Plan Bâtiment Grenelle : l’UNAF participe activement à ce chantier important pour les familles

15/03/2010

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L’assemblée plénière du comité stratégique du plan bâtiment du Grenelle de l’Environnement était réunie mercredi 10 mars pour la présentation du bilan 2009 de ce chantier, important pour les familles.

Philippe Pelletier, président du comité stratégique, a rappelé les très nombreuses actions réalisées. La loi Grenelle 2, qui sera promulguée avant la fin du 1er semestre, apportera des ajustements nécessaires à la mise en œuvre du plan bâtiment. Mais tout est déjà en ordre de marche avec la loi Grenelle 1, le plan de relance, la loi Boutin et le grand emprunt et les résultats du bilan 2009. La participation active de tous, en est le meilleur exemple.

La loi Grenelle 2 apportera néanmoins des éléments nouveaux importants dans le cadre des copropriétés et des modes de décisions. Philippe Pelletier a chaleureusement remercié l’UNAF. Il a convié Eric Comparat, Président du Département Habitat et Cadre de Vie de l’UNAF, à présenter l’état d’avancement des travaux du groupe « La sensibilisation des ménages et des entreprises et l’évaluation des changements de comportements ». Lire en rappel

Eric Comparat a rappelé les deux niveaux d’étude que le groupe de travail a défini :

1. la sensibilisation et l’information des publics ;
2. les modifications de comportement ou de passage à l’acte.

Concernant le ciblage de la notion de publics, il y a également deux niveaux de bâtiments :

1. le logement des habitants (individuel ou collectif, propriétaire ou locataire, rural ou urbain…) ;
2. les entreprises ou, au sens plus large, les bâtiments dans lesquels elles exercent leurs activités (différencier la qualité de gestionnaire du site de celle d’occupant, voire de visiteur).

Une évidence pour tous : il faut mesurer, au-delà de la sensibilisation et de la prise de conscience, comment on décide de passer à l’acte et quels en sont les déclencheurs ou mécanismes.

Eric Comparat a cité, à titre d’exemple, quelques problématiques débattues par le groupe.

Les priorités : La situation est actuellement très tendue en ce qui concerne les choix et priorités. On se retrouve à un carrefour où trois aspects deviennent urgents :

1. la sécurité,
2. l’accessibilité,
3. les économies d’énergie.
On ne pourra pas tout faire à la fois, contexte économique oblige et importance colossale du chantier, et il faudra prioriser et programmer.

Tous sont des vrais sujets : les économies d’énergie bien sûr mais aussi l’accessibilité avec le vieillissement de la population et la sécurité, qui est indispensable pour les populations. Il va falloir éviter le plus possible qu’il y ait conflit et antagonisme entre ces priorités.

L’importance accordée à chaque thème sera différente selon l’age, les revenus, le statut du bâtiment, le statut de l’occupant.

Pour un propriétaire occupant, avec une majorité de personnes vieillissantes, l’adaptabilité du logement au vieillissement sera souvent privilégiée par rapport aux travaux d’économie d’énergie. Il faudra rechercher à lier ces objectifs et à les rendre complémentaires dans des programmes de travaux.

L’envie : Les ménages gardent le choix de l’utilisation de leur épargne personnelle. Qu’est ce qui donne envie ? : les mesures incitatives ont leurs limites et les facteurs psychologiques sont eux aussi importants. On est là sur des ressorts de psychologie sociale où l’affectif peut avoir autant de poids que le rationnel.

Les notions morales compliquées du bien et du mal ont un impact psychologique, social et affectif sur le passage à l’acte. L’envie peut résulter de la conjonction de nombreux facteurs : l’économique, le confort, la conviction d’être utile et acteur... En général, par choix, personne n’est prêt à sacrifier le confort au détriment d’autre chose.
Mais, en aucun cas, il ne faut mettre l’élément "culpabilité" en avant qui, à terme, peut inspirer le rejet et l’abandon : il faut donner l’envie. Il conviendra d’essayer de mesurer les moteurs de l’envie et leur part dans le passage à l’acte.

Le retour sur investissement, le temps : Dans les moteurs économiques qui peuvent avoir un impact sur le passage à l’acte, il y a le retour sur investissement.

La conférence nationale sur les charges, organisée par Jean-Louis Borloo, avait montré les limites de cet argument tant qu’aujourd’hui on ne peut certifier ce paramètre dans le temps et que la garantie de retour sur investissement est aléatoire. Au-delà des incertitudes liées à la technicité et au comportement des utilisateurs, la notion de temps, souvent sur de grandes durées, est difficilement appréhensible par les particuliers. Cette notion du temps est fondamentale et différente entre particuliers, entreprises et institutions. On ne peut pas se projeter dans les générations futures si la génération présente n’y trouve pas son compte.

Il faut « tuer le temps » pour les particuliers et rechercher et mettre en avant les avantages à court et moyen termes. Ceci n’est pas forcément vrai pour les entreprises qui fonctionnent plus dans la programmation à long terme, la rationalité économique et aussi l’image qu’elles renvoient.

Pour les entreprises, s’inscrire dans la norme sociale est important. De plus en plus l’image qu’elles renverront sera importante. Cette notion de retour sur investissement est donc, pour les entreprises, appréhendée de façon plus différenciée entre charges de fonctionnement et investissement et gain d’image et de modernité.

Ceci est surtout valable pour les grandes entreprises et moins vrai pour les PME.

Enfin, Eric Comparat a présenté les objectifs de la prochaine réunion du groupe de travail qui se déroulera le 25 mars 2010 à l’UNAF : la compilation et la synthèse des différents outils et études existants et la mise en place d’un outil commun avec le rendu des premiers résultats en septembre 2010.

Le rapport d’activité 2009 du Plan Bâtiment Grenelle est en ligne sur le site du Ministère.

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