Prix des carburants : voir au-delà du prochain plein d’essence

03/09/2012

Photo d’Indicateur de réservoir d’essence

"Les prix à la pompe baisseront jusqu’à 6 centimes dès cette semaine. Cette baisse exceptionnelle est décidée pour une durée de trois mois". C’est la mesure la plus immédiate issue des réunions entre le ministre de l’économie et des finances, Pierre Moscovici, avec les associations de consommateurs - dont l’UNAF - puis avec les professionnels de la filière des carburants.

- Lire le communiqué du ministère.

Selon les budgets types de l’UNAF cette baisse représenterait, au terme de sa durée de trois mois, une économie de 8 à 10 euros pour une famille type. Sans être négligeable, cette mesure ne peut être que palliative.

De plus, en janvier 2012, les dépenses de carburant représentaient près d’un tiers des dépenses de transports nécessaires à une famille type, contre un cinquième il y a dix ans. Conséquence : le prix du baril influe de plus en plus directement sur le budget des familles.

Budget transport et prix du baril : un lien mécanique
- Budget transport d’une famille type d’un couple et 2 enfants de 6 à 13 ans (en euros, axe gauche, courbe rose)
- Cours international du baril de brent (en euros, axe droite, courbe bleue)

L’impact des hausses se répercutera aussi dès les premiers froids sur les familles dépendant pour se chauffer du fioul domestique et du gaz, qui ne bénéficient d’ailleurs pas de cette baisse de six centimes.

Par ailleurs, certaines professions à fort impact familial sont mises en difficulté par ce coût supplémentaire, comme les aides à domicile en milieu rural.

Il faut aussi prévoir une hausse sensible de nombreux biens de consommation (la production agro-alimentaire est fortement consommatrice d’hydrocarbures) : c’est le niveau de vie de toutes les familles qui est menacé.

Au-delà des variations de court terme, il est hautement probable que le prix des hydrocarbures ne baissera plus : il devient urgent d’accélérer l’effort pour réduire la facture énergétique.

Au nombre des leviers de long terme :

- La politique des transports publics, tout en n’oubliant pas ceux qui ne peuvent pas y avoir recours, parce qu’ils ne travaillent pas forcément à horaires fixes, ou qu’ils vivent trop loin des voies à fortes fréquentation.
- La politique du logement et plus généralement d’aménagement du territoire davantage axée sur les transports car les familles qui habitent en "zone périurbaine", le font souvent pour se loger à moindre coût, mais consomment davantage de carburant pour aller au travail ou à l’école
- L’action de long terme sur les comportements quotidiens : développer le covoiturage, le recours aux transports "doux" lorsqu’on le peut, aux solutions simples comme des "pedibus" pour emmener les enfants à l’école, le recours au télétravail et aux télécentres... ou simplement rouler moins vite : 10Km heure de moins, c’est jusqu’à 5% d’économie.

L’UNAF salue la volonté du gouvernement de "prendre des mesures structurelles, à même de répondre au poids des coûts des carburants et de l’énergie dans les dépenses contraintes de nos concitoyens les plus exposés" et compte prendre part aux réflexions qui "seront menées en parallèle avec les professionnels et les associations de consommateurs" sur cet aspect.

L’UNAF fera en sorte que l’expertise des associations familiales et des UDAF en matière de pratique du développement durable contribue pleinement au "débat national sur la transition énergétique" qui "doit permettre l’entrée de la France dans une société de la sobriété énergétique".


Image : Photo d’Indicateur de réservoir d’essence - HaraWish - CC - Flickr
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