Conseil économique, social et environnemental

"L’Union Européenne à la croisée des chemins" et "l’adaptation de la France au changement climatique mondial"

19/05/2014

Logo du CESE

Deux sujets figuraient à l’ordre du jour de la dernière séance du Conseil Économique, Social et Environnemental les 13 et 14 mai 2014 : - "L’Union Européenne à la croisée des chemins", rapporteur Christophe Quarez au nom de la Section des affaires européennes et internationales, présentation de l’avis suivie d’un débat d’actualité sur un projet de résolution « Pour une Europe ultramarine » au nom de la délégation à l’Outre-mer,
- "l’adaptation de la France au changement climatique mondial", rapporteurs Jean Jouzel et Antoine Bonduelle au nom de la Section de l’environnement.

DECLARATION ECRITE DU GROUPE DE L’UNAF (annexée au Journal Officiel)

"L’Union Européenne à la croisée des chemins"

L’Europe sera sous les feux de l’actualité avec l’élection des députés au Parlement européen mais malgré cela nos concitoyens s’interrogent sur son efficience. Les eurosceptiques sont nombreux, comme si les Européens étaient déçus et blasés. Les politiques de toutes appartenances en ont la responsabilité. Les médias s’en font trop souvent le relais. Les divergences des opinions au sein des partis rendent incompréhensible les atouts de l’Europe au service des européens.

L’Europe, comme l’avis le rappelle en introduction, a été faite pour construire la paix : une paix durable entre les peuples. La déclaration de Robert Schumann le 9 mai 1950, nous en rappelle l’essentiel. Les Serbes et les Kosovars suite à l’accord du 19 avril 2013 en sont encore les témoins actuels de l’essence de l’Europe construite pour la paix. L’avis veut redonner un nouvel élan à l’Union européenne. Le Groupe de l’UNAF est favorable à cette ambition mais rappelle que des avancées réelles sont déjà à mettre à l’actif de l’Union. A soixante-quatre ans, l’Europe est encore bien jeune et a tout l’avenir devant elle. « Des réformes sont nécessaires dans la gouvernance de l’Europe. Nul ne le conteste ! Mais rien qui ne saurait justifier un rejet global. Non ! Il ne faut pas tout changer ! », comme le précise le Président de la Fondation Schumann.

Le Groupe de l’UNAF tient à souligner que si le Traité de Maastricht a permis des premières avancées en matière sociale et plus spécifiquement dans le champ du dialogue social, la dimension familiale de la politique sociale européenne n’est nullement prise en compte. C’est sans doute une des raisons pour laquelle les familles ne s’y retrouvent pas économiquement. Il a fallu attendre 1945 pour que la France se dote d’une représentation et d’une politique familiales. Il serait bon qu’il en soit de même au niveau européen. Comme le prône l’avis, le rapprochement de l’UE avec ses citoyens passe par la reconnaissance du rôle des organisations de la société civile : le rôle d’une représentation familiale européenne doit donc être clairement organisé au même titre que celui des confédérations européennes des syndicats et des consommateurs.

L’avenir de l’Europe c’est aussi sa jeunesse et le Groupe de l’UNAF partage l’avis sur l’importance d’une plus grande mobilité des étudiants, des apprentis et des actions de formation. Des initiatives devraient être encouragées aux cours des années de collège pour que les enfants d’aujourd’hui voient l’Europe comme une chance et non comme un désenchantement.

Le Groupe de l’UNAF a voté l’avis.

L’adaptation de la France au changement climatique mondial

L’avis fait un point d’étape sur la situation de l’adaptation de la France au changement climatique : cet état des lieux est précis, sans catastrophisme et invite ainsi chaque acteur - à son propre niveau - à s’inscrire dans une action collective pour construire les prochaines étapes. Pour ce faire, l’avis propose quelques pistes pour accélérer l’organisation de notre société face au double péril : celui du réchauffement climatique mais aussi celui de l’inaction ou de la passivité.

L’avis s’inscrit délibérément dans la voie de l’adaptation sans nier la voie de l’atténuation. En effet, le climat dessine tout. Lorsqu’il évolue, il faut tout réinventer : l’habitat, les moyens de transport, les modes de culture autant de domaines, qui impactent le quotidien des familles et encore plus durement les familles vulnérables ou les plus précaires. Pour autant, l’adaptation au changement climatique ne passera pas seulement par les améliorations apportées par les technologies et il importe de guider, d’orienter l’action sur la demande. En effet, l’amélioration de l’efficacité énergétique et les changements de comportements sont essentiels pour diminuer les émissions de gaz à effet de serre : les comportements, les styles de vie et les cultures ont une influence sur l’utilisation de l’énergie. Les émissions peuvent baisser de façon importante en changeant les modes de production et de consommation. Il en va ainsi de la demande de mobilité, de la dépense énergétique chez soi, de la demande alimentaire ou encore de la lutte contre le gaspillage alimentaire.

Le Groupe de l’UNAF note dès lors avec intérêt les pistes tracées par l’avis lorsqu’il est fait mention de la nécessité d’associer tous nos concitoyens. Pour ce faire, il faut que chacun puisse se représenter les conséquences des changements climatiques futurs de façon concrète, pour sa famille, sa profession, son environnement. Pour pousser plus loin l’adaptation aux changements climatiques, il faudra de plus en plus proposer à chacun des services et des informations concrètes.

Autre point, qui retient l’attention du Groupe de l’UNAF, l’action pédagogique en direction des populations, en particulier les plus exposées sur le court et le long terme. Cette action de sensibilisation est d’autant plus importante pour les familles, qu’elle leur donne les moyens d’évaluer l’ampleur du risque grâce à une déclinaison concrète des résultats scientifiques. Cette meilleure connaissance même si elle garde une marge d’incertitude permet d’éclairer les arbitrages financiers nécessaires dans les domaines du quotidien concernant l’habitat, les moyens de transports … Cette action passe, dès l’enfance, par l’éducation familiale et l’exemplarité. Dans ce cadre, les associations familiales tout comme les associations d’éducation populaire peuvent être des vecteurs intéressants de vulgarisation des enjeux et de l’adaptation au changement climatique.

Le Groupe de l’UNAF a voté l’avis.

@ : cmenard@unaf.fr


Image : Logo du CESE
Haut de page