. Les modalités d’écoute de la radio diffèrent semble-t-il beaucoup de celle de la télévision. 97% des personnes interrogées (tous âges confondus) considèrent la radio comme une activité secondaire alors que 70% des personnes considèrent la télévision comme une activité principale (et seulement 30% comme une activité secondaire). La radio est un média de l’intime et de la chambre, qui accompagne ses auditeurs dans les activités intimes (hygiène), les repas, et les devoirs, la lecture, le sommeil, les tâches domestiques, les trajets [5].
Pour les jeunes, la radio est davantage associée au fait de ne pas vouloir se sentir seul ou de vouloir prendre du temps pour soi alors que la télévision reste un média toujours (à tout âge) plus familial.
Les moments d’écoute privilégiés :
le matin, en fin d’après-midi et le soir
Le questionnaire proposait aux jeunes cinq moments de la journée : le matin, le midi, en fin d’après-midi, le soir, et la nuit (après 22h). Ils pouvaient donner plusieurs réponses.
Les trois pics de l’écoute de la radio se situent le matin, l’après-midi après la classe et le soir (jusqu’à 22 heures).
Pour les filles comme pour les garçons et qu’ils aient plus ou moins de 16 ans, le moment privilégié d’écoute se situe le soir. Il s’agit là d’un comportement mal connu des adultes en général et spécifique aux jeunes.
Chez les adultes, l’essentiel de la fréquentation de la radio se produit le matin, l’écoute est relativement faible le soir (au profit de la télévision).
En fin d’après-midi, les filles sont plus nombreuses que les garçons à écouter la radio. Les garçons sortent-ils davantage ? On sait que la consommation de jeux vidéo reste très masculine, sont-ils plus accaparés à ce moment de la journée par les jeux vidéos ?
En revanche, la nuit ce sont les garçons et les jeunes de plus de 16 ans qui écoutent le plus. Cela peut tenir au ton très machiste de certains de ces programmes par rapport auxquels les filles sont un peu plus réticentes (voir question infra sur la gêne éprouvée pendant ces émissions) mais aussi au contrôle parental (ou aux consignes parentales) qui est comme on sait plus fort à l’égard des filles que des garçons. Le contrôle des parents s’exerce généralement davantage sur les horaires du coucher que sur le contenu des programmes.
Ensemble
| Matin | 63% |
| Midi | 14% |
| Fin d’après midi | 55% |
| Soir | 71% |
| Nuit | 34% |
| Filles | Garçons | Moins de 16 ans | Plus de 16 ans | ||
| Matin | 64% | 60% | 59% | 67% | |
| Midi | 14% | 14% | 13% | 14% | |
| Fin d’après midi | 60% | 46% | 53% | 57% | |
| Soir | 72% | 71% | 70% | 73% | |
| Nuit | 29% | 43% | 31% | 39% |
NRJ et Skyrock, les deux radios préférées des jeunes
Quand on leur demande leurs deux stations préférées, les jeunes ont cité 73 radios différentes.
Ils ne sont que 6% à citer des radios du service public de Radio France.
Leurs préférences sont très concentrées sur les quatre premières radios :
Un jeune sur deux cite NRJ qui est la radio préférée des filles.
Skyrock est la deuxième radio citée, mais la préférée des garçons, et elle est nettement plus appréciée par les moins de 16 ans que par les plus de 16 ans.
Europe 2 est la troisième station, elle est nettement plus appréciée des jeunes de plus de 16 ans. Fun radio est citée en quatrième position, avec le même score auprès des filles, des garçons, des plus de 16 ans et des moins de 16 ans.
Selon les résultats Médiamétrie, les audiences de ces quatre stations auprès des 13-17 ans, dont le CSA a publié récemment quelques chiffres [6], représentent plus de 85% de l’écoute des radios nationales le matin, et plus de 90% de leur écoute en soirée. Il s’agit bien d’une audience très concentrée sur des stations musicales dont le format est très proche.
Ensemble
| NRJ | 49% |
|---|---|
| Skyrock | 41% |
| Europe 2 | 21% |
| Fun radio | 17% |
| Filles | Garçons | Moins de 16ans | Plus de 16 ans | ||
| NRJ | 55% | 40% | 50% | 48% | |
| Skyrock | 37% | 47% | 45% | 36% | |
| Europe 2 | 21% | 21% | 18% | 26% | |
| Fun radio | 17% | 17% | 17% | 17% |
En fonction de quoi choisissez-vous votre radio ?
De la musique d’abord !
Les jeunes pouvaient donner plusieurs raisons parmi celles qui leur étaient proposées : la station, la musique, l’information, l’animateur/trice, le thème de l’émission.
L’objectif était de connaître le ou les critères déterminant du choix de la radio : était-ce la fidélité à la station, comme à une marque ? était-ce pour le contenu (musique/ information/débat) ? était-ce en raison de l’animateur, de sa personnalité, de l’attachement à son style ?
Les motivations en terme de fidélité à une station ou à un animateur, sont largement minoritaires. La raison « écrasante » qui motive le choix d’une radio pour les jeunes, c’est la musique et ce, quel que soit l’âge et quel que soit le sexe. Pour les filles, c’est encore plus important. Ce résultat n’est pas surprenant puisque les 4 stations préférées des jeunes sont des stations musicales.
La multiplication des émissions parlées sur ces radios depuis une dizaine d’années, le matin mais surtout le soir, répond-elle vraiment à l’attente des jeunes ? Certes, ils ont une prédilection pour l’écoute du soir, comme on a pu le vérifier à la question précédente, mais à l’évidence leur attente maximale concerne la musique. Les jeunes viennent sur la radio pour écouter de la musique, en choisissant la station selon son style de musique (Skyrock pour le rap notamment) et on leur propose en partie autre chose.
En effet, très loin derrière, et à quasi égalité, on trouve l’animateur et le thème de l’émission.
L’animateur et le thème de l’émission ont plus d’importance pour les garçons qui semblent aussi plus attachés à une station et à un animateur donnés, ils semblent plus fidélisés.
L’information est la dernière motivation donnée, quels que soient le sexe et l’âge.
Ensemble
| La musique | 92% |
|---|---|
| L’animateur | 28% |
| Le thème de l’émission | 27% |
| La station | 15% |
| L’information | 10% |
| Filles | Garçons | Moins de 16ans | Plus de 16 ans | ||
| La musique | 95% | 88% | 91% | 93% | |
| L’animateur | 25% | 34% | 26% | 31% | |
| Le thème de l’émission | 22% | 32% | 27% | 26% | |
| La station | 10% | 21% | 14% | 15% | |
| L’ information | 9% | 11% | 9% | 11% |
Pour quelles raisons écoutez-vous la radio ?
Pour me délasser
En posant cette question, nous souhaitions de connaître les raisons de l’écoute de la radio liées à la situation, à l’état intérieur de l’auditeur.
Plusieurs réponses étaient proposées : pour se délasser, pour s’instruire, pour faire comme les autres, par ennui, pour entendre d’autres jeunes.
Se divertir et s’instruire sont les deux objectifs canoniques des médias et de la télévision depuis leur apparition. On ne s’étonnera donc pas de ce que la radio soit perçue avant tout comme un média de divertissement et que l’objectif d’instruction et l’attente des jeunes à l’égard de la radio en matière d’information soient très secondaires.
Deux réponses étaient également proposées cherchant à faire apparaître le désir identitaire des jeunes : le désir d’entendre d’autres jeunes, et celui de « faire comme les autres ». La formulation n’en était sans doute pas satisfaisante. Une formulation plus en empathie, « faire comme ses copains » aurait peut-être reçue plus de suffrages. Les jeunes n’ont pas souscrit en effet à cette dimension mimétique, pourtant bien connue des sociologues et des parents, qui consiste à écouter une radio parce qu’elle est à la mode dans son groupe de pairs et pouvoir y apparaître comme « normal ».
Les jeunes écoutent la radio d’abord pour se délasser, rire, se distraire. Ils ne nient pas non plus qu’ils l’écoutent faute de mieux, par ennui, mais aussi pour entendre d’autres jeunes. L’accès des jeunes à l’antenne est en effet aujourd’hui une des spécificités de l’offre radio. Il n’y a quasiment pas d’émission de télévision où des jeunes peuvent s’adresser à d’autres jeunes. Les réponses des garçons et des filles, des moins de 16 ans et des plus de 16 ans sont assez convergentes.
Ensemble
| Pour se délasser | 64% |
|---|---|
| Par ennui | 20% |
| Pour entendre d’autres jeunes | 20% |
| Pour s’instruire | 12% |
| Pour faire comme les autres | 2% |
| Filles | Garçons | Moins de 16ans | Plus de 16 ans | ||
| Pour se délasser | 67% | 59% | 61% | 68% | |
| Par ennui | 19% | 21% | 21% | 18% | |
| Pour entendre d’autres jeunes | 20% | 19% | 22% | 18% | |
| Pour s’instruire | 10% | 13% | 10% | 13% | |
| Pour faire comme les autres | 1% | 3% | 2% | 1% |
Quel genre d’émission préférez-vous écouter ?
La musique
La question abordait frontalement la préférence des auditeurs en fonction des contenus proposés sur les radios jeunes.
Les réponses proposées envisageaient à peu près tous les types de programmes que l’on y trouve, jeux, canulars, débats, appels d’auditeurs, musique, information, sachant que sur ces stations les différents genres (canulars, jeux, débats, appels d’auditeurs, musique) sont souvent mêlés dans les émissions parlées dont ils forment des séquences. Les jeunes pouvaient donner plusieurs réponses.
Sans surprise, c’est encore la musique qui constitue le contenu préféré des jeunes et encore plus des filles et des plus de 16 ans. Puis viennent les canulars et les appels d’auditeurs. Les canulars sont particulièrement appréciés des garçons et des moins de 16 ans. Les appels d’auditeurs sont appréciés de façon équilibrée par tous. Quant aux débats, ils sont plus attractifs que les jeux, en particulier pour les garçons et les plus de 16 ans.
Ensemble
| Musique | 88% |
|---|---|
| Canulars | 40% |
| Appels d’auditeurs | 35% |
| Débats | 22% |
| Jeux | 17% |
| Information, reportage | 12% |
| Filles | Garçons | Moins de 16ans | Plus de 16 ans | ||
| Musique | 91% | 83% | 85% | 92% | |
| Canulars | 36% | 47% | 43% | 37% | |
| Appels d’auditeurs | 35% | 36% | 36% | 35% | |
| Débats | 19% | 25% | 18% | 27% | |
| Jeux | 16% | 19% | 23% | 9% | |
| Information, reportage | 12% | 11% | 10% | 14% |
De quoi parle-t-on le plus souvent dans ces émissions ?
De musique, de sexualité, de la vie des jeunes
L’objectif, ici, était de recueillir l’avis des jeunes auditeurs sur le contenu des émissions parlées qui constituent le plus fort de l’audience.
Ils pouvaient cocher jusqu’à 3 réponses parmi 15 proposées : argent, célébrités/stars, culture (musique/cinéma), école (collège/lycée), internet, jeunes, jeux, mode, politique, santé, sexualité, sport, télévision, travail, autres.
Pour 49% des jeunes, ces émissions parlent (et diffusent) de la musique, autant que de sexualité et de la vie des jeunes.
Les jeunes ont donné en moyenne 2,5 réponses chacun.
| Culture (musique, cinéma) | 49% [7] | |
| Sexualité | 44% | |
| Jeunes | 43% | |
| Célébrités, stars | 35% | |
| Sport | 18% | |
| Jeux | 14% | |
| Autres | 12% | |
| Ecole | 11% | |
| Télévision | 11% | |
| Mode | 6% | |
| Politique | 4% | |
| Argent | 3% | |
| Santé | 3% | |
| Travail | 2% | |
| Internet | 1% |
Des différences sont sensibles dans la description des contenus des émissions radio selon le sexe des auditeurs, qui reflètent à la fois des différences dans les stations écoutées, et dans les rubriques qui les attirent.
Les filles sont plus attirées par la musique (53% contre 42%), et par les rubriques sur les célébrités (39% contre 24%).
Les garçons sont plus sensibles aux questions relatives à la sexualité (47% contre 42%) et au sport (29% contre 10%).
Mais ni les filles ni les garçons n’ont le sentiment de recevoir des informations relatives à la santé (3% des filles, 2% des garçons).
Les jeunes qualifient leurs radios :
intéressantes, fantaisistes et formidables
9 adjectifs étaient proposés, 5 à connotation positive, 4 à connotation négative.
Les jeunes pouvaient cocher 3 réponses, ils en ont donné en moyenne 2,5.
Les jeunes adhèrent massivement aux radios qu’ils écoutent. Comme on l’a vu lors des questions précédentes, ils les écoutent librement, fréquemment, régulièrement, elles les distraient et les désennuient. Elles diffusent le type de musique qui leur plaît, et, notamment, donnent la parole aux jeunes. 80% d’entre eux les trouvent intéressantes, 47% fantaisistes, 45% formidables, 23% éducatives, 18% courageuses.
Les adjectifs positifs viennent très loin devant les adjectifs à connotation négative qui étaient proposés. Pour 14% d’entre eux cependant, ces radios sont irrespectueuses (ce qui n’est pas nécessairement négatif dans l’esprit des jeunes, tout dépend s’il s’agit d’irrespect pour le public ou d’irrespect pour des institutions dont l’action est perçue comme inadéquate), pour 10% racoleuse, et obscène, pour 7% gênantes.
Les appréciations des jeunes ont également été rapportées aux radios qu’ils avaient citées. On a alors une appréciation de chaque station par son propre public :
| Intéressante | Fantai-siste | Formi-dable | Edu-cative | Irrespec-tueuse | Coura-geuse | Raco-leuse | Obscène | gê-nante | |
| NRJ | 50% | 31% | 23% | 9% | 14% | 8% | 8% | 7% | 5% |
| Skyrock | 45% | 25% | 31% | 15% | 12% | 17% | 6% | 13% | 8% |
| Europe 2 | 51% | 33% | 27% | 12% | 5% | 9% | 7% | 4% | 2% |
| Fun radio | 40% | 35% | 17% | 11% | 11% | 11% | 6% | 8% | 6% |
Même si les appréciations positives sont très fortes pour toutes les stations, on voit que le public de NRJ est celui qui est le plus critique, estimant à 14% que sa radio est irrespectueuse, adjectif qui vient en quatrième position. L’émission visée est sans doute l’émission parlée du soir diffusée à l’époque de l’enquête, "Accord parental indispensable", animée par Maurad. Cette émission a été supprimée à la fin du mois d’octobre 2003, suite à une mise en demeure du CSA, sur le contenu attentatoire à la dignité des personnes, de l’une de ses rubriques. Son remplacement par une émission plus musicale n’a pas nui à l’audience de la station.
En revanche, le public de Skyrock est celui qui soutient le plus sa station comme étant « courageuse ». Cela est sans doute lié aux actions de « skysolidarité », émission par laquelle la station permet à des jeunes de solliciter l’aide des auditeurs pour résoudre des problèmes concrets et qui suscite beaucoup d’admiration et d’empathie de la part de son public.
13% des auditeurs estiment cependant que la station est obscène.
Quel/le est l’animateur/animatrice préféré/e des jeunes ?
Fort taux de non-réponse
Les émissions parlées font l’objet d’une forte personnalisation autour des animateurs qui interviennent tous les jours sur l’antenne, et occupent une place essentielle dans l’autopromotion des stations. Le jeune public ne semble cependant pas leur être très attaché. Ces réponses confirment une fois encore, que l’attente des jeunes porte massivement sur la musique.
33% des jeunes n’ont pas répondu, et c’est la plus forte réponse, qui marque pour ainsi dire l’indifférence des auditeurs à leurs animateurs. Le taux de non-réponse est plus élevé chez les filles et les plus de 16 ans.
Ensemble
| N’ont pas répondu | 33% |
| Difool | 14% |
| Maurad | 14% |
| Romano | 5% |
| Cauet | 5% |
| Arthur | 5% |
| Filles | Garçons | Moins de 16ans | Plus de 16 ans | ||
| N’ont pas répondu | 36% | 28% | 29% | 37% | |
| Difool | 11% | 18% | 15% | 13% | |
| Maurad | 15% | 14% | 17% | 11% | |
| Romano | 4% | 8% | 5% | 6% | |
| Cauet | 4% | 8% | 6% | 5% | |
| Arthur | 5% | 6% | 7% | 4% |
Maurad, l’animateur de NRJ est l’animateur préféré des filles, qui comme on le sait préfèrent NRJ.
Difool, animateur de Skyrock, comme Romano, est l’animateur préféré des garçons.
Arthur l’animateur de Fun et Cauet d’Europe 2 sont loin derrière.
Pourquoi préférez-vous cet animateur ou cette animatrice ?
Parce qu’il/elle me fait rire !
La question était ouverte. Présupposant un fort attachement des jeunes à leurs animateurs, l’enquête du CIEM souhaitait recueillir leur sentiment sans le prédéterminer.
416 jeunes soit 39%, n’ont pas répondu à cette question. Ce qui confirme leur faible intérêt pour les animateurs.
Parmi les 551 raisons données, une est particulièrement significative puisqu’elle est citée 279 fois c’est : « ils me font rire, ils ont de l’humour ». Sur ce critère Maurad arrive en tête du palmarès.
Les autres raisons sont diverses mais ne concernent, pour chacune d’elles, qu’un nombre limité de réponses. On peut citer « parce qu’ils sont cool, sympa », 29 réponses, « parce qu"ils sont sans tabou », 13 réponses, « je n’aime pas les animateurs, je ne les écoute pas... » 25 réponses, « j’aime leur voix », 7 réponses...
Etes-vous gêné/e par certaines émissions ?
les jeunes répondent jamais ou rarement
Les jeunes déclarent majoritairement ne jamais être gênés par les propos tenus dans les émissions qu’ils écoutent et les garçons encore davantage que les filles.
Sur certaines antennes et notamment sur NRJ, Skyrock et Fun radio, au moment de l’enquête, l’équipe du CIEM a pu entendre des propos diffusés chaque jour qui pouvaient être qualifiés de choquants, soit parce qu’humiliants pour des auditeurs qui participaient à des jeux ou des canulars au cours desquels des relations affectives avaient été durement mises à l’épreuve, - à la suite du canular, les « victimes » sont dédommagées par des cadeaux- , soit parce que fortement sexistes, ou présentant la sexualité comme une mécanique sans âme, voire de façon obscène.
On est alors en droit de se poser la question de la norme transmise par ces radios. 19% des jeunes estiment cependant être quelquefois choqués. Le choix des adverbes proposés par le questionnaire et censés exprimer une gradation (jamais, rarement, quelquefois, souvent) aurait peut-être gagné à être remplacé par des fréquences plus objectives (une fois par semaine, une fois par mois, une fois par an... par exemple).
Ce qui apparaît de façon claire, c’est que le volume de l’écoute radio produit une accoutumance et émousse le sentiment de malaise. Plus les jeunes auditeurs se déclarent gros consommateurs de radio, moins ils sont choqués par ses contenus.
| Filles | Garçons | Moins de 16ans | Plus de 16 ans | ||
| Jamais | 41% | 56% | 45% | 49% | |
| Rarement | 33% | 21% | 30% | 25% | |
| Quelquefois | 20% | 17% | 19% | 18% | |
| Souvent | 3% | 4% | 3% | 4% | |
| Non répondu | 3% | 3% | 3% | 4% |
Le sentiment de gêne diminue selon le niveau de consommation :
| Tous | Moins de 1 heure | De 1 à 3 heures | De 3 à 5 heures | Plus de 5 heures | |
| Jamais | 47% | 45% | 45% | 50% | 67% |
| Rarement | 28% | 23% | 32% | 30% | 17% |
| Quelquefois | 19% | 23% | 19% | 16% | 7% |
| Souvent | 3% | 4% | 2% | 3% | 3% |
| Non répondu | 3% | 4% | 3% | 1% | 7% |
Globalement, avec qui vous sentez-vous à l’aise pour parler de ce qui vous préoccupe ?
Cette question visait à évaluer la place de la radio dans les partenaires affectifs des jeunes.
Les jeunes auditeurs sont sensibles à la dimension d’écoute de la radio pour les problèmes des jeunes. Les réponses à cette question nous indiquent que fort heureusement les jeunes ont bien d’autres interlocuteurs quotidiens pour parler de ce qui les préoccupent. Les jeunes ont donné en moyenne 2 réponses.
C’est avec leurs pairs que les jeunes se sentent le plus à l’aise pour parler de leurs problèmes. Entre elles, les filles se sentent un peu plus à l’aise encore pour parler, les garçons entre eux, un peu moins. Mais un nombre important de filles a des confidents dans l’autre sexe et réciproquement, à égalité avec les parents.
La famille vient après les copains : 40% se tournent vers leurs parents et 32% vers leurs frères et sœurs.
Les professionnels (médecins, professeurs, radio, association) occupent chacun une place négligeable. Plus inquiétant sans doute, 8% des garçons déclarent n’avoir personne avec qui parler.
Ensemble
| Les amies, les copines | 67% |
|---|---|
| Les amis, les copains | 51% |
| Les parents | 40% |
| Les frères et sœurs | 32% |
| Le médecin | 4% |
| Les professeurs | 4% |
| Personne | 4% |
| La radio | 3% |
| Les associations | 2% |
| Autres (sans précisions) | 10% |
| Filles | Garçons | Moins de 16ans | Plus de 16 ans | ||
| Les amies, les copines | 83% | 43% | 61% | 74% | |
| Les amis, les copains | 41% | 66% | 45% | 59% | |
| Les parents | 40% | 41% | 43% | 37% | |
| Les frères et sœurs | 33% | 29% | 30% | 34% | |
| Le médecin | 4% | 4% | 4% | 4% | |
| Les professeurs | 3% | 4% | 4% | 3% | |
| Personne | 2% | 8% | 5% | 3% | |
| La radio | 1% | 5% | 3% | 3% | |
| Les associations | 1% | 3% | 1% | 2% | |
| Autres (sans précisions) | 10% | 10% | 9% | 11% |
Le point de vue des parents
Le second volet de l’enquête du CIEM portait sur l’appréciation par les parents des radios écoutées par leurs enfants.
Composition du panel des parents par âge :
| Moins de 40 ans | 30% |
| Entre 40 et 50 ans | 55% |
| Plus de 50 ans | 12% |
| Age non précisé | 2% |
La composition par âge des parents est cohérente avec les classes d’âge des enfants (12/18 ans) qui fréquentent le collège ou le lycée.
Aux parents nous avons demandé, en premier lieu, s’ils connaissaient les radios écoutées par leurs enfants, même si eux-mêmes ne les écoutaient pas.
86% des parents considèrent qu’ils connaissent les radios que leurs enfants écoutent.
Les parents de plus de 50 ans sont les moins nombreux (79%) à les connaître.
| Oui | 86% |
| Non | 13% |
| Non répondu | 1% |
| Jamais | 2% |
| Rarement | 21% |
| Quelquefois | 48% |
| Souvent | 28% |
Le nombre de parents qui reconnaissent ne jamais écouter ces radios est négligeable.
Tous considèrent donc, peu ou prou, en connaître les contenus. Cela paraît pourtant assez contradictoire avec l’audience essentiellement jeune de ces stations (en particulier de Skyrock).
Paradoxalement, parmi les parents qui disent connaître les radios qu’écoutent leurs enfants, 2% avouent ne jamais les écouter eux-mêmes.
Ce sont les plus jeunes parents qui les écoutent le plus : ils sont deux fois plus nombreux à dire écouter souvent ces radios (43%) que les 40-50 ans (22%) ou les plus de 50 ans (17%).
Estimation de la durée d’écoute des enfants
Plus de la moitié des parents estiment que leurs enfants écoutent la radio de 1 à 3 heures par jour.
Bien que les parents qui ont répondu soient certainement plus informés des pratiques radios de leurs enfants que la moyenne des parents, ils sous estiment les pratiques d’écoute supérieures à 3 heures (9% selon les parents, contre 21% pour les jeunes).
16% des parents n’ont aucune idée du temps passé par leurs enfants à écouter la radio.
| Moins de 1 heure | 16% |
| De 1 à 3 heures | 56% |
| De 3 à 5 heures | 7% |
| Plus de 5 heures | 2% |
| Non répondu | 16% |
| Non codables | 7% |
14% des parents n’ont cité aucune radio, 20% n’en ont cité qu’une, ce qui laisse entendre qu’au-delà des positions de principe, bien des parents ne savent pas quelle radio leurs enfants écoutent. Si cela paraît compréhensible pour les parents des plus de 16 ans, cela rend évidemment impossible tout accompagnement parental, pourtant souhaitable, pour les moins de 16 ans, et d’autant plus nécessaire que les contenus de ces radios peuvent poser problème par rapport à la socialisation des jeunes.
Les parents citent 52 radios différentes (pour mémoire, les jeunes en citaient 73). Les 4 premières radios citées sont les mêmes que celles citées par les jeunes.
L’audience de Skyrock et d’Europe 2 sont fortement sous estimées.
| NRJ | 46% |
| Skyrock | 30% |
| Fun Radio | 18% |
| Europe 2 | 15% |
Les parents les plus jeunes sont les plus nombreux à citer tant NRJ (52%) que Skyrock (36%).
Savez-vous pourquoi vos enfants écoutent ces radios ? Pour se délasser
| Pour se délasser | 60% |
|---|---|
| Pour entendre d’autres jeunes | 26% |
| Pour faire comme les autres | 22% |
| Par ennui | 10% |
| Pour s’instruire | 7% |
| Autres | 15% |
| Non répondu | 12% |
La dimension d’évasion et de distraction est appréciée à sa juste valeur par les parents. Les raisons identitaires (« pour entendre d’autres jeunes » ou « pour faire comme les autres ») sont surestimées.
Les parents sont donc bien conscients de la dimension socialisation de la radio et de l’appartenance des radios jeunes à la culture jeune.
Et vous parents, pour quelles raisons avez-vous écouté ces radios ?
Dans leur écrasante majorité les parents écoutent ces radios pour savoir ce que leurs enfants écoutent.
| Pour connaître ce qu’ils écoutent | 72% |
| Par intérêt personnel | 44% |
Cependant 60 % des parents de moins de 40 ans les écoutent aussi par intérêt personnel. Il est vraisemblable en effet que les parents les plus jeunes apprécient davantage les musiques diffusées sur ces radios et qu’il y ait un effet de transmission générationnelle et sociale, faisant que les goûts des enfants rejoignent pour une part ceux de leurs parents.
Evaluation des contenus
Types de programmes diffusés
Le questionnaire proposait aux parents les mêmes réponses que celles proposées aux jeunes.
Les réponses des parents montrent qu’ils savent de quel type de séquence ces émissions sont composées. Ils savent que leurs enfants privilégient la musique, l’intérêt porté aux canulars ne leur a pas échappé. En revanche ils donnent une place plus grande que les jeunes aux appels d’auditeurs (49% contre 35%), aux jeux (30% contre 17%) et à l’information (20% contre 12%).
| Musique | 89% |
|---|---|
| Appels des auditeurs | 49% |
| Canulars | 44% |
| Jeux | 30% |
| Information reportage | 20% |
| Débats | 13% |
| Autres | 6% |
Thèmes abordés dans ces émissions
Les parents accordent une place moins grande que les jeunes aux sujets relatifs à la sexualité (36% contre 44%), mais ils savent que ce thème fait partie des plus abordés.
| Musique | 53% |
|---|---|
| Jeunes | 48% |
| Stars/célébrités | 45% |
| Sexualité | 36% |
| Jeux | 23% |
| Sport | 10% |
| Autre | 9% |
| Télévision | 7% |
| Politique | 7% |
| Mode | 6% |
| Ecole | 5% |
| Argent | 4% |
| Santé | 2% |
| Travail | 1% |
| Internet | 1% |
| Non répondu | 8% |
Les parents qualifient les radios que leurs enfants écoutent
Les parents devaient choisir trois qualificatifs parmi les neuf proposés (les mêmes que ceux proposés aux jeunes) et ce, pour chacune des 2 radios citées.
Le jugement des parents est moins positif que celui des jeunes mais les parents s’accordent pour trouver ces radios fantaisistes et intéressantes.
En revanche ils sont nombreux à les trouver irrespectueuses, racoleuses, gênantes, voire obscènes.
Les jugements négatifs sont aussi nombreux que les jugements positifs pour Skyrock et Fun radio.
| Educ-ative | Inté-ressante | Formi-dable | Coura-geuse | Fantai-siste | Gê-nante | Irrespec-tueuse | Raco-leuse | Obscène | |
| NRJ | 4% | 36% | 2% | 1% | 35% | 11% | 16% | 17% | 6% |
| Skyrock | 5% | 15% | 1% | 3% | 29% | 20% | 27% | 18% | 16% |
| Fun radio | 4% | 14% | 2% | 2% | 42% | 18% | 27% | 30% | 15% |
| Europe 2 | 1% | 45% | 0% | 1% | 32% | 5% | 11% | 16% | 5% |
Quel/le est l’animateur/animatrice préféré/e de vos enfants ? fort taux de non-réponse
39% n’ont pas répondu ou ne savent pas, un taux de non-réponse qui correspond assez bien aux 33% des jeunes restés silencieux.
Les parents sous-estiment cependant l’attrait de Skyrock dont Maurad était animateur lors de l’enquête et l’audience de Difool.
Ce que pensent les parents de ces animateurs
| N’ont pas répondu, n’en pensent rien | 70% |
| Les trouvent vulgaires | 7% |
| Jugement négatif | 7% |
| Jugement positif | 7% |
| Autres | 9% |
70% des parents, soit n’ont pas répondu, soit n’en pensent rien. Les parents ne connaissent pas les animateurs. Seuls 7% ont un jugement positif.
Parmi les réflexions critiques des parents sur les animateurs relevons les plus significatives :
Ils les trouvent « démagogiques », « ils manquent de maturité », « se prennent pour des adolescents » , « donnent de mauvais conseils ».
Leur « vocabulaire est pauvre », « les musiques qu’ils passent répétitives ».
Ils sont « irrespectueux des auditeurs », « vulgaires », « dangereux dans leurs propos et dans les réponses qu’ils apportent », « ils profitent de la naïveté de leur public ». Ils poussent à l’égoïsme.
Des parents s’interrogent sur les valeurs qu’ils défendent.
Ils leur reprochent de ne pas laisser la parole aux auditeurs, de se moquer d’eux.
Certains interdisent certaines stations à leurs enfants à cause de certains propos tenus régulièrement.
Quel type d’influence ces radios exercent-elles sur vos enfants ?
Le nombre de réponses n’était pas limité.
La première réponse des parents est positive. C’est bien parce qu’elle constitue une ouverture sur le monde qu’ils en équipent leurs enfants.
Parmi les effets redoutés, l’incitation à la vulgarité vient devant le risque d’incitation à l’achat, et notamment à l’achat de CD.
Chez les parents les plus jeunes, qui connaissent mieux les radios écoutées par leurs enfants, et le poids du marketing dans l’organisation des plages musicales, en fonction des sorties de disques, les deux préoccupations viennent à égalité, (22% contre 15% chez les parents de plus de 50 ans).
Plus de 30% n’ont pas une idée précise de l’influence que peuvent avoir les radios sur leurs enfants.
| Ouverture sur le monde | 29% |
| Encouragement à la vulgarité | 22% |
| Incitation téléphonique, encouragement à l’achat de CD | 17% |
| N’ont rien répondu | 28% |
| Autre (sans précision) | 16% |
| Moins de 40 ans | Entre 40 et 50 ans | Plus de 50 ans | |
| Ouverture sur le monde | 29% | 30% | 30% |
| Encouragement
à la vulgarité | 22% | 24% | 20% |
| Incitation téléphonique,
Encouragement à l’achat de CD | 22% | 16% | 15% |
| N’ont rien répondu | 27% | 29% | 31% |
| Autres sans précision | 18% | 16% | 15% |
Cette enquête a mis en évidence que les parents n’ont pas vraiment de connaissance précise de ce qu’écoutent leurs enfants. Si, pour la télévision il existe une signalétique qui peut les aider dans le choix des émissions, pour la radio, il n’en est rien !
Il appartient donc aux parents de se faire leur propre idée. Il faut qu’ils prennent le temps d’écouter ces radios et de les écouter aux mêmes moments que leurs enfants.
Les enjeux commerciaux qui guident les choix éditoriaux sont très importants sur les radios jeunes, le souci d’obtenir une forte audience semble conduire souvent au mépris de l’intérêt des jeunes et à la négligence quant à l’impact que peuvent avoir certains propos tenus régulièrement.
En connaissant précisément le contenu de ce que leurs enfants écoutent, les parents pourront en parler avec eux, afin de recadrer les idées véhiculées à certains moments.
Enfin, le service public devrait offrir une radio aux adolescents, fondée sur d’autres valeurs que celles du profit, et du marketing avec une réelle diversité musicale...
Le groupe « radio » du CIEM : Béatrice Barraud, Christian Gautellier, Christiane Menzaghi,
Françoise Mougin, Myriam Nael et Michelle Talin, avec la collaboration de Sophie Jehel, conseillère scientifique du CIEM.

[1] Il n’existe pas à notre connaissance d’enquête sur les pratiques radios sur une population aussi jeune que celle de l’enquête du CIEM. Sont disponibles en revanche des données représentatives sur la tranche des 15-19 ans dans l’enquête sur les pratiques culturelles de la direction des études et de la prospective (DEP) du ministère de la Culture de 1997, publiée à la documentation française, et dans l’enquête Emploi du temps de l’INSEE 1998-1999 sur laquelle s’appuient plusieurs articles publiés dans Regards croisés sur les pratiques culturelles, sous la direction d’Olivier Donnat, la documentation française 2003. Dans la mesure du possible, les évaluations de l’enquête du CIEM seront rapprochées des données comparables recueillies par la DEP ou l’INSEE. Cela dit, même si la taille de l’échantillon global de ces enquêtes officielles est sans commune mesure avec celle de l’enquête du CIEM (DEP : 3000 individus), le groupe des adolescents de 15-19 ans de l’enquête DEP est de 233 individus, et celui des 15-16 ans de l’enquête Emploi du temps de 290. Par ailleurs ces enquêtes ont déjà 6 ou 7 ans et il est possible que la fréquentation de la radio se soit encore amplifiée chez les jeunes et rajeunie depuis.
[2] Les loisirs des 8-19 ans Développement culturel, bulletin du Département des études et de la prospective n°131, décembre 1999
[3] G.Larmet « Médias audiovisuels et relations familiales » in Regards croisés, déjà cité, p 255. L’enquête Emploi du temps demande aux personnes interrogées de consigner dans un carnet ce qu’elles ont fait au cours de 24 h et ne porte donc que sur une journée.
[4] G.Larmet p 261, il s’agit de l’emploi du temps des 15-26 ans vivant chez leurs parents.
[5] Voir aussi H Glévarec et M.Pinet « La radio, un espace d’identification pour les adolescents. » in Regards croisés, déjà cité.
[6] Voir La lettre du CSA n°171, mars 2004, www.csa.fr, résultats de la vague avril-juin 2003
[7] Les pourcentages sont référés au nombre de jeunes ayant répondu au questionnaire.