L’UNAF revient sur la Conférence environnementale 2013 : une conférence plus énergétique qu’environnementale !

30/09/2013

Affiche de la Conférence

Suite à notre édition de la semaine dernière, l’UNAF, qui a participé à la seconde conférence environnementale les 20 et 21 septembre derniers, revient sur cet événement et sur le déroulement de ses travaux. Rappelons que la conférence, organisée par le Gouvernement, a rassemblé au CESE 14 ministres et plus de 500 personnes place d’Iéna à Paris. Cinq tables rondes se sont tenues : économie circulaire ; emplois et transition écologique ; politique de l’eau ; biodiversité marine, mer et océans ; éducation à l’environnement et au développement durable (EEDD). L’UNAF, représentée par 4 administrateurs, a pu participer à 4 des 5 tables rondes.

Pour le Président de la République qui a introduit la Conférence, la « transition écologique est une chance pour notre pays et même une obligation » et le Gouvernement a l’ambition de faire de la France le « pays de l’excellence environnementale ». Pour lui, la « transition énergétique est une décision stratégique » qui doit répondre aux défis de l’épuisement des énergies fossiles, au réchauffement climatique, au partage des richesses et donc au maintien de la paix dans le monde.

Mais après cette introduction très généraliste, les propositions du Chef de l’ État se sont concentrées sur les aspects énergétiques uniquement :
- engager une rénovation thermique massive des bâtiments (500.000 logements rénovés par an ; prime de 1.350 euros ; TVA à 5% pour tous les travaux en 2014) ;
- créer 2.000 emplois d’avenir consacrés au conseil des ménages en matière de rénovation thermique ;
- réduire les besoins de mobilité en limitant l’étalement urbain ;
- rénover le réseau ferroviaire (particulièrement en Ile-de-France) ;
- développer les énergies renouvelables et réduire la part du nucléaire (-50% d’ici 2025).
Le CESE sera d’ailleurs saisi sur la trajectoire à suivre et sur les conséquences de cette transition.

En ce qui concerne la fiscalité écologique, l’assiette carbone sera retenue dès la Loi de finances 2014 et sera calculée en fonction de la teneur en carbone des carburants (essence, diesel, gaz naturel, charbon, fuels). Son effet devrait être nul en 2014 mais cette Contribution Climat Énergie (CCE) devrait ensuite monter en puissance pour rapporter 2,5 milliards d’euros en 2015 et 4 milliards en 2016 dont un milliard redistribué aux ménages les plus modestes.

Le Président a conclu en soulignant qu’il fallait repenser tous nos modèles de consommation, de production, de croissance et qu’il fallait « changer de société », être capable de voir plus loin pour le bénéfice des générations futures.

C’est avec cette même image que le Premier Ministre a démarré son discours le samedi après-midi : « La majorité des Français veut un cadre de vie de qualité et un environnement protégé à léguer à ses enfants. » Mais il s’est lui aussi beaucoup étendu sur la transition énergétique (CCE, rénovation de l’habitat, développement des énergies renouvelables financé en partie par les gains de l’énergie nucléaire !) et n’a abordé qu’à la marge les autres tables rondes :
- Création de l’Agence Française de la Biodiversité (sur le modèle de l’Adème) pour améliorer la connaissance des espèces et des milieux et mieux les protéger ;
- Simplifier et rendre plus efficace le Code de l’environnement afin que le préjudice écologique puisse être reconnu ;
- Assurer un bon état des masses d’eau (élimination des algues vertes, augmentation de TVA sur les phytosanitaires, 1.000 captages d’eau protégés, maitrise de la consommation par les ménages) ;
- Améliorer le tri des déchets au niveau des ménages et favoriser l’éco-conception.

Par contre, pas un mot sur l’Éducation à l’Environnement et au Développement Durable (EEDD) alors que l’éducation semble être l’élément déterminant et préventif de bien des enjeux soulignés !

En conclusion, le Premier Ministre a souligné que « La transition de notre modèle de développement n’est pas un horizon théorique. C’est une série de choix permanents que nous devons faire chaque jour et qui engagent, dès à présent, tous nos comportements. C’est un défi pour notre jeunesse, pour la former, pour la sensibiliser, la responsabiliser. Le chantier de la refondation de l’école, mais aussi la mobilisation du tissu associatif, y joueront un rôle décisif. »

Au total, une transition qui veut ménager le pouvoir d’achat des familles (grâce à la baisse de la TVA sur la rénovation thermique et au crédit d’impôt développement durable) au moment où « Plus de sept Français sur dix (72%) sont opposés à un relèvement des taxes sur le diesel (sondage BVA pour i-télé) ».

Revivez les moments forts de la conférence.


Image : Affiche de la Conférence
Haut de page