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10 Juillet 2000: le Gouvernement
renforce son plan d'action Internet
Note d'information et de réflexion

Jean Pierre Quignaux, jquignaux@unaf.fr

Lors du Comité interministériel pour la société de l'information (Cisi), le lundi 10 juillet 2000, le Premier Ministre a annoncé que 4 milliards de francs sur trois ans seraient consacrés à la réduction du "fossé numérique" et à la "préparation de l'avenir de la société de l'information.

On se reportera au site de l'action gouvernementale pour la société de l'information http://www.internet.gouv.fr/francais/index.html pour prendre la connaissance de l'intégralité de ce nouveau plan d'action et de ses implications. Un résumé de ces nouvelles mesures est donné ci-dessous ainsi qu'un premier commentaire de celles-ci.

SOMMAIRE : Fossé numérique / Espaces publics numériques et formation / Ecoles et Lycées / Professionnels et Recherche / Concurrence / Anticipation et stratégie / Commentaires et conclusion provisoire

Fossé numérique

Trois milliards de francs seront dédiés à la formation à l'Internet et à la mise à la disposition du plus grand nombre de Français de l'outil informatique, tandis qu'un milliard supplémentaire reviendra à la formation de professionnels et à la recherche. Le Premier Ministre a précisé que l'Internet s'avère "un formidable multiplicateur de richesses" et que, "pour mettre cet outil nouveau au service de la démocratie, de la justice, de la solidarité, il nous faut avant tout veiller à ce que ces richesses soient également réparties". Il s'agit désormais "mettre le réseau à la portée de chacun". SOMMAIRE

Espaces publics numériques et formation

Selon l'entourage du Premier Ministre cité par l'AFP, "tous les espaces publics connectés à l'Internet seraient aujourd'hui saturés". C'est la raison pour laquelle dans le nouveau plan d'action gouvernemental, d'ici 2003, plus de 7.000 lieux offrant un accès à l'Internet seront ouverts, parmi lesquels 2.500 "espaces publics numériques" (EPN). Ces espaces offriront une formation générale gratuite, ouverte à tous. 4.000 emplois-jeunes devraient y être affectés pour une enveloppe globale de 1,2 milliard sur trois ans. Par ailleurs, "un module de formation" à l'informatique, au multimédia et à l'Internet, inclus dans les stages de formation professionnelle pour les chômeurs, devraient "d'ici à la fin 2002, à 1,2 million de demandeurs d'emploi". Cette mesure mobiliserait près d'un milliard de francs sur trois ans. SOMMAIRE

Ecoles et Lycées

La formation à l'école reste une priorité du gouvernement . Selon l'entourage du Premier Ministre cité par l'AFP si "tous les collèges et lycées seront connectés à la rentrée 2000, 60 à 65% des écoles primaires n'ont toujours pas accès au web". Le Premier ministre a donc promis que toutes les écoles seraient raccordées "avant la fin de l'année scolaire 2001-2002", grâce à un soutien de l'Etat de 365 millions de francs sur trois ans. Cette action s'inscrit dans la lignée du Plan Internet pour les Ecoles Primaires annoncé le mardi 20 juin par le Ministère de l'Education Nationale qui prévoit outre la connexion de TOUTES les écoles primaires fin 2001 la création d'un "brevet informatique et internet" obligatoire.

Il est prévu aussi que le gouvernement apporte aussi une aide à l'équipement aux Centres de formation des apprentis des chambres de métiers. Par ailleurs "150.000 chambres d'étudiant des cités universitaires seront équipées d'un accès à l'internet à haut débit", dans le cadre de la réhabilitation des locaux prévue par le programme "Universités du troisième millénaire". SOMMAIRE

Professionnels et Recherche

L'autre volet des mesures annoncées concerne porte la formation des professionnels et la recherche. A la suite de sa décision de créer une Ecole de l'Internet à Marseille, le Premier Ministre a précisé que, dès l'automne 2000, seront créés 45 licences professionnelles en informatique et multimédia qui augmenteront de 1.200 par an le nombre de professionnels de ces domaines. Le nombre de diplômés du groupe des écoles de télécommunications doit augmenter de 50% en cinq ans. Au total, il est prévu que les filières de formation des technologies de l'information formeront chaque année plus de 30.000 étudiants.

De son coté, la recherche bénéficiera d'un milliard de francs de budget supplémentaire sur trois ans. Il a été annoncé le déblocage de cette somme pour la recherche sur les technologies de l'information et l'Internet. dont les effectifs de la recherche publique devront augmenter de 25% en cinq ans. De plus, en 2002, le débit de RENATER 3 (Réseau Internet pour la recherche et l'éducation) sera porté à 2,5 gigabits par seconde, soit 16 fois plus que RENATER 2. SOMMAIRE

Concurrence

La sortie du décret portant sur le "dégroupage de la boucle locale" a de plus été annoncée pour le 1er Janvier 2001. Cette mesure permettra de faire jouer la concurrence entre opérateurs des télécommunications jusqu'à l'utilisateur final et donc, à terme, de réduire les coûts d'accès et d'usage de l'Internet par ceux-ci. SOMMAIRE

Anticipation et stratégie

"Pour mieux anticiper les évolutions", le chef du gouvernement a promis la création d'un Comité stratégique des technologies de l'information, placé auprès du Premier ministre. Cette instance, dont l'installation est prévue à l'automne, sera composée de chercheurs, d'experts et de chefs d'entreprises. Dans cette perspective, il a été par ailleurs annoncé que le gouvernement apporterait son soutien à la "Fondation Internet Nouvelle Génération", fondation à laquelle l'UNAF a adhéré ( www.fing.org ) SOMMAIRE

Commentaires et conclusion provisoire

D'une façon globale, on ne peut que se féliciter de ce renforcement du plan d'action gouvernemental pour la société de l'information d'autant que la problématique de la réduction du "fossé numérique" et celles de l'éducation et de la formation sont prises en compte.

On peut cependant regretter que ce nouveau volet du plan d'action gouvernemental reste un peu "classique" en ce sens que la place et le rôle des "familles", de la politique familiale et d'une façon plus générale des citoyens et des consommateurs, ne sont pas mis en perspective en tant qu'acteur et moteur essentiels du déploiement d'une société de l'information plus juste, plus égalitaire, plus cohérente et plus prospère.

La dynamique impulsée par le biais des Espaces Publiques Numériques, des Ecoles et Lycées, des Centres de Formations, de la Recherche, de la Concurrence, de la Recherche, apparaît nécessaire. Il n'est pas certain qu'elle soit suffisante -et notamment suffisamment pédagogique- pour promouvoir rapidement la culture citoyenne de l'information qui devra dans les toutes prochaines années accompagner l'omniprésence de l'Internet dans la plupart des espaces de travail et de vie.

Aussi le renforcement du plan d'action gouvernemental ne nous semble-t-il pas mettre suffisamment l'accent sur les implications sociales et culturelles de l'Internet.

L'annonce d'une mise à l'étude de mesures telles que "l'allocation familiale Internet pour toutes les familles", "le cartable électronique pour tous les enfants en âge scolaire" - mesures dont l'UNAF demande aujourd'hui l'étude par les pouvoirs publics avec tous les acteurs concernés pour mutualiser les investissements matériels et immatériels et accélérer le comblement du fossé numérique- aurait peut être permis de donner au plan d'action gouvernemental une dimension plus prospective, plus volontaire, mais surtout plus proche des besoins de vision à moyen-long terme des familles et des citoyens. En effet, l'appropriation des NTIC ne saurait se satisfaire des espaces publics et collectifs. Son Intégration dans la vie relève et concerne l'exercice de la vie quotidienne.

A cet égard, l'UNAF demandera au gouvernement une participation au Comité Stratégique des Technologies de l'Information et que les associations familiales et de consommateurs ne soient pas oubliées dans la réflexion prospective et stratégique.

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