Etude qualitative n°8

Partage obligatoire du congé parental : point de vue des pères et des mères

18/10/2013

Couverture de l’étude

Éditorial par François Fondard,
Président de l’UNAF

Une étude inédite…

Alors que les parents peuvent d’ores et déjà partager le congé parental d’éducation, seul 3% des pères en touchent l’indemnité. Si de nombreuses études existent sur le vécu de ces pères particulièrement impliqués dans l’éducation de leurs jeunes enfants, il n’existe pas d’étude approfondie pour comprendre pourquoi les autres pères n’ont pas souhaité prendre ce congé, à temps plein ou à temps partiel. L’UNAF a souhaité donner la parole aux parents concernés par le congé parental par le biais d’une étude qualitative confiée à l’institut IPSOS afin d’analyser en profondeur leurs représentations et leurs attentes.

Des pères davantage motivés par un congé parental après 2 ans…

Le congé parental est décrit par les pères comme un temps d’abord maternel, il est bien souvent vécu et ressenti, par les pères comme un prolongement de la grossesse, du congé maternité lui-même, pour des raisons biologiques (permettre à la mère de récupérer après l’accouchement), physiologiques (allaitement), psychologiques (fusion mère/enfant).
Pour eux, la présence paternelle trouve néanmoins toute sa pertinence plus tard, c’est-à-dire plus au moment de l’enfance que de la naissance à proprement parlé. C’est pourquoi, les pères interrogés s’imaginent davantage en congé parental d’éducation lorsque leur enfant à deux ans et plus.

… mais freinés par les risques professionnels, financiers encourus

Même si l’idée de prendre un congé parental a pu effleurer certains pères, la crainte du chômage, de perdre leur place chèrement acquise dans l’entreprise, le regard de leur entourage … sont autant de freins qui les ont finalement, la plupart du temps, dissuadés. La méconnaissance des droits, la faible indemnisation renforcent la frilosité des pères.

Pour les pères : l’importance du libre arbitre

Autre enseignement de l’étude, le projet visant à obliger le partage entre les parents achoppe directement sur la conception de la paternité et les contraintes du monde du travail. En effet, la réforme envisagée est vécue comme une paternité d’obligation, là où les pères se vivent plutôt dans une paternité d’intention. Ils ne désirent pas se voir forcer la main. Les pères interrogés plébisciteraient les formules à temps partiel, mieux indemnisées, qui pourraient être prises en même temps que la mère, et surtout une révolution des pratiques dans l’entreprise pour qu’enfin la parentalité soit prise en compte et la conciliation famille/travail renforcée.

L’UNAF veut faire entendre ce point de vue des pères au moment où une réforme du congé parental vise à les obliger à partager ce congé avec les mères. L’étude a permis d’imaginer avec eux comment lever leurs freins à la prise d’un congé parental et leur permettre d’avoir un véritable choix, sans perte de droits pour les familles.

— -


Image : Couverture de l’étude
Etude qualitative n°8
PDF - 703.3 ko


Haut de page