Vidéo : Conférence-débat durant l’Assemblée Générale de l’UNAF : "Réforme des retraites : quels enjeux pour les familles ?"

12/07/2010

Illustration article

Dans le cadre de l’Assemblée générale supplémentaire de l’UNAF qui s’est déroulée le 10 juillet 2010 sur le thème : "Retraite : quels enjeux pour les familles" ?, Henri Sterdyniak, Directeur du Département économie de la mondialisation de l’Observatoire Français des Conjonctures Économiques (OFCE - centre de recherche en économie de Sciences-Po) a développé sa réponse à cette question lors d’une présentation intitulée "Retraites 2010, une réforme sous le regard des marchés". Fil rouge de son intervention : le danger de réformer dans un contexte de crise.

"Eviter de dépouiller la branche famille au profit de la vieillesse".

Sur le champ des politiques familiales, Henri Sterdyniak a souligné qu’"Il faut éviter de dépouiller la branche famille au profit de la vieillesse : celle-ci doit payer à terme 4,5 milliards au titre de l’AVPF et 4,2 milliards au titre des majorations familiales."

Par ailleurs, l’économiste a abordé la question des droits familiaux en matière de retraites :

"Ce sont les enfants et en particuliers ceux des familles nombreuses qui garantissent la pérennité du système par répartition"

Le chercheur rappelle la légitimité de la bonification de 10% des retraites des personnes ayant élevé trois enfants ou plus : " La suppression de cette bonification serait un signal négatif, alors que la France doit maintenir une fécondité satisfaisante et que ce sont les enfants, et en particulier ceux des familles nombreuses, qui garantissent la pérennité du système de retraite par répartition."

Sur la réforme de la majoration de durée d’assurance : " les pensions des femmes restent plus basses que celle des hommes (48% en droit propre). Tant que ces disparités subsistent, il faut maintenir des avantages différenciés en faveur des mères. "

Pour financer une retraite par capitalisation "les fonds de pension devraient accumuler 6,8 fois le PIB"

Dans un tour d’horizon des différents projets de réforme (Répartition, capitalisation, comptes notionnels…) il a notamment pointé les difficultés inhérentes à la retraite par capitalisation dont la généralisation " obligerait à un fort taux d’épargne aujourd’hui qui pèserait sur les ménages (en réduisant la consommation) ou sur les entreprises (qui supporteraient une partie des primes). Elle obligerait à un prodigieux développement des marchés financiers. Pour financer entièrement sa retraite par capitalisation, chaque salarié devrait accumuler environ 12 fois son salaire annuel au moment de son départ ; les fonds de pension devraient accumuler 6,8 fois le PIB. La crise a bien montré qu’une telle accumulation induirait une formidable instabilité financière."

Vidéo de l’intervention

Haut de page