Note de problématique

04/01/2012

Le suicide est la pire des détresses, la pire des souffrances pour les familles.

Les 12 000 morts par an dont près de 50% de jeunes, les 500 suicides au travail, les 100.000 tentatives par an en France dont 40 000 pour les 15-24 ans qui risquent la récidive, traduisent un flot de souffrances psychosociales et familiales qui depuis trois ou quatre décennies tend à nous submerger.

Cette épidémie suicidaire est un reflet du mal être et des nombreux malaises de notre société.

La prévention du suicide nécessite ainsi d’expliciter et d’alerter sur toutes les causes qui conduisent à ces drames individuels et familiaux tels que :
- la marchandisation de l’individu ;
- le stress au travail ou l’angoisse d’être déclassé et de perdre son emploi ;
- l’insécurité personnelle dans un monde de compétition ;
- la peur et la méfiance dans les relations humaines ;
- l’entretien du pessimisme, avec son corollaire le sentiment de tristesse, la perte de confiance en soi et la solitude en résultant.

Face à cet enjeu, la prévention une semaine par an est-elle suffisante ? Ne faudrait-il pas une campagne nationale permanente ? La prévention du suicide ne devrait-elle pas être grande cause nationale ? La vigilance des enseignants ou le développement de questionnaires du bien-être dans les entreprises sont-ils suffisants ? D’autres relais peuvent-ils être mobilisés ?

La prévention n’intime-t-elle pas aussi de rechercher l’établissement de nouveaux repères pour une société plus humaine et plus juste ?

Ces nouveaux repères, quels peuvent-ils être :
-  une véritable politique de civilisation préconisée par Edgar Morin, où la solidarité prime sur la compétition ?
-  la poursuite de la formation continue pour s’adapter aux besoins économiques du monde du travail ?
-  l’apprentissage de la réflexion sur le sens de la vie et du travail par un enseignement philosophique précoce ?
-  la reconnaissance des fragilités humaines et des sources du désespoir qui conduisent à tout âge : o à penser au suicide un jour ou l’autre ; o à savoir déceler le ”rien” qui peut amener à un acte suicidaire o à consulter un spécialiste de la prévention quand le mal-être persiste ?
-  la réhabilitation de la famille, source et lieu de dialogues et de compréhensions ?
-  une laïcité plus ouverte aux différentes ethnies, cultures et spiritualités ?

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