Congrès France Nature Environnement (FNE) : "Pour une PAC plus verte"

19/04/2011

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L’UNAF représentée par Dominique Allaume-Bobe, administratrice, a participé les 31 mars et 1er avril 2011 au Congrès de France Nature Environnement à Marseille, sur le thème « Pour une Politique Agricole Commune (PAC) plus verte », qui a réuni environ 500 personnes. Objectif du séminaire : proposer des orientations pour la Politique agricole commune (PAC) de l’après 2013.

Après les discours d’accueil du sénateur-maire de Marseille Jean-Claude Gaudin et de la vice-présidente du Conseil régional qui ont chacun souligné l’importance de l’agriculture régionale et locale [1], le Président de France Nature Environnement, Bruno Genty, a souligné combien il était vital de provoquer le dialogue avec le monde agricole, afin de confronter les idées autour de l’alimentation et de l’environnement, car l’agriculture ne travaille pas que pour elle-même.

En effet, l’agriculture agit sur l’environnement de tous et donc sur tous les habitants. De plus la PAC représente 40% du budget de l’Europe et il est donc légitime que les citoyens, pourvoyeurs de cette PAC, suivent et évaluent ses impacts. D’autant qu’elle semble très déséquilibrée, les aides de la PAC allant majoritairement au pilier « aides directes » (8,5 milliards d’euros) et très peu au « développement rural » (1,3 milliards d’euros).

Aujourd’hui, la PAC est remise en cause par de nombreux citoyens qui souhaitent renouer avec une agriculture plus proche, plus respectueuse de l’environnement et du bien-être animal, qui donne des produits de proximité, de saison, sains et diversifiés pour éviter une perte irréparable de biodiversité (sauvage et domestique).

Mais, dans ces conditions, comment faire pour nourrir les 9.5 milliards d’humains attendus pour 2050 ? Plusieurs pistes ont été explorées. Le directeur de l’École Supérieure d’ Agriculture d’Angers a rappelé qu’actuellement, 1 milliard d’humains a faim et que cela repose le problème de répartition de la richesse. Alors qu’un végétarien consomme en moyenne 200 kg de céréales par an, un « carnivore » en consomme indirectement 800 kg ! De plus, les pertes par gaspillage sont considérables et atteignent 1/3 de la production totale (avant consommation dans les pays du sud par faute de silos, après consommation dans les pays du Nord par mise à la poubelle !).

Du fait que les matières premières industrielles viendront à manquer dans les prochaines années, il faudra donc « faire plus avec moins » et nourrir 6 personnes/ha en 2050 sans utiliser davantage d’intrants (engrais, phyto, etc.). La solution serait dans ce cas une « production écologiquement intensive », ce qui signifie une agriculture qui fasse davantage appel à l’agronomie (sélection de semences adaptées aux conditions locales, rotations des cultures, diversifications des assolements, autonomie plus grande des exploitations agricoles, espaces de régulation écologique qui abritent des auxiliaires des cultures, etc.). Ce qui implique aussi une remise en cause totale de la formation des agriculteurs !

Dans ces conditions, la PAC aurait à revoir son mode d’intervention qui serait plus tourné :

Vers le défi alimentaire :

  • encourager la souveraineté alimentaire au niveau européen,
  • respecter la souveraineté des pays du Sud – en clair, ne pas leur exporter nos excédents à bas prix qui ruinent les agricultures locales,
  • privilégier la qualité sanitaire, environnementale et sociale,
  • lutter contre le gaspillage !

Vers le défi environnemental  :

  • en reconnaissant qu’une nature respectée est la condition d’une agriculture durable
  • en rémunérant les services environnementaux et sociaux rendus par l’agriculture (lutte contre les incendies et les avalanches, maitrise de l’eau, reprise de l’emploi agricole, etc.)
  • en favorisant l’autonomie en énergie et protéines des exploitations agricoles
  • en anticipant le changement climatique (déjà effectif pour certaines productions sensibles).

Pour France Nature Environnement, l’agriculture de demain doit être moins gaspilleuse d’énergie et de ressources, plus autonome, plus économe et plus diversifiée. France Nature Environnement promeut une agriculture à Haute Valeur Environnementale (HVE) et demande d’imposer les mêmes exigences environnementales pour les produits importés.

[1] A Marseille même, 800 jardins familiaux, 40 Associations pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne et 3 fermes pédagogiques qui accueillent chaque année 7000 enfants des écoles ; au niveau régional, entretien du paysage – lutte contre les incendies - et maitrise de l’eau depuis des siècles pour favoriser l’agriculture méditerranéenne, développement important de l’agriculture biologique, problème de maitrise du foncier

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