L’UNAF a participé au colloque scientifique « Matériaux au contact des aliments » : Devant le constat que « tout migre », il devient impératif de construire une vision complète et compréhensible des matériaux au contact des aliments, tout le long de leur cycle de vie

25/11/2013

L’UNAF, représentée par Simone Sitbon, chargée de mission au pôle "Habitat - Cadre de vie - Environnement" a participé au colloque scientifique « Matériaux au contact des aliments » du 14 novembre 2013 à Bercy.

Cette rencontre était organisée sous l’égide du Ministère de l’Économie et des Finances avec la participation du Service commun des laboratoires (SCL) issu de la fusion des laboratoires de la DGCCRF et de la Direction générale des douanes et droits indirects.

C’est devant une salle comble composée de 160 participants, professionnels, représentants d’organismes publics et d’associations de consommateurs que des scientifiques ont présenté l’état de leur expertise en matière de matériaux au contact des aliments. Le bisphénol A, perturbateur endocrinien, était dans toutes les esprits, ainsi que la loi qui a suspendu la mise sur le marché de « tout conditionnement ou ustensile alimentaire en contenant, en priorité pour les nourrissons et les enfants en bas âge ».

La petite phrase sur « il n’y a pas de risque zéro », « tout migre », a fait l’objet de remous dans la salle. La connaissance que l’on a de la dangerosité des matériaux d’emballages en est à ses débuts. Ce sont les structures chimiques des contaminants, une à une, qui sont étudiées expérimentalement et complétées par modélisation moléculaire. Certaines expérimentations montent parfois jusqu’à l’étude de trois structures. Et ensuite, c’est par extrapolation que les propriétés trouvées sont appliquées à une famille de matériaux. Or, aujourd’hui, les emballages peuvent être conçus en multicouches, multi-matériaux. Ils sont encrés, colorés, vernis, contiennent des adhésifs et silicones, des caoutchoucs, des métaux...

Quant au couple Emballage Produit, les choses se complexifient, car la production, le conditionnement, le stockage et la distribution ne se font pratiquement plus sur un même territoire, posant la problématique de la sûreté des matières premières employées, papiers-cartons, plastiques, … et par la composition des produits importés hors CE avec la présence de substances inconnues et non évaluées. La tendance scientifique est d’aller vers un modèle d’exposition des risques du consommateur via l’ingestion. Notons l’apparition d’une nouvelle génération d’emballages dits intelligents (indicateur de fraîcheur, …) ou actifs (absorbeur d’humidité ou d’éthylène, …) qui viennent renchérir les difficultés d’évaluation du risque sanitaire. Les emballages sont omniprésents tout le long de la vie des produits alimentaires et, en ce sens, leur nocivité devient une préoccupation émergente pour nos concitoyens qu’il convient de mieux prendre en compte.

Comment appréhender scientifiquement le risque santé de ces matériaux, quelles sont les techniques d’évaluation et de contrôles analytiques disponibles ? Quelles sont les réglementations en vigueur au niveau européen et national ? Sont-elles satisfaisantes au regard de la protection des consommateurs et de l’application du principe de précaution ?
Si les intervenants se sont montrés rassurants sur l’innocuité générale des emballages présents sur le marché, ils ont reconnus ne savoir eux-mêmes que trop peu de choses. Ils souhaitent pouvoir construire une vision globale, complète et compréhensible des matériaux au contact des aliments, tout le long de leur cycle de vie, afin de mieux éclairer les pouvoirs publics pour la maîtrise des risques.

Ils ont demandé que des moyens supplémentaires leur soient alloués pour « sortir du conservatisme des approches », mieux travailler transversalement entre experts de différentes spécialités et pays et pouvoir approfondir la notion de barrière migratoire, clé de la sécurité de notre « alimentation emballée ».

Site organisateur du Colloque scientifique @ : ssitbon@unaf.fr

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