Les débats au Conseil économique, social et environnemental : enseignement supérieur, emploi des jeunes

01/10/2012

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Le Conseil Économique, Social et Environnemental s’est réuni en assemblée plénière les 25 et 26 septembre 2012 . A l’ordre du jour, étaient inscrites les questions suivantes : Réussir la démocratisation de l’enseignement supérieur : l’enjeu du premier cycle, rapporteur Gérard Aschiéri, au nom de la Section de l’éducation, de la culture et de la communication, L’Emploi des jeunes, rapporteur Jean-Baptiste Prévost, au nom de la Section du travail et de l’emploi.

Déclaration du groupe de l’UNAF

Réussir la démocratisation de l’enseignement supérieur

Une semaine après la présentation par la Ministre de son plan pour la rentrée étudiante 2012, avec un premier axe de mesures « Une réussite par la justice sociale, en démocratisant l’accès à l’enseignement supérieur », le présent avis s’inscrit dans une actualité brûlante.

Pour cette rentrée, l’enseignement supérieur compte au total 2 382 000 étudiants avec une augmentation des effectifs qui se poursuit.

Dans ce contexte, l’enjeu de la démocratisation mis en lumière, est de permettre l’accession à un diplôme de premier cycle pour une part croissante d’une génération tout en réduisant les inégalités sociales.

Le Groupe de l’UNAF tient à rappeler que la condition d’étudiant ne peut être assimilée à un métier.

Pour le Groupe de l’UNAF, l’avis fait un tour d’horizon exhaustif des pistes de réforme et d’amélioration de l’enseignement supérieur en mettant l’accent sur le système universitaire. Il regrette cependant que l’éventail n’ait été que peu élargi à l’offre de formations du supérieur dans sa globalité, notamment les filières d’enseignement supérieur plus professionnelles.

Les préconisations de l’avis faites dans la partie visant « à améliorer le lien entre lycée et enseignement supérieur et mieux orienter » vont dans le bon sens.

Le Groupe de l’UNAF rappelle sur ce point l’importance des médiations humaines dans la concrétisation des choix faits par les jeunes. Le rôle des parents doit être souligné. Au jour le jour, les parents sont là pour discuter, aider à réfléchir, mettre en garde. Ils sont des médiateurs face aux institutions. Ils les mettent en garde par rapport à des choix qui risquent de ne pas correspondre à leur personnalité ou qui leur paraissent difficiles ou sans beaucoup de débouchés. Enfin s’agissant du coût supporté par les familles pour les études supérieures des enfants, il convient de rappeler qu’il peut induire des choix d’orientation qui ne correspondent pas aux souhaits des jeunes. Pour certaines familles, accompagner leur enfant dans l’accès à des études spécialisées ou supérieures s’avère difficile. Au-delà du coût de la formation, il leur faut aussi assumer le coût du logement et du transport.

L’UNAF a montré dans des récents travaux que les frais de scolarité sont de plus en plus élevés quelles que soient les filières choisies. Si les frais de scolarité des formations à l’université sont relativement modiques (de 174 € à 359 € selon le niveau), tout au moins pour les voies classiques, les autres formations (plus de 20% des étudiants) en écoles d’ingénieurs, écoles de commerce et de gestion, écoles supérieures artistiques ou culturelles, écoles paramédicales et sociales … peuvent demander des frais de scolarité très importants. Ils obligent alors l’étudiant à compléter le niveau de sa bourse et ou les aides familiales par un travail de nuit ou de week-end qui peut altérer ses études. Pour une meilleure visibilité un référentiel des frais de scolarité pourrait être élaboré et pourquoi pas aussi mobiliser toutes les écoles supérieures afin qu’elles prennent en compte les critères familiaux dans leurs frais de scolarité.

Le Groupe de l’UNAF a voté l’avis.

L’Emploi des jeunes

Dès le début des travaux, certains prédisaient un énième rapport sur le sujet de l’emploi des jeunes.

Le Groupe de l’UNAF tient à souligner le travail approfondi sur les constats et la stratégie clairement définie sur le volet des recommandations. L’avis s’inscrit dans le droit fil de l’exigence de faire de l’emploi des jeunes une priorité nationale. Dès lors, nous formulons le souhait qu’il trouve un écho important et aide à la décision politique.

Toutes les recommandations supposent un réel investissement de toutes les composantes de la société et le Groupe de l’UNAF retient quatre d’entre elles.

Tracer le chemin de l’emploi pour les jeunes les moins qualifiés doit être une priorité. Comme d’autres groupes de cette assemblée, l’UNAF a pris part au collectif visant à faire de la lutte contre l’illettrisme la Grande cause nationale 2013. 3 100 000 personnes sont en situation d’illettrisme dont 9% sont âgées de 18 à 25 ans. La lutte contre l’illettrisme participe aussi de la mobilisation de tous pour l’accès à l’emploi. Une attention particulière doit être portée sur l’Outre-mer en ajoutant que l’action doit être engagée à destination des jeunes comme de leur famille.

Toujours sur le champ de la formation, il faut voir se concrétiser la recommandation visant à instaurer un droit à la formation initiale différée. Le droit à la formation tout au long de la vie souvent mis en avant ne va malheureusement pas toujours vers ceux, qui en ont le plus besoin. Cette proposition constitue une piste intéressante pour réduire les inégalités dans l’accès à la formation et à la qualification, qui reste certainement le plus sûr chemin pour entrer dans l’emploi et y rester.

Dans les pistes pour améliorer le fonctionnement du marché du travail, l’action conjointe pour l’emploi des jeunes et des seniors mérite de concentrer les efforts. L’intergénérationnel est ainsi mis en avant comme facteur de réussite permettant à chacun de trouver sa place dans le monde des « actifs ». Sans angélisme, l’avis met les barrières nécessaires pour que cette idée généreuse ne soit pas dévoyée.

Enfin les travaux en section ont été nourris s’agissant de l’élargissement du bénéfice du RSA dès l’âge de 18 ans. Le compromis trouvé au final d’une progressivité dans l’élargissement respecte, du point de vue du Groupe de l’UNAF, l’intérêt du jeune actif et de sa famille. Le Groupe de l’UNAF a été entendu s’agissant du financement d’une telle mesure en partie par redéploiement des financements de certaines mesures en faveur des jeunes et par un abondement supplémentaire de l’Etat mais en aucune façon par redéploiement de crédits aujourd’hui consacrés à la politique familiale, qui a fait preuve de son efficacité.

Le Groupe de l’UNAF a voté l’avis.

@ : cmenard@unaf.fr


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