Assemblée générale de l’ANIL : le logement des jeunes au coeur des débats

12/12/2011

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L’UNAF, représentée par Marilia Mendes, Coordonnatrice du pôle Habitat Cadre de vie - Environnement - Développement durable, a participé au Conseil d’administration et à l’Assemblée générale de l’ANIL le 29 novembre 2011, avec à l’ordre du jour : la présentation du rapport financier de l’association, le rapport moral, ainsi que le rapport d’activités.

Claude Jeannerot, Président de l’ANIL a fait part de ses fortes inquiétudes face au risque d’aggravation du financement des ADIL pour l’année 2012, notamment du fait des difficultés financières des collectivités territoriales.

Au cours de l’année 2011, le réseau des Adil a travaillé en priorité sur l’accession à la propriété et la sécurisation des projets, la copropriété et la maîtrise de l’énergie, le logement des plus défavorisés (les expulsions et le DALO), la maîtrise de l’énergie et le développement durable, ainsi que l’appui aux collectivités territoriales.

Par ailleurs, deux nouvelles Adil ont été créées en 2011, l’une en Haute-Corse et une autre dans la Loire, ce qui porte à 76 le nombre des Adil sur l’ensemble du territoire.

A l’issue des travaux statutaires, s’est tenu un débat sur le thème “Jeune cherche logement désespérément”, animé par Claude Taffin, Directeur scientifique au Conseil Supérieur du Notariat auquel ont participé :

- Thierry Bert, délégué général de l’Union sociale pour l’habitat,
- Emmanuelle Cosse, vice-présidente du Conseil régional d’Ile-de-France, chargée du logement, de l’habitat, du renouvellement urbain et de l’action foncière,
- Étienne Crépon, directeur de l’habitat, de l’urbanisme et des paysages au ministère de l’Ecologie,
- René Pallincourt, Président de la Fnaim,
- Eric Thuillez, membre du directoire d’Action logement,
- Martine Rullier, directrice de l’ADIL de Paris,
- Véronique Sandro, directrice de l’ADIL de Moselle.

Partant du constat que les jeunes ont de plus en plus de mal à se loger, le débat s’est attaché à mettre en lumière les difficultés que rencontrent les différents acteurs de la filière pour répondre à la demande des jeunes et les incitations qui pourraient être prises pour les encourager.

L’ADIL de Paris a fait un constat des difficultés rencontrées par les jeunes pour accéder à un logement surtout en zone tendue. Faiblesse des revenus, forte mobilité, absence de garantie et réticences des bailleurs, sont les principales raisons des difficultés des jeunes, même s’ils ne sont pas les seuls dans cette situation, ils sont néanmoins majoritairement concernés.

Par ailleurs, dans un contexte de marché tendu caractérisé par une pénurie de logements et d’augmentation des loyers, les pratiques illégales et les arnaques se développent comme le mandat cash pour des logements fictifs sur des sites d’annonces ou encore les pratiques peu scrupuleuses de certains marchands de listes. Certains baux sont conclus au nom des parents, les bailleurs préférant la garantie parentale plutôt que de faire appel aux dispositifs de sécurisation comme la Garantie des risques locatifs (GRL).

Tous les acteurs se sont accordés sur le fait qu’il n’y avait pas de solution miracle pour répondre au logement des jeunes mais un panel de solutions parmi lesquelles la colocation, les résidences pour jeunes travailleurs ou pour étudiants.

Pour Étienne Crépon, la problématique du logement des jeunes est très territorialisée et la « vie de galère des étudiants en région parisienne n’est pas une généralité, même s’il y a de vraies problématiques sur quelques territoires ». Des solutions sont recherchées pour faciliter le parcours des jeunes.

Emmanuelle Cosse souligne l’importance du rôle des collectivités territoriales et dénonce la réticence de certains élus à construire des résidences étudiantes qui ne rapportent pas de taxe d’habitation. Elle estime que la colocation doit être un choix de vie.

René Pallincourt constate que la colocation fonctionne mal en France en comparaison des Pays anglo-saxons, du fait notamment d’inadaptations juridiques du bail en particulier par rapport à la caution. Il fait également le constat qu’il y a très peu d’impayés chez les jeunes locataires, les parents se portant souvent caution.

Thierry Bert a précisé que la colocation était très peu répandue en HLM et que ce parc était mal adapté pour gérer des baux de courte durée. Il a précisé que des propositions étaient en cours d’examen pour répondre de manière plus réactive aux besoins en logement des jeunes qui demandent des réponses immédiates. En effet, les processus d’attribution des logements HLM sont longs et les jeunes ne font pas partie des publics prioritaires. Par ailleurs, il a indiqué qu’il fallait être inventif compte tenu des circonstances territoriales.

Eric Thuillez a mis l’accent sur le lien fort entre emploi et logement avec au cœur du problème la question de la mobilité. Il a indiqué que la difficulté d’accès au logement des jeunes était souvent un frein à l’accès à un emploi. Il a insisté sur la nécessité de produire des logements de petite taille à prix accessibles.

Par ailleurs, l’ADIL de la Moselle a souligné que la question du logement des jeunes, au-delà du niveau de leurs revenus, devait aussi se poser du point de vue de leur particularité : une forte mobilité et la demande de logements de petite taille en centre-ville. Or, ce sont ces logements qui sont les plus chers au mètre carré, le prix augmentant aussi en fonction de la taille de la ville.

Benoist Apparu, Secrétaire d’État chargé du Logement, a clôturé les travaux en saluant le rôle particulier de l’ANIL et des ADIL, « un réseau reconnu de service public » notamment dans le conseil aux particuliers qu’ils soient locataires, accédants à la propriété ou bailleurs. Il a également fait part du souhait de l’Etat de s’appuyer sur l’expertise nationale et départementale du réseau de l’Anil et des Adil.

Concernant le logement des jeunes, le ministre n’est pas favorable à l’idée de créer des logements pour des publics spécifiques, estimant que l’on risque de créer des "ghettos étudiants". Il se dit convaincu que "la diversité est une réponse aux besoins des jeunes".

Il souhaite également que des solutions puissent être trouvées pour faire baisser les prix des micro-surfaces et réfléchit à l’idée d’une taxe, tout en ayant conscience des effets d’aubaine que cela pourrait engendrer.

Quant à la question de la colocation, des mesures sont proposées dans le cadre du projet de loi consommation pour permettre la possibilité de reprise d’un bail existant d’un colocataire par un autre, pour éviter que le colocataire sur le départ ne reste responsable de la caution collective.

Etude de l’Anil sur le logement des jeunes

@ : mmendes@unaf.fr


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