Plénière

Les débats au Conseil Économique, Social et Environnemental : "Construire l’avenir par une France plus forte et plus solidaire", à l’ordre du jour de la dernière session

15/02/2010

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Le Conseil Économique, Social et Environnemental, s’est réuni en assemblée plénière les 9 et 10 février 2010. A l’ordre du jour de la session, était inscrite la question suivante : Saisine cadre commune à toutes les sections et délégations du CESE sur le thème : "Construire l’avenir par une France plus forte et plus solidaire".

DECLARATION ECRITE DU GROUPE DE L’UNAF (annexée au Journal Officiel)

Le CESE s’est engagé, avant l’été 2009, en plein cœur de la crise économique et sociale, dans un exercice inédit, commun à toutes les sections et délégations : celui de dégager des pistes, des orientations et d’identifier toutes les potentialités de la société française pour « construire l’avenir par une France plus forte et plus solidaire ». Il était essentiel que la troisième assemblée constitutionnelle, qui représente la société civile soit force de propositions et que demain chaque famille soit armée pour répondre aux défis économiques, sociaux et environnementaux. Face à la légitime inquiétude des opinions publiques, le présent projet d’avis recense les éléments d’une stratégie d’action et de mobilisation.

Parmi les préconisations, le Groupe de l’UNAF a attiré l’attention sur quatre dimensions essentielles d’une France plus forte et plus solidaire : le dynamisme démographique, le logement, la régulation des marchés - financiers certes mais aussi des produits de première nécessité - et l’éducation et la formation.

► Les familles, qui font le choix d’avoir des enfants, doivent être soutenues. Ce choix, s’il est certes d’abord le fruit d’un cheminement individuel d’un père et d’une mère, prend aussi une dimension collective, tant l’impact du taux de natalité sur l’économie et la conjoncture est important dans notre société européenne.

Les familles sont le premier lieu de la solidarité intergénérationnelle. Il est donc essentiel de poursuivre une politique familiale ambitieuse pour favoriser le dynamisme démographique et économique. Il s’agit là d’une richesse importante pour la Nation tant, par exemple, pour le maintien du régime de retraite par répartition que pour l’accueil des familles étrangères. Enfin la famille est ou doit être le lieu naturel de l’égalité entre l’homme et la femme : telle est la raison pour laquelle le Groupe de l’UNAF déposera un amendement concernant les retraites des femmes.

► Avoir un foyer, un toit, est primordial pour former une famille. Le récent rapport de la Fondation Abbé Pierre sur le mal-logement continue de tirer la sonnette d’alarme. La difficulté à trouver un logement décent a des conséquences multiples, à toutes les étapes de la vie des enfants et de leurs parents. Les familles nombreuses n’arrivent pas à trouver d’espace suffisamment grand, les pères divorcés ne peuvent pas recevoir leurs enfants chez eux… La sur-occupation des logements est souvent génératrice de stress, de tensions au sein des couples, rejaillit sur les relations familiales et l’éducation des enfants, notamment pour suivre une scolarité normale. L’UNAF préconise des solutions pour redonner de la fluidité dans l’accès au logement.

S’il faut penser la ville de demain en termes de mixité sociale, il faut aussi la penser en termes de mixité générationnelle :

- réaménager la maison d’une personne âgée pour qu’elle puisse accueillir dans un espace autonome un jeune ménage,
- construire des logements « intergénération » pour recréer les liens de voisinage ou des espaces transformables pour qu’ils puissent s’adapter à l’évolution de la taille des familles : les associations familiales ne manquent pas de propositions concrètes, qui présentent une vision plus constructive et plus positive de l’avenir.

► Le troisième point, sur lequel le Groupe de l’UNAF souhaite insister, concerne la nécessaire régulation des marchés, non seulement financiers mais aussi des matières premières. Il s’agit de permettre à toutes les familles d’accéder à une consommation de qualité répondant aux exigences de la sécurité alimentaire, de la nutrition-santé et du développement durable. L’évolution des prix alimentaires est une préoccupation majeure des consommateurs.

La dépense alimentaire demeure la variable d’ajustement des familles confrontées à une baisse de pouvoir d’achat. Dans ce combat pour le développement durable, tous les acteurs du territoire doivent travailler ensemble afin de réconcilier trois mondes qui se sont longtemps ignorés : l’économie, le social et l’environnement. À long terme, il n’y aura pas de développement possible s’il n’est pas économiquement efficace, socialement équitable et écologiquement tolérable.

► Enfin pour être sûr que chacun puisse trouver sa place dans la société de demain, la priorité doit être donnée à l’économie de la connaissance. L’investissement dans la recherche et l’innovation est porteur de nouveaux espoirs et de nouveaux emplois. Encore faut-il que les transitions nécessaires soient accompagnées pour permettre l’adaptation de chacun. En conséquence, la formation professionnelle initiale et continue permettra à chaque individu d’acquérir, d’actualiser et de développer régulièrement ses connaissances et ses compétences.

La crise ne doit pas être un prétexte pour prendre des mesures dictées par la conjoncture mais doit être l’occasion d’accélérer les réformes structurelles. La France a besoin de confiance. Cela ne peut se faire que si les femmes et les hommes sont au cœur du projet.

Le Groupe de l’UNAF a voté l’avis.

@ : cmenard@unaf.fr

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