Enquête

Allaitement : 1 femme sur 5 se dit insuffisamment soutenue (étude UNAF / CIANE 2010)

13/10/2010

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Une femme sur cinq juge qu’elle n’a pas été soutenue efficacement en matière d’allaitement autour de son accouchement, et beaucoup se disent mal informées ou mal écoutées dans leur souhait d’allaiter ou non. La semaine mondiale de l’allaitement maternel (17-23 octobre 2010) est l’occasion de revenir sur ces résultats de l’enquête périnatalité menée par l’UNAF en 2010, et de recommander un accompagnement sur ce thème plus complet, plus ouvert, et qui donne le choix à la mère.

Sur les 952 femmes ayant répondu à cette enquête, 19% estiment ne pas avoir été soutenues efficacement, contre 52% qui disent l’avoir été, et 32% restent sans réponses. La situation est donc majoritairement satisfaisante, mais les mécontentes ont été très nombreuses à commenter leurs réponses (ce que permettait le questionnaire de l’UNAF), et leurs témoignages révèlent nombre d’expériences négatives et de souvenirs douloureux ancrés dans leur mémoire.

Beaucoup déclarent avoir reçu sur l’allaitement des informations incomplètes :

"Je n’ai eu aucun soutien pour l’allaitement, ça marchait très mal, je ne savais pas comment faire(…) Je me suis débrouillée toute seule avec Internet et les forums".

"L’équipe soignante n’a pas été à mon écoute, à part une puéricultrice. J’étais tellement découragée et déçue que j’ai abandonné.

…ou contradictoires

"Plusieurs sage-femmes qui interviennent successivement avec des pratiques et des postures différentes."

"Il faudrait peut-être dispenser une formation pour éviter d’avoir toujours des avis différents sur la façon de s’y prendre."

D’autres se plaignent que le personnel médical cherche à orienter vers l’allaitement :

"C’est trop, on vous fait passer pour une mauvaise mère si vous n’y optez pas."

" Dès la préparation à l’accouchement, les femmes " non-allaitantes" étaient mises à l’écart, celles qui hésitaient (comme moi), prises à parti sur leur indécision."

… ou au contraire vers un renoncement à l’allaitement :

"On m’a carrément poussée à arrêter d’essayer et avec une absence totale de tact"

Le comportement des professionnels est même parfois ressenti comme agressif :

" lorsque l’on demande de l’aide (…) on reçoit plus de critiques sur nos choix qu’un véritable soutien."

"Le manque de respect des sages-femmes en majorité (pas toutes, heureusement) vis-à-vis de [mon] choix était choquant, ce qui a conduit à plusieurs " prises de bec" avec elles."

Les répondantes recommandent une amélioration de l’accompagnement, tenant plus compte des souhaits et de la situation des mères :

"On m’a poussée, encouragée à allaiter, c’était un souhait de ma part de le faire. Mais la douleur physique et morale que j’éprouvais n’a pas été entendue. Si on pouvait faire un effort de ce côté là, beaucoup de femmes continueraient l’allaitement, dans mon cas j’ai du arrêter à contrecœur mais je ne pouvais plus endurer cette souffrance."

Il y a donc encore beaucoup à faire pour que les femmes aient une véritable liberté de choix et puissent assumer leur décision dans de bonnes conditions. Comme le souligne Christiane Basset, administratrice de l’UNAF : "Si déjà chaque future mère était informée sur les possibilités d’allaiter ou de ne pas allaiter, et sur ce que ces choix demandent ensuite, cela permettrait de sortir d’une éducation aux soins trop souvent menée sur le mode de l’injonction, qui oublie que chaque accouchement, chaque maternité est différente."

Voir l’enquête complète : Enquête UNAF/CIANE : « 1000 femmes témoignent sur leur maternité »

Photo : femme allaitant un enfant - christyscherrer - CC - Flickr

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