Le Conseil Économique, Social et Environnemental s’est réuni en assemblée plénière les 9 et 10 octobre 2012. A l’ordre du jour, étaient inscrites les questions suivantes :
• Le coût économique et social de l’autisme, rapporteure Christel Prado au nom de la Section des Affaires sociales et de la santé,
• La valorisation de la forêt française, rapporteure Marie de l’Estoile au nom de la Section de l’Agriculture, de la Pêche et de l’Alimentation.
Par le présent d’avis, le souhait est formulé que les propositions très concrètes faites conduisent à un changement de regard dans l’appréhension du coût économique et social de l’autisme.
L’objectif sera atteint dès lors que l’individu atteint d’autisme ne sera plus perçu comme une charge pour la société mais promu dans la vie de la cité. Investir dans la prise en charge de l’autisme, c’est permettre une vie en société plus juste, plus humaine.
Le Groupe de l’UNAF tient à insister sur quelques éléments justement préconisés :
D’abord, cet avis met en évidence l’importance de la prévention et du repérage, puis du dépistage et enfin du diagnostic. Il s’agit là d’un véritable point d’achoppement. Or on sait maintenant avec certitude que la prise en charge la plus précoce, la plus régulière et la plus intense diminue considérablement les symptômes et les conséquences de cette maladie gravement handicapante. Il est donc primordial d’une part de se référer exclusivement aux préconisations de la Haute Autorité de Santé pour établir ce diagnostic d’autisme, et d’autre part de prévoir dans le carnet de santé des items pour un dépistage précoce et une meilleure traçabilité. Une fois dépistée, il faut agir et sans attendre.
D’autres pays montrent l’exemple par des interventions comportementales intensives chez l’enfant (au moins 20 heures par semaine pendant plusieurs années), aux résultats tout à fait encourageants.
Il faut urgemment reconnaître davantage les métiers de la rééducation et permettre le remboursement des actes effectués par les orthophonistes, les psychomotriciens, les ergothérapeutes, les psychologues … en libéral ou en institution dès lors qu’ils interviennent auprès de personnes autistes.
Le système actuel est inique : si un enfant autiste vit dans une famille qui ne peut supporter le coût d’une bonne prise en charge, s’il n’a pas la chance non plus d’habiter près d’un Centre d’Action Médico-Sociale Précoce (CAMSP) et Centre Médico-Psycho-Pédagogique, (CMPP), c’est son autonomie future d’adulte qui est gravement hypothéquée.
Également, les attentes des familles concernées sont immenses. Il faut saluer ici le courage, la créativité et l’efficacité des parents membres des associations de famille, acteurs majeurs des avancées sociétales. Notre société ne peut laisser seuls ces parents, face à leurs peurs, ou à la charge aggravée par un non-diagnostic. Il faut développer l’information des parents potentiellement concernés, faciliter, soutenir et accompagner au quotidien la vie des familles en multipliant les centres d’accueil.
Pour cela, il semble que le nœud du problème soit aussi l’actualisation des connaissances que nous avons de l’autisme comme des publics concernés. Cet avis l’exprime parfaitement.
Le Groupe de l’UNAF termine par ce point, qui est un préalable dans l’action à venir : disposer de données fiables sans lesquelles les plans échoueront. Il faut mettre en place une véritable épidémiologie de l’autisme.
Il faut par ailleurs financer la recherche publique et pérenniser les déductions fiscales qui permettent des financements d’origine philanthropique.
Enfin, une formation solide de tous les acteurs potentiellement concernés (personnels de santé, enseignants, éducateurs, parents, …) doit être acquise, d’autant que la prévalence de l’autisme dans notre société n’a cessé d’augmenter.
Le Groupe de l’UNAF a voté l’avis.
Le présent avis trace la voie de la valorisation de la forêt française en conciliant les multiples facettes de l’arbre : mobilisation des ressources disponibles, biodiversité et multifonctionnalité.
Le Groupe de l’UNAF a voté l’avis en soutenant ses préconisations et particulièrement trois d’entre elles :
► D’abord, mieux mobiliser les ressources déjà disponibles. Le constat dressé dans le rapport et repris dans l’avis souligne le paradoxe d’une forêt en expansion, mais en regard une économie, qui stagne avec une industrie en souffrance. Les raisons en sont données et les leviers d’action sont développés pour insuffler une nouvelle dynamique de développement.
► Ensuite développer l’utilisation du bois, en priorité d’origine locale et mieux valoriser celui-ci. Il apparaît en effet judicieux de favoriser les projets utilisant les ressources locales, afin de développer les circuits courts. L’enjeu est aussi économique et social en permettant le développement local d’espaces ruraux fragiles. Le développement d’unités de sciage et de transformation locales du bois doit être encouragé.
► Enfin provoquer une prise de conscience de la multifonctionnalité de la forêt et répondre aux attentes sociétales. Par la loi d’orientation sur la forêt de 2001, le code forestier s’est vu enrichi d’une partie consacrée aux principes fondamentaux de la politique forestière. Ses axes sont forts puisqu’il est clairement inscrit que « la mise en valeur et la protection des forêts sont reconnues d’intérêt général. Que la politique forestière prend en compte les fonctions économique, environnementale et sociale des forêts … Et a pour objet de satisfaire les demandes sociales relatives à la forêt ». Onze ans après, les principes attendent encore des déclinaisons concrètes. La prise de conscience nécessite très certainement sensibilisation, information et éducation renforcée des « usagers » de la forêt.
Le Groupe de l’UNAF appelle cependant à la prudence sur la multiplication des aides sociales et fiscales que l’on retrouve à plusieurs endroits de l’avis. La filière doit trouver en elle-même les ressources nécessaires pour assurer sa compétitivité. Si des aides fiscales sont nécessaires, leur utilité et leur efficacité doivent être régulièrement évaluées et adaptées.
Pour conclure le Groupe de l’UNAF met en avant trois points : une valeur, un atout et un risque concernant la forêt française.
Face à la valeur patrimoniale de la forêt, la valeur sentimentale, le lien affectif au paysage créé par l’arbre ne doivent pas être sous-estimés. Couper une forêt peut être un véritable crève-cœur d’autant plus que le prix du bois sur pied est peu rémunérateur.
La diversité de la forêt française est un atout qu’il convient de préserver. Il faut une vision d’avenir sur la forêt. L’adaptation aux usages futurs et aux changements climatiques doit être anticipée.
Enfin, la tradition, la proximité d’accès, le coût des sources d’énergies traditionnelles ont conduit certaines familles en milieu rural à faire le choix du bois comme moyen de chauffage ; souvent plus avantageux. Les conflits d’usage bois énergie - bois industrie constituent un risque qu’il convient de prendre en compte au mieux pour que les familles modestes ne paient pas au final le prix fort pour leur consommation énergétique.
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