"La question du genre" : L’UNAF rencontre les conseillers du ministre de l’Education

27/02/2012

A la rentrée 2011, la publication de manuels de SVT (sciences de la vie et de la terre) de classe de 1ère ES et L a suscité un large débat sur la place accordée à la théorie du genre dans ces manuels. L’UNAF avait alors invité son Conseil d’administration à réfléchir sur cette question et une prise de position commune avait été arrêtée et adressée à Luc Chatel, ministre de l’Education. Lire en rappel.

Suite à l’envoi de ce courrier, l’UNAF, représentée par Rémy Guilleux, administrateur, Président du département "Education - Jeunesse", a été reçue par les conseillers du ministre de l’Education, Benoît Labrousse, chargé du numérique et des éditeurs et Christophe Kerrero chargé des affaires pédagogiques et de l’égalité des chances. Il était accompagné de Patricia Humann, coordonnatrice du pôle Education - Handicap - petite enfance, à l’UNAF.

Au cours de cet entretien, l’UNAF a rappelé qu’elle a souhaité appréhender ce dossier de manière à la fois ouverte et pragmatique. Elle s’interroge sur le bien-fondé de l’introduction d’une théorie plutôt de type sociologique dans des manuels de SVT, alors qu’elle aurait pu être plus à sa place au sein de matières telles que la philosophie, l’éducation civique, les sciences économiques et sociales, avec une approche transdisciplinaire et une plus grande aisance de la part des enseignants pour conduire un débat.

L’UNAF souhaitait aussi qu’une réflexion soit menée sur la conformité des manuels scolaires par rapport aux programmes initiaux, sans pour cela remettre en cause la liberté éditoriale. En effet, élèves et parents considèrent implicitement les manuels scolaires comme délivrant le point de vue de l’institution « Éducation nationale » sur un sujet et ils peuvent être déroutés par des prises de position qui ne sont en réalité qu’un parti pris de tel éditeur.

Les conseillers ont précisé que la théorie du genre n’était pas citée dans le programme initial alors qu’elle a été effectivement développée dans certains manuels de SVT. Ils ont insisté sur la volonté du Ministère de l’Education nationale de simplifier les programmes et de laisser une certaine liberté pédagogique aux éditeurs scolaires et aux enseignants.

Un groupe de parlementaires a ainsi réfléchi, avec le ministère, sur la possible labellisation des manuels au regard du programme initial. Ils en ont conclu qu’un processus de labellisation des manuels par le ministère serait trop long et trop complexe. Par ailleurs, cette labellisation pourrait être vécue par certains éditeurs ou enseignants comme une censure de la part de l’Etat et cela risquerait de vider les manuels de leurs apports pédagogiques originaux.

Pour autant, selon le Ministère, il ne faut pas sous estimer l’autocensure « spontanée » des professeurs qui choisissent les ouvrages.

Enfin, l’UNAF a souhaité faire le point sur la loi de 2001 relative à l’éducation affective et sexuelle dans les écoles et collèges.

Sur ce sujet, les conseillers ont déclaré ne pas posséder de bilan récent et ils se sont montrés réservés par rapport à l’efficacité des séances collectives sur ces sujets, insistant sur le rôle primordial tenu selon eux par l’infirmière scolaire, plus à même d’informer et d’aider les jeunes.

L’UNAF a défendu son point de vue, insistant sur la nécessité de réaliser ces séances d’information prévues par la loi, en fin de primaire surtout et au début du collège, et réaffirmant leur efficacité quand elles sont animées par des personnes formées.

L’UNAF a aussi insisté sur la nécessité, pour l’école, de mobiliser pour ce faire les compétences présentes sur son territoire. Les conseillers ont reconnu l’importance de trouver les bons relais et de valoriser les initiatives intéressantes dans ce domaine.

@ : phumann@unaf.fr

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