REAAP

L’UNAF présente les Réseaux d’écoute, d’appui et d’accompagnement de la parentalité (REAAP), à l’occasion d’une conférence internationale à Berlin, sur : "La promotion de l’éducation parentale en Europe – instruments et répercussions"

22/02/2010

En Allemagne, existe un droit juridique à l’aide à l’éducation. De multiples programmes accompagnent pères et mères dans les différentes phases de l’éducation des enfants : 200 000 offres touchent 2 millions de personnes, sans compter les offres privées. Mais la question de la répercussion, la mesure du résultat, se pose, et le Ministère allemand de la famille, des Personnes âgées, des Femmes et de la Jeunesse a souhaité, par une conférence les 11 et 12 février à Berlin, faciliter l’échange entre experts et représentants de différents pays de l’Union européenne sur les dispositifs d’éducation parentale mis en œuvre et leur évaluation.

Marie de Blic, administratrice, a présenté pour l’UNAF, le travail en réseau des Institutions qui proposent des programmes d’éducation parentale, les acteurs du Réseau d’écoute, d’appui et d’accompagnement de la parentalité, ses financements, son évolution, et les modalités utilisées pour évaluer les actions sur le terrain.

Le Ministère français de l’Emploi, du Travail et de la Cohésion sociale, représenté par Florence Lianos, sous-directrice de la Direction générale de la cohésion sociale, a de son côté insisté sur l’intérêt du cadrage national du dispositif français, sur son aspect facultatif -hormis le contrat de responsabilité parentale-, et souligné que le REAAP était peu coûteux au regard des dépenses automatiquement prises en charge quand l’éducation avait échoué.

Les orateurs présents, allemands ou autres, ont rapporté des idées et expériences également intéressantes.

• La bonne éducation des enfants n’est pas seulement déterminée par l’éducation parentale. Comptent aussi ce qui est reçu par le voisinage, les médias, l’école, les copains, le milieu social… L’éducation donnée par les parents sera donc optimisée si la société elle-même est favorable, attentive, aux familles et aux enfants.

• Si les couples se portent bien, les enfants se porteront mieux : nécessité d’aider les jeunes par une préparation à la vie en couple, et les couples par le conseil conjugal.

• Parmi les offres d’éducation parentale, on notera l’originalité d’exercices comportementaux en groupe, et l’offre de formation sur le lieu de travail (*).

• Le nombre de 10 participants en moyenne aux groupes d’éducation, la présence des enfants dans 50% des offres en Allemagne pour des séries de 9 à 10 séances de 120 mn, avec un taux de présence de 90% de femmes.

• L’évaluation repose sur l’assiduité des parents (pour certaines offres, on considère qu’un taux de 71% de parents venant régulièrement est bon) et sur l’indice de satisfaction des parents.

• Pallier la disparition de la transmission naturelle des comportements éducatifs en finançant des programmes d’éducation parentale est considéré comme un investissement de prévoyance : il prévient de dysfonctionnements graves et de dépenses autrement plus importantes (traitement de dépressions ou autres troubles psychiques, suicides, prison, instabilité, maltraitance, violence ou troubles sociaux…).

Les deux aspects de l’évaluation de l’éducation des parents : Le premier aspect concerne la qualité des formateurs et des formations ; le second concerne le résultat familial de l’éducation.

Sur la qualité des formateurs, les orateurs allemands ont évoqué les compétences attendues sans les lier nécessairement à des diplômes universitaires ou supérieurs, ni au fait que les formateurs soient obligatoirement des professionnels salariés.

La qualité humaine, l’implication personnelle, la réactivité des formateurs, l’aptitude à entrer en inter-action avec les parents et à bâtir la confiance, ont été citées comme essentielles à la réussite des programmes de formation parentale (ex : pour toucher un public qui ne lit pas les affiches et brochures invitant à une formation, proposer à des familles d’aller ensemble voir un match de foot – familles et éducateur - et partir de là pour dialoguer sur les relations parents enfants).

La qualité des offres de formation parentale a notamment été traitée par le Dr Sigrid Tschöpe-Scheffler, d’un Institut de Bonn ; elle propose 12 critères d’évaluation :

- la perception de l’espace social où est proposée la formation ;
- la réactivité (les réponses aux besoins des parents doivent se situer dans leur monde, ex. familles immigrées) ;
- la participation des parents (qui ne doivent pas se situer en victimes de leur situation) ;
- la méthode d’apprentissage ;
- le climat de confiance (renoncement total à l’autorité envers les parents ; on ne peut pas séparer relation de travail et attitude) ;
- la diversité (on s’adresse ici aux mères, ici aux pères ex. le dimanche matin, etc…) ;
- le partenariat ;
- la mise en réseau tout au long de la vie ;
- des offres dans un rayon de 2 à 3 km ;
- un dialogue qui n’est pas enfermé dans des horaires (ex. un coup de fil passé à une mère au moment où le formateur sait que ça va lui être nécessaire) ;
- du temps et de l’argent (ex. pour le précieux quart d’heure où les parents déposent leur enfant à la crèche, où un dialogue d’éducation parentale trouve si bien sa place) ;
- la durabilité des offres.

Sur le résultat familial de l’éducation et selon la nature du programme d’éducation parentale, une évaluation est faite sur les résultats scolaires des enfants après un an (si les difficultés portaient sur le comportement), puis 4 ou 5 ans après, par une évaluation des résultats demandée aux parents eux-mêmes et à leurs enfants.

L’exemple des maisons intergénérationnelles a été cité, où les éducatrices sortent plus fatiguées que les parents qui n’ont pas su jouer avec leur enfant : l’éducation parentale passe ici par la patience, attendre que le parent commence à jouer, au lieu que l’éducatrice ne s’occupe de l’enfant.

(*) Les offres de formation sur le lieu de travail : l’expérience est récente mais déjà positive. En soirée ou en fin d’après-midi, du temps a été accordé par l’entreprise et par les pères d’une entreprise d’équipement technologique pour un cycle de sensibilisation à la responsabilité parentale et parler d’éducation. Les conjoints ont ensuite été interrogés, répondant que le dialogue était meilleur dans le couple, etc… L’entreprise a craint un moment que les pères demandent à travailler à temps partiel, ce ne fut pas le cas. Mais c’est un gain aussi pour l’entreprise d’avoir des salariés en stabilité familiale. Les entreprises d’informatique sont demandeuses de ce type d’intervention, car elles ont beaucoup d’hommes jeunes, dynamiques, qui ont l’habitude d’évaluer, et … du mal à rentrer chez eux quand ils n’ont pas fini leur travail : beaucoup de pères sont en situation de divorce…on a donc besoin de formateurs masculins en compétence parentale, qui jettent des passerelles avec le monde de l’entreprise. Le concept du « clip » : on agrafe ensemble vie professionnelle et vie familiale. D’autres formations ont lieu pour le personnel hospitalier (nombreuses tensions familiales dans ce secteur), et des cours particuliers pour les vendeuses (dont le fort absentéisme est souvent lié à des problèmes à la maison).

En savoir plus sur le programme de cette conférence


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InvitationConferenceEducationparentale.pdf
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