Colloque "Quel modèle économique pour lutter contre l’exclusion" : faire connaître le rôle et l’implication des collectivités locales vis à vis de la pauvreté et de l’exclusion

08/11/2010

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"Quel modèle économique pour lutter contre l’exclusion" : c’est sur ce thème que le Bureau d’Information pour la France du Parlement européen avait invité les participants à échanger au cours d’un colloque, organisé le 28 octobre 2010 sous l’égide de l’UNCCASS, entrant dans le cadre de l’année européenne de lutte contre l’exclusion. Objectif de la rencontre à laquelle l’UNAF était présente : faire connaître le rôle et l’implication des collectivités locales vis à vis de la pauvreté et de l’exclusion.

Ce colloque intervient alors qu’une attention accrue est portée par le Parlement européen sur le revenu minimum comme réponse pour sortir de la pauvreté dans l’Union européenne et sur la situation des travailleurs pauvres.

Le président national de l’UNCASS a enjoint la Communauté économique européenne (CEE) de donner un sens à cette lutte en offrant les leviers sociaux indispensables devant conduire à des services sociaux de qualité, en plus de l’accès aux droits, à mieux anticiper et appréhender les situations des personnes « exclues », en travaillant notamment sur des indicateurs pertinents tels que les services publics, l’accès au bien-être, l’accès à la santé, à la sécurité et au développement durable. La nécessité de davantage de dialogue entre l’ensemble des acteurs, y compris les entreprises et les usagers, a été soulignée en plus de l’importance d’un travail collectif à effectuer et d’une démarche d’innovation dans laquelle les collectivités sont parties prenantes. L’impulsion à donner désormais à l’Europe sociale dans la construction européenne a été affirmée.

La Présidente de la Commission de l’emploi et des affaires sociales du
Parlement européen a insisté sur l’importance de relayer la lutte contre l’exclusion et de se concentrer sur les origines de celle-ci (exemple : les inégalités). Elle a invité à ne pas faire que corriger, a posteriori, les manquements observés et regretté que la crise n’ait pas servi à élaborer des indicateurs plus pertinents que ceux actuellement utilisés pour évaluer la pauvreté et indiqué que ceux-ci étaient antérieurs à la crise.

Trois tables rondes sont venues élargir les débats au cours desquelles plusieurs intervenants se sont succédés.

Table-ronde n° 1 - La pauvreté évolue, les indicateurs changent

Elle a permis, avec les représentants de la Direction générale de la cohésion sociale, de présenter les évolutions en cours quant à l’évaluation des politiques menées et aux instruments de mesure utilisés (tableaux de bord). Des indicateurs sont mis en place portant sur la réalité de la pauvreté et un travail d’enquêtes et de suivis concernant les ressentis des allocataires est effectué : il est constaté l’aggravation de la pauvreté (non son augmentation) et une dégradation de l’état d’esprit (découragements) des personnes en situation d’exclusion.

Une représentante du CCAS et élue de la ville de Beauchamp (95) a rappelé l’importance et l’exigence d’analyser les besoins sociaux. L’augmentation des demandes faites auprès des services sociaux par les travailleurs pauvres, au sein notamment des familles monoparentales et isolées et par les personnes âgées depuis 2009 a été pointée.

Des évolutions sont intervenues : modes d’attribution des aides (fondées sur le reste à vivre et non plus le statut), mise en place d’outils communs, de démarches partenariales faites en lien avec les acteurs de la lutte contre l’exclusion. Le représentant d’EDF-GDF à la Direction de la stratégie et du développement durable, a indiqué quelles étaient les principales actions effectuées sur les territoires et pays concernés et les moyens utilisés pour mieux connaître les personnes en situation de précarité.

Table-ronde n° 2 : Comprendre la Précarité : sensibilisation et dialogue entre les différents acteurs

Pour aller vers une étape plus constructive, la Vice-présidente de l’UNCASS, adjointe au maire de Bordeaux, a fait part de la nécessité d’avoir des regards croisés et de travailler dans la transversalité pour améliorer la prise en charge des personnes en situation d’exclusion.

Le Délégué général de la Fondation Abbé Pierre a évoqué la demande de reconnaissance des personnes ainsi que les sentiments de peur face aux demandes à entreprendre.

La représentante de la Commission de l’emploi et des affaires sociales du parlement européen, membre du Conseil municipal de Saint-Quentin a souligné, l’importance du dialogue et du facteur humain à renforcer. Elle a évoqué les outils possibles en direction des collectivités, comme le fonds social européen (créé en 1957), avec une vocation d’emploi (ex : soutien aux chantiers d’insertion) dont le niveau de financement doit perdurer.

Les questions des participants ont porté sur la baisse des contrats aidés, le faible niveau du revenu minimum actuel, et les difficultés d’organisation du dispositif d’accès et de suivi du RSA.

Table-ronde n° 3 - Tous contre la pauvreté : des partenariats innovants : Le directeur des relations extérieures du groupe chèques déjeuner a souhaité que les entreprises sociales puissent avoir un développement européen.

Le représentant « d’ Emmaus Défi », a rappelé l’initiative en cours d’un travail pédagogique en partenariat en direction des personnes utilisant la téléphonie mobile. Rappelons « qu’ Emmaus Défi » fonctionne comme une entreprise mais une entreprise qui vise l’utilité sociale.

Marc-Philippe Daubresse, Ministre de la Jeunesse et des
Solidarités actives a clôturé les travaux.

Rappel du programme

@ : hmarchal@unaf.fr


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