Baisse des cotisations et plan d’économies : ne pas pénaliser la politique familiale, déjà durement frappée !

22/04/2014

Pièces d’euros

Le Premier ministre a communiqué le 16 avril dernier le « détail du plan d’économies » destiné à « permettre la mise en œuvre du pacte de responsabilité et de solidarité » et à « tenir nos engagements en matière de réduction de nos déficits publics ».

Dès cette année 2014, les efforts demandés aux familles sont considérables.

- 1,1 Md€ au titre de la deuxième baisse du plafond du quotient familial, qui s’ajoutent aux 490 millions d’euros annuels issus de la première baisse du plafond, décidée fin 2012.
- 400 M€ de gel et de baisses de certaines prestations familiales. Leurs effets se cumuleront les années suivantes, et leur montée en charge sera progressive. En particulier, le gel jusqu’en 2020 de l’Allocation de base de la Prestation d’accueil du jeune enfant (PAJE) représentera une économie de 1,6 milliards d’euros exclusivement au détriment de jeunes familles.
- 1 Md€ du fait de la fiscalisation des majorations de pensions pour renflouer la branche vieillesse.
- L’augmentation de la TVA (taxe qui pèse lourdement sur les familles) pour compenser le coût du CICE. Cette augmentation représente plusieurs centaines de millions d’euros pesant spécifiquement sur les familles.

Au total, ces efforts représentent au moins 2 milliards annuels pour les familles.

Il était prévu un geste, en faveur des familles les moins favorisées, par la revalorisation du complément familial et de l’allocation de soutien familial (110 millions en 2014).

Lors de son premier entretien avec la secrétaire d’Etat à la famille, l’UNAF avait appelé les efforts considérables déjà supportés par les familles dans le cadre des mesures décidées l’an dernier pour réduire le déficit des comptes publics et regrettait leur impact ciblé sur les familles ayant de jeunes enfants.

Moins d’une semaine après s’être engagé à ne pas affecter davantage le fonctionnement de la politique familiale, le Gouvernement annonce que viendraient s’ajouter à ce total annuel, pour les années 2015 à 2017 des mesures affectant directement les familles élevant des enfants :

- un gel de plus d’un an de toutes les prestations familiales et logement, qui, couplée avec un gel des prestations invalidité, représentera 700 millions d’euros ;
- le report pour la même durée des quelques mesures prévues pour les familles les plus défavorisées au titre du plan pauvreté : les 110 millions prévus sur 2014 ne seraient donc en définitive pas versés ;
- et 800 millions d’économies supplémentaires demandées aux familles, non encore précisées, tant dans leur rythme, que leur pérennité ou leur orientation.

C’est un effort annuel supplémentaire qui dépasserait le milliard d’euros, et serait à nouveau ciblé sur les familles avec enfants. Il s’ajouterait aux plus de deux milliards annuels qui leur sont retirés.

A l’occasion de sa rencontre annuelle des présidents des UDAF et des URAF les 26 et 27 avril, l’UNAF exprimera ses positions sur ces plans d’économie successifs qui affectent durement les familles.


Image : Pièces d’euros - Mammal - CC- Flickr
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