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Les débats au Conseil Economique, Social et Environnemental : "De l’assiette aux champs", à l’ordre du jour de la dernière session

14/12/2009

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Le Conseil Économique, Social et Environnemental, s’est réuni en assemblée plénière les 8 et 9 décembre 2009. A l’ordre du jour était inscrite la question suivante :"De l’assiette aux champs", rapporteur M. André Daguin, au nom de la section du Cadre de vie et de la section de l’Agriculture et de l’Alimentation.


Le rapport et l’avis présentés constituent une contribution remarquable à la promotion de la cuisine Française.

En effet, ils ne se contentent pas d’en célébrer les vertus et l’image mondialement connues, mais surtout ils analysent avec pertinence et très finement les modèles économiques qui en sont les fondements, les évolutions et perspectives de son avenir, les conditions familiales, éducatives et sociales dans le cadre desquelles elle s’exerce.

Ils constituent en eux-mêmes un argumentaire approfondi et exhaustif à la proposition de candidature du « repas gastronomique à la française » au patrimoine mondial de l’Unesco, bien entendu approuvée par le Groupe de l’UNAF.

Le groupe de l’UNAF souhaite attirer l’attention sur trois aspects développés :

▪ Le lien entre la production agricole et le maintien de ce patrimoine lui paraît fondamental. Il montre en effet, sans contestation possible, combien professionnels agricoles, consommateurs et métiers de « bouche » ont les mêmes intérêts économiques, sociaux et environnementaux à voir sauvegarder et promouvoir la cuisine française. Bel exemple très concret de ce que peut et doit être dans des secteurs économiques souvent, soit marginalisés, soit en difficulté, une politique de développement durable qui rejoint les intérêts légitimes des trois parties.

▪ Les métiers et les compétences qui font la performance et la renommée de ce secteur sont exigeants, tant sur le plan technique que sur le plan humain, surtout lorsque les salariés ou artisans concernés ont une vie familiale.
Le groupe de l’UNAF souhaite qu’un effort tout particulier soit encore mené pour améliorer tant les conditions salariales que les conditions de travail. Ce secteur, s’il est essentiellement composé de petites et très petites entreprises, est confronté dans son ensemble à de nombreux défis économiques, de gestion et de management. L’actualité, pour ne pas dire le feuilleton, relative à la baisse de la TVA en est le révélateur et ce sont les consommateurs qui en supportent les conséquences directes. On peut s’étonner que les formes de groupement d’employeurs, permettant de mutualiser des charges communes qui ne touchent pas à la spécificité de chaque entreprise, ne soient pas plus étudiées et mises en place par les professionnels et leurs conseils.

▪ Enfin, le groupe de l’UNAF a été sensible au fait que le rapport et l’avis mentionnent la nécessité de maintenir la « cuisine familiale » et de développer l’éducation au goût.
Sous cet aspect, une fois encore, il n’est pas inutile de relever que ces deux préconisations rejoignent tout à la fois des préoccupations de santé publique et les finalités de modes de consommation « durables ».

Le groupe de l’UNAF regrette cependant une fois de plus que notre assemblée ait tant de mal à reconnaître que chaque famille est le premier lieu de toute éducation, en l’occurrence celui du goût dès le plus jeune âge.
La cuisine familiale ne doit pas être un luxe dominical, pour des hommes découvrant un loisir passionnant, mais un moment de vie quotidienne qui permet à la fois de réunir parents et enfants et de faire passer sans discours ni publicité agressive l’éducation au bon goût et la connaissance de la qualité.
Si cette condition est satisfaite, comme en tout domaine, l’école pourra alors jouer son rôle. Sinon, les évolutions des modes de consommation risquent d’être considérablement freinées et considérées, là encore, faites pour les plus avertis et/ou les plus militants.

Les familles, consommatrices et premières éducatrices sont, qu’on le veuille ou non, le meilleur soutien et vecteur de transmission de la gastronomie française et de l’art culinaire.

Le Groupe de l’UNAF a voté l’avis.

@ : cmenard@unaf.fr

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