Les débats au Conseil Économique, Social et Environnemental " : Le microcrédit : une opportunité économique et sociale ?", à l’ordre du jour de la dernière session

31/05/2010

Le Conseil Économique, Social et Environnemental, s’est réuni en assemblée plénière les 25 et 26 mai 2010. A l’ordre du jour de la session, était inscrite la question suivante : "Le microcrédit : une opportunité économique et sociale ?", rapporteur M. Gérard Labrune au nom de la section des finances.

DECLARATION ECRITE DU GROUPE DE L’UNAF (annexée au Journal Officiel)

Le groupe de l’UNAF a salué l’effort constant pour parvenir à présenter ce travail ; il traduit l’attention portée à l’égard d’une catégorie d’agents économiques dont le microcrédit constitue un élément indispensable à la réalisation de leur projet ou de leur besoin, même si les volumes globaux de crédit restent modestes.

L’avis y fait directement référence puisqu’il « constate qu’il fait partie des politiques économiques et sociales de nombreux pays offrant des possibilités d’insertion sociales et professionnelles ».

Le groupe de l’UNAF rappelle l’utilisation première de l’outil de microcrédit d’aide au développement international, qui garde toute sa raison d’être. Aujourd’hui il constitue une opportunité pour quelques centaines de milliers de personnes en France dont le projet de création d’entreprise constitue une opportunité de trouver ou retrouver un emploi.

Le groupe de l’UNAF partage, bien entendu, la démarche de soutien à cette catégorie de personnes qui ont décidé d’assumer leur autonomie plutôt que de rester dépendante des diverses aides sociales et d’assistance.
Les associations familiales connaissent bien la problématique du microcrédit puisque nombreuses d’entre elles sont impliquées dans celui du micro crédit social, autre outil d’utilité sociale à vocation économique.

Les propositions relatives à une meilleure connaissance statistique, à une meilleure diffusion de l’information sur ce type de prêts, à un accompagnement renforcé, au partage des bonnes pratiques et la formation des acteurs pour renforcer les synergies sont partagées par le groupe de l’UNAF. Certains réseaux bancaires ont d’ailleurs développé des filières particulières de distribution.

A ce sujet, il convient d’insister sur le rôle encore insuffisant d’information et d’orientation que devrait jouer les structures dédiées au retour à l’emploi et sur la nécessité du développement de l’information par les organismes consulaires en liaison avec l’Agence pour la Création d’Entreprise. Chacune d’entre elles devrait encore plus s’impliquer et donc en développer l’accompagnement.

A propos de la stimulation de la distribution par les réseaux bancaires et des moyens techniques et structurels pour y parvenir, le groupe de l’UNAF craint que, s’agissant de décisions de la sphère privée, les préconisations énoncées restent des vœux pieux : les relations courantes entre préteurs et emprunteurs ne peuvent être régies par l’autorité publique.

Le microcrédit n’est ni spectaculaire, ni médiatiquement très porteur, ni fortement rentable pour les distributeurs et pourtant on peut se demander, au regard de la crise financière connue depuis deux ans et aux derniers développements connus ces dernières semaines au niveau européen, si le système bancaire national et international va s’intéresser à nouveau à ce qui constitue véritablement le financement de l’économie réelle.

Les profits de spéculation étant nettement supérieurs à ceux du financement de l’économie, il convient d’encourager le retour aux fondamentaux.
Dans ce contexte, les associations familiales souhaitent ardemment que les pouvoirs publics prennent les dispositions incitatives nécessaires pour que les besoins de financement des agents économiques de base, qu’ils soient petits entrepreneurs ou consommateurs, soient assurés avec responsabilité et solidarité.

Le droit au crédit tel que sollicité par les candidats emprunteurs ne doit pas être un leurre quel que soit l’indispensable encadrement réglementaire de ce type d’activité.

Le présent avis peut contribuer au succès de cette prise de conscience.

Pour cette raison le groupe de l’UNAF a voté l’avis.

@ : cmenard@unaf.fr

Haut de page