Les débats au Conseil Économique, Social et Environnemental : Les enjeux des accords de pêche Union européenne / Pays africains, à l’ordre du jour de la dernière session

03/05/2010

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Le Conseil Économique, Social et Environnemental, s’est réuni en assemblée plénière les 27 et 28 avril 2010. A l’ordre du jour de la session, était inscrite la question suivante : Les enjeux des accords de pêche Union européenne / Pays africains, rapporteur M. Gérard d’Aboville, au nom de la section des relations extérieures.

Déclaration écrite du Groupe de l’UNAF (annexée au Journal Officiel)

Ce nouvel avis complète la réflexion du Conseil économique, social et environnemental sur les politiques de la pêche, qui se saisit ainsi du sujet, en amont des échéances de renégociation de la Politique commune de pêche, à partir de la question des accords de pêche entre l’Union Européenne et des pays africains.

Le groupe de l’UNAF se félicite de cette initiative du rapporteur et soutient l’ensemble des préconisations de l’avis.

En effet, la préoccupation constante de préserver la richesse halieutique par l’organisation d’« une pêche responsable et durable » emporte une adhésion sans réserve du groupe de l’UNAF.

Les familles, notamment celles directement concernées par cette activité dans nos régions métropolitaines et ultramarines, souhaitent autant la promotion et la conservation d’une filière professionnelle indispensable pour la vie de ces régions, que la garantie d’un approvisionnement suffisant des marchés tant en produits frais qu’en produits transformés, offrant toutes les garanties d’accessibilité économique et de sécurité alimentaire. Mais toutes portent également la préoccupation de l’avenir, dans le souci de transmettre à nos enfants les mêmes conditions d’accès à ces richesses naturelles, et donc d’en assurer la « durabilité » et ce, dans un monde plus interdépendant où la solidarité entre tous les hommes et dans toutes les régions du globe, devient non plus seulement une valeur à partager mais une nécessité. Au-delà de cette affirmation de soutien général, le groupe de l’UNAF attire l’attention sur quelques points.

En premier lieu, il faut souligner et appeler à la responsabilité de l’Union Européenne dans la promotion d’une « pêche » plus responsable et d’un partage plus équitable des richesses halieutiques et de la préservation de la ressource nécessaire à tous. Il faut que l’Union, avec la légitimité que lui confèrent ses zones ultrapériphériques, assume pleinement cette responsabilité et que, parlant d’une voix unique et concertée, elle « accepte de s’affirmer plus fortement et plus clairement sur la scène mondiale ». Lors d’une audition en section, un intervenant a rappelé : « Le pavillon européen constitue un gage de respect de normes élevées en matière de sécurité sanitaire, de sécurité des navires et de droit social ». Il appelait à le faire flotter haut et sur toutes les mers.

Ensuite, malgré leurs insuffisances, les accords de partenariat en matière de pêche constituent des instruments de régulation et de contrôle de la ressource dans l’intérêt de tous, tout autant que des outils d’aide au développement pour les pays concernés. Il convient de prendre le temps de renégocier des accords plus ambitieux en matière de partenariat, appuyés sur une connaissance toujours plus fine du milieu marin et de ses richesses et sur des évaluations partagées. Il faut mieux en préparer les contenus en prenant appui sur une plus large consultation des sociétés civiles, notamment celle des communautés côtières, et en organiser avec elles la mise en œuvre en prévoyant les moyens de contrôle et d’évaluation nécessaires. Un dialogue encore à construire entre les différents Conseils économiques et sociaux africains entre eux et avec le CESE de Bruxelles et les CES des pays européens pourrait éclairer les instances européennes et les gouvernements concernés tant pour la construction de ces accords que pour en assurer l’exécution et le suivi.

Enfin, au-delà de ces aspects, dans un contexte de concurrence exacerbée, où l’absence de régulation et de volonté politique encouragent la pêche illicite et le pillage des richesses de la mer, de tels accords doivent permettre des avancées significatives pour toutes les parties, notamment les pays africains.

Des mécanismes incitatifs, soutenus par les gouvernements signataires, permettent déjà aux populations côtières d’accéder aux voies du développement. Le groupe de l’UNAF soutient la préconisation de les renforcer. Conserver, voire améliorer les conditions de la pêche artisanale nécessaire à la survie des familles, garantir l’accès aux zones de pêche et à la ressource et leur sécurité, soutenir les économies locales traditionnelles, etc ... Mais plus encore, et certains accords l’ont montré, on peut assurer la formation professionnelle aux métiers de la pêche et la structuration de leurs organisations, favoriser par des infrastructures modernisées, une meilleure commercialisation des produits, développer les filières de transformation sur place dans le respect des normes et de la sécurité alimentaire tout en permettant à la main-d’œuvre locale, souvent féminine, d’accéder à l’emploi reconnu, aux formations et au progrès social et humain.

De telles orientations sont proposées afin de faire de la pêche durable et responsable, une activité au service des hommes et des femmes d’abord et du développement humain, avant d’évoquer la nécessaire préservation de l’environnement dans lequel ils doivent pouvoir vivre en sécurité ou les exigences impérieuses du monde économique.

Le groupe de l’UNAF y est particulièrement sensible et a adopté l’avis.

@ : cmenard@unaf.fr

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