L’UNAF était présente au colloque « L’emploi des femmes en Europe : comment concilier vie professionnelle et vie familiale lorsqu’on assure la prise en charge de jeunes enfants et/ ou de parents âgés dépendants ? »

07/07/2014

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L’UNAF, représentée par Myriam Bobbio, Coordonnatrice du pôle "Économie - Consommation et Emploi", a assisté au Colloque « L’emploi des femmes en Europe : comment concilier vie professionnelle et vie familiale lorsqu’on assure la prise en charge de jeunes enfants et/ ou de parents âgés dépendants ? » qui a eu lieu à Nantes, le 6 juin 2014. Ce colloque présentait les premiers résultats du programme de recherche européen FLOWS axé sur les conditions favorables à la conciliation vie professionnelle et vie familiale en termes de prise en charge de la petite enfance des personnes âgées, et de formation tout au long de la vie.

Le programme de recherche européen FLOWS (Impact of local welfare system on female labour force participation and social cohesion) a identifié 3 axes permettant de favoriser la conciliation vie professionnelle et vie familiale pour les femmes :
- La prise en charge de la petite enfance,
- La prise en charge des personnes âgées,
- La formation tout au long de la vie.
11 équipes européennes ont interrogé notamment l’autonomie des acteurs politiques locaux par rapport aux politiques nationales et européennes. Une grande enquête a été menée auprès de 9 000 femmes vivant dans 11 villes européennes : Aalborg (DK), Bologna (IT), Brno (CZ), Dublin (IR), Hamburg (DE), Jyväskylä (FI), Leeds (UK), Nantes (FR), Szekesfehervar (HU), Tartu (EE) and Terrassa (SP).

AU NIVEAU FRANÇAIS, certains éléments ont été mis en avant

Sur les aidants familiaux
- La nécessité de construire des dispositifs d’accompagnement des salariés aidants afin de ne pas pénaliser leur carrière professionnelle. A ce titre, la loi d’adaptation de la société au vieillissement ne semble pas répondre à cet enjeu puisque la mesure en direction des aidants familiaux, l’aide au répit est une aide ponctuelle. Il n’y a pas de réflexion sur le retour ou le maintien dans l’emploi.
- Le rôle des professionnels de santé pour comprendre le rôle des aidants, leur vulnérabilité, leur situation et leurs limites.
- Le besoin d’identifier les compétences développées et de les reconnaitre. Il y a une différence entre les soins prodigués aux enfants et aux personnes âgées dépendantes qui sont plus techniques. La part du travail de soutien familial est faiblement indemnisée par le biais de l’APA. Dans d’autres pays (suède, cantons suisses), le travail de soins des proches est reconnu au même titre que l’aide professionnelle.
- La reconnaissance de l’utilité sociale forte des aidants familiaux pour la famille, pour la communauté, la société, le lien social, l’intégration de la société (pour lutter contre la perte de cohésion, l’individualisation), le respect de la vie, et de la dignité.

Sur la formation professionnelle La nécessité d’améliorer l’accès des femmes à la formation tout au long de la vie. Aujourd’hui, le taux d’accès à la formation continue femmes est de 30%, contre 47% pour les hommes. Les changements impliqués par la loi sur la formation professionnelle de 2014 doivent y contribuer.

Sur les politiques sociales locales Le « Mille feuilles » territorial français ne permet pas une vision transversale et coordonnée des différents champs :
- La petite enfance est gérée par commune,
- Le Conseil Général prend en charge de la dépendance,
- La formation tout au long de la vie est une compétence régionale, un service public régional de la formation doit être mis en place en 2015.

Focus sur les résultats à Nantes
- Les femmes sont attachées à leur activité professionnelle, quel que soit leur niveau d’éducation. L’alternative entre avoir un enfant et avoir un travail n’existe plus. La détermination des femmes à travailler est forte, évidente, générale, quelle que soit la quantité et la qualité des offres en matière de structures de garde. Pour les femmes en situation d’aidante familiale, toutes veulent maintenir le temps de travail qualifié de vital, d’essentiel, de primordial.
- Pour la prise en charge des personnes âgées dépendantes, 21% des nantaises ont entre 25 à 39 ans, 41% entre 40 à 54 ans et 35% de 55 à 64 ans. Cette prise en charge se fait au même moment que celle des enfants. Comme à Bologne, où l’âge au 1er enfant est de plus en plus tard (33 ans), les femmes doivent donc s’occuper en même temps des enfants et des personnes âgées. Des petites filles prennent en charge le soutien à leurs grands-parents.
- L’offre de services pour les jeunes enfants et pour les personnes âgées dépendantes est insuffisante et parfois non adaptée à leurs horaires de travail en termes de plage horaires et de flexibilité. L’offre pour les personnes âgées dépendantes est très disparate sur le territoire nantais.

Pour la prise en charge des personnes âgées dépendantes, les femmes ont souligné :
- le besoin en termes d’informations, la difficulté à connaitre toutes les ressources disponibles,
- la difficulté et la complexité à coordonner l’ensemble des services auprès de la personne âgée dépendante, le secteur social et celui médical doivent être reliés. Les guichets sont différents.
- Les ressources familiales sont cruciales pour la prise en charge. Elles proposent de créer un congé pour parent malade du type enfant malade.

AU NIVEAU EUROPEEN

Des politiques sociales pilotées à différents échelons

Les politiques sociales de prise en charge de la petite enfance, des personnes âgées dépendantes et de la formation continue sont organisées de façon très différentes suivant les pays : centralisées (England, Ireland), sur plusieurs niveaux (Italy, France, Germany), ou totalement décentralisées (Denmark). Parfois les différences sont plus importantes à l’intérieur même d’un pays qu’entre pays !

Une diminution des crédits qui met à mal les Etat-Providence
- A Bologne (Italie), les crèches étaient nombreuses, de qualité et financées par la commune. Mais les budgets ont fortement chuté remettant en cause l’existence des structures. En ce qui concerne la prise en charge la dépendance, une importante population migrante féminine est employée de manière informelle.
- Le Danemark a fait face à d’importantes coupes budgétaires qui ont contraint les structures d’accueil à diminuer les horaires d’ouverture, ce qui a obligé certaines femmes à passer à temps partiel.
- A Bruxelles, certaines femmes ont dû arrêter de travailler car il n’y avait plus de places en crèche.
- La crise a également un impact sur les conditions et la qualité des emplois proposés aux femmes. Les emplois occupés par les femmes sont souvent dans les services, précaires, à durée déterminée, à temps de travail faible, fractionné. Cette tendance est partagée au sein des villes FLOWS.

@ : mbobbio@unaf.fr


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