Préparation de la conférence des Nations Unies sur le développement durable : L’UNAF participe à une conférence internationale « Vers une nouvelle gouvernance mondiale de l’environnement »

13/02/2012

Logo du ministère de l’écologie, du développement durable, des transports et du logement

L’UNAF a participé à la Conférence internationale organisée conjointement par le Ministère du Développement durable (MEDDTL) et le Ministère des Affaires étrangères et européennes (MAEE), le 31 janvier 2012 au CESE à Paris, conférence précédée d’une réunion préparatoire le 30 janvier. L’UNAF, représentée par Dominique Allaume Bobe, administratrice, y a participé.

Jean- Paul Delevoye, président du CESE s’est exprimé en introduction de la rencontre. Il a ainsi rappelé que le CESE, véritable lieu de réflexion sur le long terme qui prend en compte le vieillissement de la population et la nouvelle croissance, s’intéresse depuis de nombreuses années, aux problèmes liés à l’environnement : rapports sur la biodiversité, sur le G20, sur les conséquences de Durban, sur la place de la Société civile et la mobilisation citoyenne : « Nous sommes dans un monde où il va falloir passer de l’abondance à la rareté, de l’insouciance à la lucidité, de la gestion des pouvoirs à la régulation des pouvoirs ! On ne peut reculer devant l’importance des enjeux, il faut une appropriation de ceux-ci par les décideurs (politiques et autres) et par l’opinion publique. Il faut poser les « bonnes questions ». Les enjeux géographiques devront l’emporter sur l’histoire ! Le Sommet de Rio ne peut se contenter de mots ; il faudra aussi des engagements, des actions pour la stabilité de la planète, passer de la gestion des peurs à celle des espérances ! »

Pour la ministre de l’Écologie, du Développement durable, des Transports et du Logement, Nathalie Kosciusko-Morizet, malgré le Sommet de la terre à Rio en 1992, qui a fait découvrir le concept de Développement durable, peu de choses ont été entreprises et de nombreuses catastrophes écologiques n’ont pu être évitées.
Il faut construire pour l’avenir car « l’Humanité n’a pas le droit au suicide ». Malgré les crises de toute sorte, le remède passera par l’environnement, l’économie verte. Selon la ministre, l’ONU doit renforcer son pilier « environnement » à côté de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), l’Organisation Internationale du Travail (OIT), etc.
Actuellement, l’Organisation Mondiale de l’Environnement (OME) est soutenue par une centaine de pays pour éviter des conflits futurs autour des ressources et maintenir la paix. Elle permettrait également de gérer les quelques 500 conventions multilatérales sur le climat et l’environnement, d’apporter des solutions solides et durables, de décider des priorités avec l’aide du monde scientifique, de protéger les lanceurs d’alerte, etc. L’OME devra associer les États et la société civile pour une nouvelle gouvernance qui fera de nouvelles propositions. Discours en ligne.

Avant de laisser la place aux ateliers, Edgar Morin, philosophe a souligné la justesse et l’urgence à créer l’Organisation Mondiale de l’Environnement (OME) pour le bien de la biosphère et éviter la plus grande dégradation de nos conditions de vie. Selon lui, les humains sont, pour la plupart, inconscients de notre dépendance au milieu naturel, surtout les gens des villes. De plus, les intérêts nationaux sont très différents et même contradictoires. Il ne faudrait pas que l’OME propose des normes « homogénéisantes » mais qu’elle s’adapte aux diversités culturelles, qu’elle répartisse les efforts entre les peuples de façon équitable, qu’elle règle le conflit entre les intérêts immédiats (et l’action des lobbys) et le long terme, qu’elle promeuve l’interdisciplinarité pour rappeler aux hommes qu’ils ont une communauté de destin ! il faut changer de logique pour changer de voie en combinant à la fois croissance (de l’économie verte, des services aux personnes, de la démocratie, de la solidarité, de la qualité, etc.) et décroissance (du gaspillage, de la futilité, de la misère, des inégalités, etc.). Il faut penser qualité au lieu de quantité ! Pour cela, de nombreuses réformes sont nécessaires : villes, agriculture, consommation, connaissance, enseignement, … « C’est la Voie qui régénérerait le monde afin de faire advenir la Métamorphose ! ».

La conférence s‘est articulée autour de 3 sessions :
1/ Organisation mondiale de la santé, Organisation mondiale du commerce, Organisation Internationale du Travail (OIT), … quel modèle pour la gouvernance mondiale de l’environnement ?
2/ La science sauvera-t-elle Rio + 20 ?
3/ L’Organisation Mondiale de l’Environnement, acte de naissance de la démocratie environnementale ?

La conclusion est revenue à Brice Lalonde, ambassadeur pour les Nations Unies pour le Développement durable : "Rio + 20 va se dérouler sous l’influence de New York et de l’ONU (193 pays) où le Développement durable n’est pas la principale préoccupation. La plupart des pays actuellement sont plutôt préoccupés par le développement économique et non par l’environnement. L’OME doit inclure les ONG (la Société civile) pour renforcer l’aspect environnement et gérer les 500 conventions internationales actuelles sur ce sujet. Les 4 jours qui précèderont le Sommet proprement dit (appelés « sandwich days » !) serviront à faire entendre la voix de la Société civile et exiger des engagements formels des Etats".

En savoir plus sur cette conférence.


A noter que préalablement à cette conférence, s’est tenue une rencontre préparatoire destinée à échanger autour de propositions formulées par les acteurs non étatiques. L’UNAF a notamment participé à l’Atelier 4 : « Rio + 20, pour une gouvernance mondiale fondée sur les principes de démocratie, responsabilité et solidarité » au sein duquel ont été évoqués les 9 groupes majeurs non-étatiques déjà impliqués à Rio en 1992, à savoir :
- les femmes,
- les syndicats,
- les peuples autochtones,
- les organisations non gouvernementales,
- la jeunesse,
- la communauté scientifique,
- les agriculteurs,
- l’industrie
- les entreprises mais aussi les autorités locales.
L’UNAF est intervenue pour proposer "les familles" comme groupe majeur, familles qui pourraient être les représentants légitimes des générations futures.

@ : ssitbon@unaf.fr


Image : Logo du ministère de l’écologie, du développement durable, des transports et du logement

PDF - 204 ko

2012-01-31_-_Vers_une_nouvelle_gouvernance_mondiale_de_l_environnement-1.pdf
Haut de page