Le Conseil national du débat sur la transition énergétique auditionne Peter Altmaier sur l’expérience allemande

18/02/2013

Le Conseil national du débat sur la transition énergétique au sein duquel l’UNAF, représentée par Dominique Allaume-Bobe, Vice-présidente, siège, a auditionné Peter Altmaier, Ministre fédéral de l’Environnement, de la Protection de la Nature et de la Sûreté nucléaire de la République fédérale d’Allemagne. Cette audition était suivie de la signature d’une déclaration commune sur la coopération dans le domaine des énergies renouvelables et la création d’un Office Franco-Allemand pour les Énergies renouvelables dans le cadre de la transition énergétique.

Retour sur l’audition

Peter Altmaier a rappelé en préambule que le choix d’un mix énergétique était de la compétence exclusive des États et il s’est demandé si cela était un bon choix ? Il serait plutôt favorable à une coordination des mix des différents pays européens.

La politique énergétique sur les énergies renouvelables a commencé très tôt en Allemagne, dès les années 90, avec l’adoption d’une loi sur les Enr [1] en 2000. Cette loi a permis le financement des Enr grâce à des tarifs garantis sur 20 ans (éolien, panneaux solaires, biogaz). Pour de nombreux agriculteurs, la baisse de revenu strictement agricole a pu être contrebalancée par la production d’énergie à partir de biomasse. Actuellement, 23 % de l’électricité allemande proviennent des Enr  : c’est un secteur très dynamique, en plein développement et le but est d’atteindre 35 à 40 % rapidement. Malgré la fermeture de 8 centrales nucléaires, il y a eu de nombreuses initiatives économiques si bien que le secteur a créé 380.00 emplois. La compétitivité des entreprises a été respectée et le coût de la transition supporté entièrement par les particuliers.

Mais des défis restent :

- Défi technique : rénover le réseau de l’énergie avec un réseau plus diffus du fait de la production étendue sur tout le territoire (en gros : vent au nord de l’Allemagne et panneaux solaires au sud). 30 à 40 milliards d’€ seront nécessaires sur une période de 40 ans pour y parvenir.
- Défi technologique : du fait de la production fluctuante selon les Enr, il faudra pouvoir stocker l’électricité ce qui peut être une vraie chance pour l’innovation ; les Länder et l’Etat fédéral y travaillent ensemble mais d’autres pays européens pourraient aussi s’y associer.
- Défi financier : l’investissement nécessaire est élevé (20 milliards d’€) mais réduira les achats de produits pétroliers et créera des emplois. La politique de prix de rachat de l’électricité fournie par les Enr doit être stable dans le temps.

En conclusion, Peter Altmaier insiste : « Nous assistons à la 3ème vague de modernisation de l’industrie :
- La première dans les années 70 a concerné l’électronique, développée par le Japon et l’Asie du Sud-est ;
- La deuxième a concerné le développement de l’informatique et les USA ont eu la Silicon Valley ;
- La troisième sera celle des énergies renouvelables et il ne faut pas que l’Europe la manque comme les deux premières !!! »

Lors des questions, lorsqu’on lui demande 3 conseils pour réussir la transition énergétique, le Ministre répond :
- 1) une stabilité des prix des Enr sur 10-15 ans ;
- 2) un calendrier de développement des Enr pour les 30 ans à venir à respecter ;
- 3) prévoir un arrêt des subventions à une date définie afin que les entreprises puissent anticiper.
Et le Ministre d’ajouter un 4ème conseil : « Ne pas faire la transition tout seul sans tenir compte de ses partenaires européens  ».

Plus d’infos sur le site du Ministère. Texte de la coopération franco-allemande sur la transition énergétique et les énergies renouvelables.

[1] Energies renouvelables

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