Le décret relatif aux modalités de calcul de la part des allocations familiales suspendues ou supprimées en cas d’absentéisme scolaire vient d’être publié : l’UNAF réaffirme son opposition à ce dispositif

24/01/2011

Le décret n°2011-89 du 21 janvier 2011 relatif aux modalités de calcul de la part des allocations familiales suspendues ou supprimées en cas d’absentéisme scolaire vient de paraître au Journal officiel. Sur ce même sujet, un projet de circulaire « Vaincre l’absentéisme » va être prochainement débattu au Conseil Supérieur de l’Education.
L’UNAF réaffirme son opposition au dispositif mis en place considérant que les allocations familiales ne sont pas faites pour récompenser les « bons » parents, mais pour compenser la charge que représente un enfant et que, par ailleurs, les parents ne sont pas seuls responsables de ces situations. Pour réduire l’absentéisme scolaire, l’UNAF avance d’autres propositions.

Mieux informer les familles : parents et jeunes

1. Améliorer l’information des parents sur leurs obligations en matière d’assiduité : il est prévu qu’elle soit faite uniquement au moment de la réunion de parents d’élèves en début d’année (Circulaire n°2004-054 du 23 mars 2004 (point 1). Or, tous les parents ne sont pas présents à cette réunion et beaucoup ignorent la loi : pourquoi ne pas prévoir une lettre systématique à tous les parents en début d’année ?

2. Améliorer l’information et la réflexion des élèves autour de la notion d’assiduité : Introduire la notion de « devoir d’assiduité » dans les programmes, voir dans les compétences supposées acquises en fin de CM2 et en fin de 3ème (Compétence 6 : « compétences sociales et civiques », Compétence 7 : « autonomie et initiative »).

Mieux relier parents et établissements

De nombreux éléments prévus dans la Circulaire n°2004-054 du 23 mars 2004 (point 1.2) ne sont pas appliqués :

3. Rendre obligatoire le contact établissement / parents, pour toute absence, dès la première heure d’absence, et ceci dans la journée même. (Code de l’éducation (article R131-5)). Ce ne semble actuellement le cas que lorsque le jeune est fortement absentéiste et qu’un accord en ce sens a été passé avec les parents. Il faudrait que l’établissement rentre en contact direct avec les parents le jour même. Les moyens de communication rapides doivent être utilisés : mail, SMS, téléphone.

4. Rendre obligatoire une action de l’établissement, adaptée à chaque élève, avant de sanctionner les parents (comme le prévoit la circulaire n°2004-054 du 23 mars 2004 (point 1.2) ). A minima : le CPE et chef d’établissement doivent rencontrer l’élève et ses parents pour identifier les causes, convenir des actions et des sanctions.

5. En cas d’impossibilité de contact avec les parents, utiliser le dispositif des « adultes relais », en le renforçant si nécessaire.

Mieux cadrer et responsabiliser les élèves (au delà du traitement administratif de l’absence)

6. Cadrer les entrées et sorties des élèves, même au lycée. Les élèves peuvent trop facilement quitter les lycées sans qu’une autorisation ne leur soit demandée. (Rappelons que les collèges connaissent beaucoup moins d’absentéisme (taux entre 1,3 et 2,6% selon les mois de l’année) que les lycées d’enseignement général et technologique (taux entre 1,8 et 9%) et que les lycées professionnels (taux entre 6,9% et 19,3%) ).

7. Demander aux jeunes de se justifier personnellement après une absence (à la fois le CPE et le professeur qui accueille à nouveau le jeune dans sa classe).

8. Étendre la note de vie scolaire au lycée. La Note de vie scolaire (circulaire n°2006-105 DU 23-6-2006) comprend une partie « assiduité de l’élève ».

Accompagner les parents

9. Lorsque les établissements constatent que malgré les mesures mises en place par l’établissement, l’absentéisme n’a pas été résolu : systématiser le soutien à la fonction parentale, en proposant la participation à un groupe de paroles de parents, tels quel les conçoivent les REAAP . Il est prévu dans la loi que l’inspecteur d’académie informe les parents sur les dispositifs d’accompagnement parental auxquels ils peuvent avoir recours. Une simple information nous semble insuffisante. Il serait nécessaire de proposer systématiquement une action de soutien à la fonction parentale, ne serait-ce que la participation à un groupe de paroles de parents.

@ : phumann@unaf.fr

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