Séminaire

L’UNAF a participé au séminaire d’automne 2011 d’Europe Social Network : « Investir dans les enfants : services à la petite enfance et protection des enfants »

21/11/2011

Logo de l’European Social Network

L’UNAF, représentée par Patricia Humann, coordonnatrice du pôle « Education-Jeunesse » était présente lundi 14 novembre au séminaire d’automne 2011 d’Europe Social Network « Investir dans les enfants : services à la petite enfance et protection des enfants » qui a permis d’examiner les relations entre l’éducation et l’accueil des jeunes enfants et les services spécialisés à l’enfance et la façon dont ces derniers ont un impact sur la pauvreté infantile. L’occasion également pour les intervenants de montrer comment l’investissement pour l’accueil de la petite enfance, le soutien à la parentalité, la protection de l’enfance ont des conséquences bénéfiques sur les compétences des jeunes puis sur l’insertion des adultes.

Nora Milotay, de la DG Éducation et culture de la Commission européenne a rappelé les objectifs de Barcelone pour les structures d’accueil des enfants en termes d’accès des 0/3 ans et des 3/6 ans, respectivement de 33% et de 90% (la France se situe à 41% pour l’accueil des 0/3 ans et à 100% pour les 3/6 ans).

La qualité de l’accueil est cependant primordiale et la Commission européenne se penche actuellement sur ce sujet. Elle comporte une approche holistique comprenant des critères multiples comme celui des apprentissages et du bien-être de l’enfant, de leur développement cognitif, mais aussi émotionnel, physique, social. Une approche qui doit prendre en compte la formation du personnel, les coûts des modes de garde pour les familles, les contenus des activités faites avec les enfants, l’association des parents, la prise en compte des enfants à risque. Les indicateurs concernant l’accès sont disponibles mais beaucoup plus rares sont ceux qui concernent la qualité de l’accueil, notamment en France. Un groupe d’experts va ainsi travailler auprès la Commission européenne sur les bonnes pratiques pour un accès renforcé ainsi qu’une meilleure qualité d’accueil.

Le professeur Edward Melhuish, Directeur de l’Institut pour l’étude de l’enfance, la famille et les affaires sociales, à Londres, a rappelé le « retour sur investissement » en terme de capital humain de l’investissement « pendant l’enfance », qui décroît en fonction de l’âge, alors que les dépenses des pays croîent au contraire avec l’âge. En d’autres termes, plus on investit quand l’enfant est petit, plus cela aura des conséquences positives pour l’acquisition de compétences, du fait de la grande malléabilité du cerveau à cet âge, alors que les dépenses des pays concernent prioritairement les adolescents et les jeunes.

... Quelques expériences relatées...

États-Unis : Une expérience a montré qu’en accueillant dans des structures préscolaires de grande qualité 120 jeunes enfants à hauts risques, les « bénéfices » étaient de 88 000 $, contre une dépense de 12 000 $, d’où un ratio de 1 à 7.

Par ailleurs, les conclusions de « The Effective Provision of Pre-School Education (EPPE Study) » montrent l’influence des compétences familiales sur les compétences de l’enfant. Pour les familles aux faibles compétences professionnelles, un accueil des enfants en préscolaire permettrait aux enfants d’acquérir des compétences au-dessus d’un seuil minimal (requis à 7 ans), ce qui n’est pas le cas s’il n’y a pas d’accueil préscolaire.

Irlande  : Dans la même logique, une étude a montré que les enfants préscolarisés étaient 3,4 fois plus fort en calcul et 2,4 fois plus fort en anglais. Enfin, les résultats PISA à 15 ans montrent un très bon niveau des élèves qui ont été préscolarisés par rapport aux autres.

Enfin, pour conclure, à la demande d’une participante espagnole demandant si l’investissement auprès de la famille entre 0 et 3 ans (soutien à la parentalité) pouvait être aussi efficace que l’investissement auprès des enfants (accueil), le professeur Melhuish a répondu que le levier « environnement familial » était un levier plus faiblement efficace.

Les programmes « d’école des parents » fonctionnent mais sont coûteux et souvent s’effondrent lorsqu’on veut les mettre en œuvre à une grande échelle. Le plus important pour un enfant d’une famille défavorisée est de lui permettre une mixité sociale, ce que ne permet pas toujours une action uniquement centrée sur les parents.

@ : phumann@unaf.fr


Image : Logo de l’European Social Network
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