L’UNAF auditionnée par la mission d’information de l’Assemblée Nationale sur les relations entre l’école et les parents

09/12/2013

Salle de classe

L’UNAF, représentée par Rémy Guilleux, Vice-Président et Président du département « Education-jeunesse », accompagnée de Patricia Humann, coordonnatrice du pôle "Education-Petite enfance-Handicap" et de Claire Ménard, chargée des relations parlementaires, a été reçue en audition par les députés Xavier Breton et Valérie Corre respectivement Président et Rapporteure de la mission d’information sur les relations entre l’école et les parents. La Rapporteure a précisé en préalable que la mission venait de débuter ces auditions : l’audition de l’APPEL précédait celle de l’UNAF.
La mission d’information rendra son rapport avant l’été 2014.
Elle a souhaité entendre l’UNAF sur sa vision des relations entre les parents et l’école.

Rémy Guilleux a remercié les députés de cette invitation en excusant le Président Fondard et a souligné que l’UNAF était sensible à ce que le point de vue des familles soit présent dans ce débat en complémentarité du point de vue des parents d’élèves.

Il a ensuite articulé son intervention en trois parties en posant trois préalables, puis en décrivant une certaine réalité des relations parents-école et enfin en expliquant les préconisations de l’UNAF sur ce dossier.

Rémy Guilleux a rappelé en premier lieu que l’UNAF était entourée de 100 UDAF et marquée par une grande diversité d’associations familiales. L’UDAF est un lieu d’observation et d’actions au service des familles avec une forte implication dans les territoires.
Sur ce dossier des relations parents-école, l’action de l’UNAF et des UDAF est mise en œuvre en complémentarité avec les associations de parents d’élèves.

Pour l’UNAF, il est intéressant de considérer plus largement les relations familles-école dans lesquelles s’insèrent les relations parents-école.

► Cet angle de vue nécessite de poser trois préalables.

1/ Une approche de la relation parents-école élargie à la relation familles-école
- La relation familles-école est large puisqu’en premier, les frères et sœurs qui entourent l’enfant peuvent jouer un rôle dans cette relation : ils peuvent intervenir en appui ou en décodeur du langage de l’école et de ce qui est vécu dans la relation avec l’école auprès de leurs parents.
- Le rôle des grands-parents est également à souligner surtout lorsque l’on sait que bon nombre de couples de parents sont biactifs et que 80 % des femmes avec enfants sont en activité professionnelle. Les grands-parents peuvent donc intervenir dans la relation avec l’école. Bien souvent c’est une relation plus apaisée qu’il est important de prendre en compte.
- Dans les familles recomposées enfin, le rôle du beau-parent doit également être pris en compte dans cette relation avec l’école.

2/ Un deuxième préalable que pose l’UNAF, celui de prendre en compte l’enfant dans sa globalité. Il faut sortir d’une simple vision de l’école dans une relation d’usager avec des résultats scolaires. Une approche globale est nécessaire pour associer un cercle élargi d’acteurs même si pour l’UNAF, les parents restent et demeurent les premiers éducateurs de leurs enfants.

3/ Enfin, troisième préalable, dans cette relation familles-école, il convient d’appréhender l’école ancrée sur son territoire : c’est donc bien une vision de l’école au cœur de la vie des territoires avec tous les acteurs qu’il faut valoriser.

► Une fois ces préalables posés, l’UNAF souhaite mettre en avant une certaine réalité de la relation parents-école même si cette vision ne s’impose pas partout de manière uniforme.

• Premier constat, les enseignants peuvent se sentir remis en cause dans leur professionnalisme et les parents, pour leur part, peuvent être remis en cause dans leur responsabilité de parents. Dès lors, cela crée des relations difficiles et pas très apaisées avec des craintes du côté des enseignants d’être "envahis" par les parents et pour les parents le sentiment d’être éloignés des codes de l’école. Les deux camps sont donc peu assurés de leur légitimité : c’est la crainte et la défiance, qui agissent.

• Pour l’UNAF, il est essentiel de sortir de cette spirale en créant de la confiance. Il est nécessaire de redéfinir les termes d’une alliance concrète et confiante pour une sérénité retrouvée.
Cela pourrait passer tout d’abord par une même définition des promesses de l’école. Il s’agit à ce stade, de se redire pourquoi et à quoi sert l’école, les points sur lesquels on doit résister et les points à développer. Sur ces derniers, pour l’UNAF, il est essentiel de remettre l’enfant au cœur en valorisant ses atouts, en développant chez lui une certaine estime de soi, avoir confiance, développer du discernement et un esprit critique.
Il s’agit de permettre à l’enfant de développer une hygiène de vie pour entrer dans sa vie d’adulte. Avec cette approche, cela dépasse la querelle autour des programmes et c’est sur ces approches que l’on peut réunir parents et enseignants. C’est la complémentarité de l’école et de la maison qui doit être mieux appréhendée dans la méthode éducative.

• 2e axe important pour l’UNAF : les enseignants et les parents doivent réapprendre à s’écouter. Au final, aujourd’hui, les deux se croisent, se méfient et communiquent peu. On le voit nettement dans les conseils des écoles où les parents présents sont ceux qui comprennent les codes de l’école. Les autres parents sont absents et viennent au mieux pour des pseudos rencontres.

• 3e axe de constat ou de piste à investiguer : la maison est un lieu où les savoirs prennent du sens avec une ouverture sur le monde sans s’enfermer dans des contenus théoriques. Il est donc essentiel que les parents s’intéressent aux activités de l’école.

► Quelles sont maintenant les préconisations que l’UNAF souhaite voir mises en œuvre face à cette réalité ?

Rendre obligatoire des temps de rencontre entre familles-école. Pourquoi ne pas prévoir un tel temps d’échanges au moment de l’inscription et dépasser les simples modalités administratives pour permettre une rencontre avec le maître des écoles ou le professeur principal avec les parents et l’enfant pour une première prise de contact avec l’établissement et un premier échange ?

Instaurer des entretiens obligatoires. On convoque bien souvent les parents lorsque les choses ne vont pas. Il est essentiel de faire le point non seulement sur les résultats scolaires mais aussi sur les comportements de l’enfant, dans ses relations aux autres et dans son adaptation à son environnement. Cela pourrait être aussi le moment d’informer l’enseignant des derniers changements intervenus dans la famille. Cela serait aussi le moyen de calmer certaines démarches intempestives des parents.
Cela peut apparaître comme du temps à consacrer mais cela représente du temps efficace. Les enseignants sont souvent stressés par le fait de devoir finir le programme, ce qui ne laisse pas de temps pour d’autres choses. Pour autant, beaucoup de choses se jouent pour l’enfant au moment du primaire et mérite que l’on réfléchisse à prendre du temps.

L’UNAF est attachée à ce que dans l’école, existe un lieu pour les parents. Il ne s’agit pas de laisser croire que les parents seront interventionnistes mais ce lieu pourrait être un moyen pour les parents d’échanger entre eux sur leurs préoccupations ou leur vécu : par exemple face à leurs adolescents quelles réponses apporter ?
La Rapporteure a rappelé que la récente loi de Refondation de l’école a crée ces lieux et qu’il reste maintenant à les faire vivre et à leur donner du sens.
Ces pistes visent à créer des rituels visibles pour associer peu à peu enseignants et parents et permettre la création d’un noyau dur d’une culture commune de l’école. Rémy Guilleux a ajouté sur ce point l’aide que pouvait représenter, pour y parvenir, le numérique et les technologies de l’information et de la communication. Même si des précautions sont à prendre dans leur développement, les TIC ont un potentiel important pour créer du lien par exemple en développant un site des partenaires de l’école. La question reste encore pour certains la question de l’accès faute de moyens informatiques.

Enfin l’accompagnement de l’enfant est important notamment s’agissant du soutien scolaire. Pour l’UNAF, le soutien à la parentalité est essentiel et les lieux comme les REAAP doivent intégrer pleinement les questions de la relation avec l’école notamment au travers de groupes de parole ou d’accompagnement.

En conclusion, Rémy Guilleux a souligné la nécessité, pour l’école, d’être plus ouverte sur son milieu et sur son environnement. Quand l’école est ouverte, qu’elle implique, et qu’elle accueille, c’est un atout pour les relations humaines et l’enfant en profite largement.

L’ouverture de l’école ne signifie pas développer des projets en dehors de l’école mais permettre aux acteurs du territoire d’être accueillis à l’école. L’ouverture est à voir comme un parcours pour l’enfant.

L’ouverture de l’école : c’est aussi imaginer la place qui peut être donnée aux familles, au monde associatif, au monde économique dans l’école. Cela implique aussi de se pencher sur les fonctions des directeurs d’école. Sur ce point, Rémy Guilleux a rappelé la triple fonction du directeur d’école :
- il incarne l’école et son projet pédagogique,
- il fait le lien institutionnel avec l’Éducation nationale
- il incarne la relation avec l’extérieur en créant le lien avec les acteurs locaux. Si les repaires nationaux sont importants, une certaine souplesse doit être laissée pour développer une capacité à imaginer localement.

Note préparatoire à l’audition.

@ : phumann@unaf.fr


Image : Salle de classe

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