Coût de l’éducation

Frais de scolarité : l’UNAF rencontre le président de la Conférence des Présidents d’Université

07/03/2011

Illustration article

Dans le cadre de la réflexion menée par l’UNAF sur les frais de scolarité et l’éventuelle prise en compte des capacités contributives des familles pour le paiement de ces frais (lire en rappel, la contribution de l’UNAF, sur ce sujet), Rémy Guilleux, Vice-président de l’UNAF en charge du département Éducation-Jeunesse et Patricia Humann, coordonnatrice, ont rencontré le 2 mars dernier, Louis Vogel, Président de la Conférence des présidents d’Université (CPU) [1]

L’UNAF souhaitait, par cette rencontre, échanger sur les frais de scolarité, notamment des filières spécifiques des Universités telles que les Diplômes universitaires (DU) et les Instituts d’administration des entreprises (IAE), dont les frais peuvent être particulièrement élevés (pouvant aller jusqu’à 4000 € par an). Elle souhaitait, par ailleurs, présenter sa proposition quant à la prise en compte du quotient familial dans le calcul des frais de scolarité dans le supérieur.

Le président Louis Vogel a été très attentif au point de vue de l’UNAF. Il a fait part de sa préoccupation concernant le manque de moyens des Universités, et rappelé le faible coût des frais de scolarité « standard » (de 174 € à 359 € selon le niveau) demandés aux étudiants au regard du coût de la scolarité. Selon lui, la France est un pays qui consacre relativement peu de moyens aux études supérieures : 9000€ par an par étudiant alors que la Suède, par exemple, consacre 15 000€ et les États-Unis 20 000€.

Par ailleurs, la France est dans une situation relativement paradoxale puisque le budget consacré par l’Etat aux grandes écoles est très important : Polytechnique a un budget très conséquent, presqu’équivalent au budget d’une faculté parisienne, alors que ces grandes écoles ne sont pas forcément reconnues à l’étranger (notamment dans le classement académique des universités mondiales dit "classement de Shanghaï", qui ne prend en compte que des universités formant un nombre conséquent d’étudiants, ayant des laboratoires de recherche…).

Il a évoqué ses craintes quant au risque d’une “fuite des cerveaux” en France : les jeunes ne souhaitant ou ne voulant pas faire de « grandes écoles », car les classes préparatoires sont très sélectives et difficiles et le coût de la scolarité est très élevé (jusqu’à 10 000 euros par an) se détournent de l’Université française, partent à l’étranger pour étudier et finissent par y rester. Ainsi, la préoccupation des Universités est aujourd’hui de trouver des financements pour améliorer la qualité de l’enseignement et du suivi des élèves.

La loi sur l’autonomie des universités permettant la création de Fondations devrait permettre de dégager des moyens mais dans une proportion encore trop peu importante car il n’y a pas, comme pour les grandes écoles, une tradition d’anciens élèves qui font des dons à l’Université (aujourd’hui, le budget de 60 millions d’euros, alloué à toutes les Fondations d’universités, équivaut au budget de la fondation de la seule école d’HEC). La préoccupation du Président Louis Vogel est donc surtout de trouver des moyens supplémentaires pour l’Université même s’il s’est dit ouvert à la prise en compte des capacités contributives des familles.

A l’issue de cette rencontre, le président de la Conférence des présidents d’Université a indiqué être tout à fait favorable au renforcement de la collaboration avec l’UNAF, pour l’ensemble de ces questions qui concernent autant les familles que les étudiants.

@ : phumann@unaf.fr

[1] Pour rappel, la CPU représente les intérêts communs des établissements qu’elle rassemble : universités et universités technologiques, instituts nationaux polytechniques, écoles normales supérieures, instituts nationaux des sciences appliquées, grands établissements et pôles de recherche et d’enseignement supérieur.

Haut de page