L’UNAF a participé au 4e Forum Européen sur la démographie

13/05/2013

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Un nouveau Forum sur la Démographie a été organisé les 6 et 7 mai à Bruxelles par la Commission Européenne. De nombreux acteurs politiques, associatifs, scientifiques, étaient invités à contribuer à la réflexion et ouvrir des pistes d’action pour faire face au déclin démographique de l’Union. L’UNAF, qui avait déjà approfondi ce sujet en 2008 (+ lire) et produit des contributions (avec notamment un document adopté par son conseil d’administration) était représentée par Marie de Blic, administratrice.

Comment renforcer la participation des personnes à la société et au marché du travail ? Appeler les États à « préparer » la population à faire face aux risques de la vie, plutôt que simplement « réparer » les conséquences ? Recentrer les politiques et atteindre les objectifs de la stratégie 2020 en matière d’éducation, emploi et pauvreté ? Tels étaient les thèmes de ces deux journées.

Il a été bien sûr été question du Paquet investissements sociaux présenté le 20 février dernier par la Commission européenne. Ce paquet prévoit un cadre de réformes des politiques visant à "rendre la protection sociale plus adaptée et plus durable, à investir dans les compétences et les capacités des personnes et à soutenir ces dernières dans les moments difficiles de leur vie".
Nombre des recommandations dans ce paquet ont un lien avec la démographie, incitant à plus de formations, de services de soins aux enfants et personnes âgées, à l’intégration des migrants, mais aussi à augmenter le taux d’emploi féminin, à supprimer les barrières qui empêchent de travailler plus longtemps, et à lier l’âge de la retraite à l’espérance de vie, mais aussi à créer des guichets uniques pour les systèmes sociaux qui se sont complexifiés avec le temps, alourdissant ainsi le travail des fonctionnaires et augmentant les délais d’aide

En quatre ateliers et deux débats d’orientation, visibles en vidéo sur Internet (interprétation en français disponible), les participants au Forum ont abordé :

1. Régions en déclin démographique et économique rapide.
2. Investir dans l’avenir démographique de l’Europe.
3. Investir dans le potentiel des jeunes adultes.
4. Améliorer l’équilibre entre travail et vie familiale, vie privée.
5. Permettre aux gens d’être actifs plus longtemps.
6. Conditions du succès pour l’inclusion des migrants de la deuxième génération.

120 millions de retraités soit le quart de la population de l’Union européenne est retraitée (chiffres Eurostat) et le paiement des retraites constitue une part importante des dépenses publiques. La crise économique est là. Il faut réagir rapidement.

Voici pêle-mêle des constats et des pistes proposées :

Le travail est aussi une aspiration sociale (pas une sanction !), mais il n’accroît pas forcément le bonheur (s’il est tourné vers le consumérisme), Il est nécessaire de :
- réfléchir au sens du travail ;
- repenser le modèle de l’emploi, qui n’est plus adapté aujourd’hui (cf nombre excessif d’arrêts de travail, d’heures supplémentaires etc…) ;
- lutter contre le désengagement progressif des salariés approchant de l’âge théorique de leur retraite ;
Réfléchir aussi à d’autres paramètres importants tels que :
- l’emploi (qui n’est pas toute la vie) mais qui se caractérise par une succession de périodes ;
- l’attitude sur le lieu de travail,
- la gestion de l’entreprise,
- l’entente entre collègues...

Avec l’âge, les capacités diminuent et d’autres augmentent ; mais il n’y a pas de relation simple entre productivité et âge ; idée de promouvoir les équipes d’âge mixte dans le milieu professionnel ; être vigilant sur les dispositifs d’apprentissage tout au long de la vie, qui touchent souvent davantage les personnes déjà formées, et en faire bénéficier les personnes même au-delà de l’âge de la retraite ;

Les femmes acquièrent des compétences en devenant mères et en s’occupant de leurs enfants, compétences qui devraient pouvoir être valorisées à leur retour sur le marché du travail (les syndicats islandais ont travaillé sur ce sujet il y a quelques années) ; Il faut peut-être accepter ce rétrécissement de la population (impact aussi en fermetures d’écoles, destruction de logements dans des villages désertés et se détériorant, migration des professionnels de santé vers les villes, terres fertiles non cultivées…), et coopérer davantage : ex. partage de voitures dans les petits villages, accessibilité numérique notamment, partager sur les bonnes pratiques pour garder les jeunes au pays (ex : investir dans des infrastructures agricoles dans une région agricole, Bulgarie…), être solidaire des familles de l’est de l’Union qui voient partir la maman ou le papa vers la France, pour occuper un emploi de soin ou de travaux publics en laissant les enfants aux grands-parents pour des mois, voire définitivement ?

La baisse démographique et l’immigration (vue d’un côté, l’émigration vue de l’autre) crée des déséquilibres : baisse du PIB et parfois augmentation des besoins sociaux pour les enfants restés dans le pays d’origine, difficultés d’intégration dans le pays d’accueil… Il est urgent aussi d’aider les personnes exerçant la tutelle sur les enfants abandonnés au pays, créer des service de « soins sociaux » dans les hôpitaux des pays concernés, et envisager des appuis financiers à la création d’entreprise locale.

On notera qu’aucun représentant du monde des employeurs ne participait à ce Forum.

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