Rythmes scolaires : l’UNAF rappelle ses positions suite à la remise du pré-rapport de la Conférence nationale sur les rythmes scolaires

31/01/2011

La phase de consultation de la Conférence nationale sur les rythmes scolaires s’est achevée. Installée en juin 2010 et présidée par Christian Forestier, administrateur général du Conservatoire national des arts et métiers (CNAM), la Conférence nationale sur les rythmes scolaires a remis, mardi 25 janvier 2011, un pré-rapport au ministre de l’Education, Luc Chatel.

Analyse du pré-rapport

"Journée trop longue et fatigante", "semaine épuisante à l’école primaire", "année scolaire déséquilibrée" avec un "mois de juin inexistant" et un "premier trimestre inutilement long" : tels sont les "constats partagés" que ce pré-rapport résume à l’issue d’auditions, d’échanges sur Internet et de débats organisés dans les académies.

L’intérêt des élèves passerait par une semaine de quatre jours et demi de cours en primaire et davantage de devoirs faits à l’école. Selon le comité de pilotage sur les rythmes scolaires, les "inconvénients" de la semaine de quatre jours en primaire font "l’unanimité" et, à la place, "la grande majorité des organisations entendues (...) se prononce pour une semaine de quatre jours et demi ou de neuf demi-journées, en se concentrant plutôt sur le mercredi matin".

Autres constats partagés : "les temps de vie (hors temps scolaire), disparates, sont trop laissés aux solutions individuelles et aux aléas locaux, au "système D" parfois et les devoirs à la maison "pénalisent les élèves qui ont le plus de temps de transport ou qui sont le plus en difficulté".

La modulation du temps d’enseignement journalier selon l’âge (cinq heures en primaire, six heures au collège, sept heures au lycée) fait partie des conclusions "partiellement consensuelles", tout comme le passage des congés de Toussaint "à deux semaines complètes".

Quant aux vacances d’été, "il ne se dégage pas de vrai consensus pour les raccourcir". Néanmoins "ceux qui se disent défavorables sont prêts à concéder deux semaines si le jeu en vaut la peine, c’est-à-dire si on les assure d’une réelle amélioration des conditions de travail annuelles, si on arrive à une meilleure alternance des temps de travail et des temps de vacances".

Pour les professionnels du tourisme, "c’est moins la réduction (ou l’allongement) des vacances d’été que leur étalement (zonage) qui préoccupent les différents partenaires du secteur : le voeu unanime est celui d’un étalement de la saison estivale du 15 juin au 15 septembre"

Après ce pré-rapport où les interrogations sont encore plus nombreuses que les avis tranchés, le comité de pilotage rendra en juin de véritables préconisations, au coeur desquelles devront se trouver "l’intérêt des enfants", après quoi le ministre de l’Education nationale Luc Chatel devra trancher.

Comparée aux autres pays développés, la France se distingue par le cumul de beaucoup d’heures de classe (par jour et par an) dans un calendrier scolaire court (peu de jours et peu de semaines), un rythme qui selon les experts n’aide pas les élèves en grande difficulté à rattraper leur retard.

Préconisations de l’UNAF

L’UNAF a été auditionnée à deux reprises sur ce sujet : par la Mission d’information sur les rythmes de vie scolaire dans le primaire à l’Assemblée nationale, le 20 mai 2010, puis par la Conférence nationale sur les rythmes scolaires, au Ministère de l’Education nationale le 21 septembre 2010 Lire en rappel.

Les positions de l’UNAF et du mouvement familial sont claires : le bien-être de l’enfant doit être premier, il est donc nécessaire de suivre les recommandations des médecins en la matière (cf. l’Académie nationale de médecine : « Aménagement du temps scolaire et santé de l’enfant » – Yvan Toutou, Pierre Béguë).

Il faut donc réduire la journée d’école qui est trop longue en France (4 à 5 heures de cours maximum) et mieux répartir les heures de cours sur les jours de la semaine, la semaine de 4 jours étant néfaste pour la santé des enfants (semaine de 5 voir 6 jours préconisée).

Par ailleurs, dans la journée, certains moments sont plus propices à des activités d’éveil (après le déjeuner) et d’autres à des activités qui demandent de la concentration (après 10h) : il serait nécessaire de mieux suivre ce rythme biologique.

De plus, pour les adolescents, une entrée en classe plus tardive (9h) pourrait mieux correspondre à leur rythme veille / sommeil.

Enfin, il serait bénéfique pour les enfants et les adolescents de travailler 7 semaines et de s’arrêter 2 semaines de vacances, ce qui remet en cause les zones.

Pour l’UNAF en cas de modification des rythmes scolaires, il est nécessaire de travailler en partenariat et en concertation avec :

- les collectivités locales (chargées du périscolaire),
- les entreprises, qui doivent mieux garantir un rythme de travail des parents en accord avec le rythme des enfants (les ¾ des enfants partent avec leurs parents à 16h30),
- les parents d’élèves, pour trouver davantage de moments d’échange possible (certains appréciant le samedi matin travaillé en primaire pour cette raison).

En rappel la note de l’UNAF qui a servi de support lors de l’audition du 21 septembre 2010. Autre article dédié : http://www.unaf.fr/spip.php?article10849

@phumann@unaf.fr


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