L’UNAF approuve la publication d’un nouveau décret autorisant une expérimentation qui permet aux parents de choisir en dernier recours, l’orientation de leur enfant en fin de 3e

13/01/2014

Illustration : élève hésitant entre plusieurs chemins

Les parents d’élèves de 117 collèges "expérimentaux" pourront choisir en dernier recours l’orientation de leur(s) enfant(s) en fin de 3e à partir de cette année scolaire, selon un décret paru le 9 janvier dernier au Journal officiel. L’UNAF se félicite de ce décret car l’orientation subie est souvent cause de mal-être, d’échec scolaire, d’absentéisme scolaire (cf. étude qualitative de l’UNAF sur "L’absentéisme scolaire : point de vue des jeunes "absentéistes" et de leurs parents"), voir de décrochage (cf étude qualitative de l’UNAF sur "L’orientation scolaire vécue par les jeunes et leurs parents").

Cette expérimentation, qui concerne des établissements répartis sur 12 académies, est prévue pour trois ans. En fin de 3e, les élèves doivent faire le choix déterminant de s’engager dans une filière générale ou un cursus professionnel. Habituellement, dans les collèges, le chef d’établissement, sur avis du conseil de classe, soumet en fin d’année de 3e, une proposition d’orientation aux parents. En cas de désaccord, les parents d’élèves peuvent alors recourir à une commission d’appel chargée de statuer en dernier lieu.

Le chercheur Georges Fotinos a évalué à 60 000 familles le nombre de familles qui font appel pour une décision d’orientation (redoublement ou filière) sachant que dans 70% des cas elles n’obtiennent pas ce qu’elles souhaitaient. Ce chiffre est faible au regard des 3 millions d’élèves scolarisés, comme l’analyse Georges Fotinos mais la procédure est très pénible pour les parents, comme pour les enseignants (cf Réalités familiales Famille - école p.39).

Cependant, cette décision ne règle pas les problèmes d’affectation qui eux dépendent du nombre de places dans la filière demandée, et donc de l’adéquation de l’offre et de la demande de formation. L’orientation subie est souvent due au fait que le jeune a été orienté dans une autre filière professionnelle que celle demandée par manque de places. Ainsi, si 4 jeunes sur 10 déclarent une orientation subie (cf enquête jeunes 2002 dans Études et formation n°72 (septembre 2005), dans 30 % des cas ils n’ont pas eu la filière professionnelle souhaitée.

Il est précisé, dans cette enquête (p. 79) : "Un autre phénomène peut peser sur le déroulement de l’orientation. Il s’agit de l’offre scolaire. Le jeune ne dispose pas toujours près de chez lui d’un établissement dispensant la spécialité ou la section voulue. Ce déséquilibre entre la demande et l’offre apparaît souvent au niveau des spécialités les plus pointues ou les plus recherchées de l’enseignement professionnel ou technologique. Il est bien évidemment plus fréquent en milieu rural que dans les grandes villes. Un jeune sur quatre déclare qu’il était difficile de trouver près de chez lui un établissement scolaire dispensant la formation recherchée".

@ : phumann@unaf.fr


Image : Illustration : élève hésitant entre plusieurs chemins
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