L’UNAF rencontre la Ministre déléguée à la réussite éducative George Pau Langevin

08/10/2012

L’UNAF, représentée par François Fondard, Président, Rémi Guilleux, Vice-président, président du département "Education-Jeunesse" et Guillemette Leneveu, Directrice générale, a rencontré mardi 2 octobre dernier, la Ministre déléguée à la réussite éducative, George Pau Langevin.

Cet échange a permis de rappeler que, pour l’UNAF :

- Le rapprochement des familles et de l’école est primordial et doit permettre des vrais moments de rencontres centrés sur l’enfant, sa personnalité, ses compétences et non uniquement sur ses notes.

Aujourd’hui les relations parents / établissements scolaires ne sont pas apaisées. Elles sont plutôt marquées par la crainte, de la part des professeurs d’être envahis par les parents, et de la part des parents, que les professeurs ne sachent pas bien éduquer ou insérer leur enfant. Il faut donc réfléchir et mettre en œuvre les conditions d’une confiance restaurée. Pour toutes les difficultés (absentéisme, comportement, résultats scolaires …), davantage de rencontres, et de dialogue parents – établissement montrent leur efficacité.

L’UNAF souhaiterait donc que des temps formels et informels de rencontre soient instaurés et rendus obligatoires (et non fonction du bon vouloir de tel professeur ou de tel parent) : une rencontre en entretien individuel, au moins une fois dans l’année, de tous les parents avec les professeurs, des temps de rencontre plus informels entre parents et professeurs sont à développer : cafés-débats, petits-déjeuners, fêtes, sorties… Il serait aussi souhaitable de créer un lieu « parents » dans l’établissement, avec une réflexion sur les modalités d’animation de ce lieu.

L’UNAF souligne enfin que les UDAF et associations familiales ont acquis une pratique reconnue en matière d’accompagnement à la parentalité (notamment pour ce qui est du rapprochement familles-Ecole), et de soutien scolaire, lequel associe toujours l’enfant et ses parents. Un renforcement des liens UDAF / établissements est donc à privilégier, l’UNAF et les UDAF étant agrémentées comme associations complémentaires de l’enseignement public

- L’orientation doit permettre au jeune de découvrir progressivement son environnement

L’UNAF souhaite que soit instaurée une véritable « Education à l’orientation », dans le temps scolaire, qui prenne en compte les trois dimensions : connaissance de soi en vue d’une représentation juste et positive de soi (estime de soi), connaissance des formations, connaissance du monde professionnel.

Ce temps de réflexion ne devrait pas être un temps facultatif mais devrait être intégré dans l’emploi du temps de l’élève, et ceci dès le début du collège. L’expérimentation « Livret de compétences expérimental » qui permet d’inscrire les activités et compétences acquises « hors scolaire », qui peuvent guider les choix des élèves, gagnerait à être développée.

L’UNAF souhaite que les parents soient davantage informés et associés aux choix d’orientation, d’autant plus quand l’élève est mineur. Par ailleurs, il n’est pas acceptable que les élèves et leurs parents ne soient prévenus que très tardivement (au mois de juin) que leur vœu d’orientation ne peut être « exaucé ». Une solution alternative pour l’élève doit être trouvée, en concertation parent / élève / École afin que l’élève ne soit pas orienté par défaut dans une filière éloignée de son choix.

Enfin, trop d’élèves sont aujourd’hui orientés vers des filières non choisies (professionnelles) du fait d’un manque de places dans les formations demandées, alors même que parfois, il y a pénurie de professionnels dans ce secteur (à titre d’exemple : secteur de la petite enfance). L’UNAF souhaiterait que l’on puisse sortir d’une stricte adéquation « formation – emploi ».

L’UNAF rappelle enfin que les parents d’élèves et les familles constituent un vivier de professionnels qui pourraient aider les élèves dans leurs choix d’orientation : présentation de leur métier, stages de découverte, etc… et que ce vivier n’est pas toujours sollicité par les établissements.

Concernant le service public de l’orientation : les régions doivent être impliquées dans la découverte des métiers par les jeunes, mais tout Service public de l’orientation doit conserver des directives nationales.

- La prévention pour la santé doit être présente à l’école, avec une démarche active proposée aux élèves :

L’UNAF souhaite une école plus attentive à la santé des élèves et l’amélioration de l’éducation à la santé dans le cadre scolaire. L’inscription de la prévention pour la santé dans les programmes scolaires, et le rôle des infirmières scolaires sont des éléments importants à réaffirmer. Des actions de sensibilisation aux addictions et aux comportements à risques sont à développer.

Cependant, l’UNAF préconise aussi une politique de promotion de la santé favorisant les échanges positifs sur la santé entre les jeunes et non uniquement l’énoncé d’une succession d’interdits. Sont donc à prioriser les programmes et actions qui visent à positionner chaque élève comme étant en capacité d’être utilement acteur dans la prise en charge de la santé de sa famille, de ses amis ou de lui-même. La formation aux gestes de premiers secours va dans ce sens mais elle se concentre sur des situations exceptionnelles alors même que les jeunes pourraient être acteurs de la santé (la leur et celle de leur entourage) de manière beaucoup plus quotidienne. L’UNAF est ainsi favorable au développement de programmes de prévention par les pairs, par exemple concernant l’alcool.

Les établissements scolaires doivent être invités à se tourner vers les associations familiales et les UDAF pour agir en partenariat, dans ce champ où une expérience vis-à-vis des familles leur est reconnue.

- L’éducation affective et sexuelle doit être encore développée à l’école, avec l’appui de partenaires extérieurs, en conformité avec ce qu’avait prévu la loi du 4 juillet 2001 (3 séances annuelles sont prévues pour les élèves).

L’UNAF insiste sur deux axes :

- La nécessité de développer l’information sur la contraception, notamment pour prévenir les IVG,
- La nécessité du pluralisme de cette information, afin de respecter la richesse et la diversité des convictions de chacun.

- La prise en charge des enfants porteurs de handicap doit se développer surtout au collège.

- De gros efforts ont été faits pour l’école primaire, mais maintenant les enfants arrivent dans les collèges encore peu préparés à accueillir ces enfants
- Malgré les efforts : il reste encore des enfants non accueillis (environ 6000).
- Lorsque les enfants sont accueillis : le problème est celui des temps partiels subis, dû au manque de moyens pour rémunérer une auxiliaire de vie scolaire (AVS) sur tout le temps scolaire donc l’enfant est accueilli quelques demi-journées par semaine uniquement.
- La formation des auxiliaires de vie scolaire et leurs statuts n’ont pas encore réglés.
- Certains types de handicap comme l’autisme ou le poly-handicap pas pris en compte à l’école.

Enfin, l’UNAF a présenté les différentes études approfondies qualitatives réalisées dans le champ de l’éducation sur l’orientation scolaire, et sur l’absentéisme.

Retrouvez les contribution de l’UNAF à la grande concertation lancée le 5 juillet dernier sur la refondation de l’école.

@ : phumann@unaf.fr

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