AFEV

L’UNAF, partenaire de la journée contre l’échec scolaire, qui sera consacrée pour son édition 2014, au thème des inégalités face à la réussite éducative

07/07/2014

Affiche "7e journée du refus de l’échec scolaire"

L’UNAF (Union nationale des associations familiales) dont la mission est la défense des intérêts matériels et moraux des familles s’associe à la Journée du refus de l’échec scolaire 2014 portant sur les « inégalités devant la réussite scolaire »

Pour la 7e année consécutive, l’Association de la Fondation Etudiante pour la Ville (AFEV) organisera le 24 septembre 2014, la Journée nationale consacrée au refus de l’échec scolaire en partenariat avec Trajectoires-Reflex et une trentaine d’organisations.

L’UNAF prendra une part active à la réalisation de cette journée. Elle participera notamment à l’enquête réalisée par Territoire Reflex qui sera menée auprès des enfants des écoles des quartiers en difficultés suivies par l’AFEV et qui sera publiée à l’occasion de cette journée. L’occasion pour l’UNAF de réaffirmer ses positions sur le sujet et d’inviter tout un chacun à participer à Paris ou en province aux conférences ou autres évènements organisés dans ce cadre.

Rappel de la position de l’UNAF

Comme le soulignait le rapport de la concertation pour la Refondation de l’école intitulé « Refondons l’école de la république » remis au Ministre Vincent Peillon en 2012 par Alain Dulot, « Les résultats scolaires restent encore trop corrélés aux milieux sociaux d’origine. La France est l’un des pays de l’OCDE où le facteur socio-économique est le plus déterminant dans la réussite des élèves. Cette prégnance du déterminisme social, plus marquée qu’ailleurs et qu’il y a dix ans, illustre l’écart croissant entre les grands principes républicains et les réalités du terrain. ».

PISA 2012 montre en effet que la performance des élèves en mathématiques varie selon le milieu socio-économique des élèves dans la plupart des pays participants, mais que la France est le pays de l’OCDE où les écarts sont les plus grands.
Concernant la compréhension de l’écrit, la France est le deuxième plus « mauvais élève ». De même, le pourcentage d’élève « résilients », c’est-à-dire réussissant malgré un milieu défavorisé, est plus faible en France qu’ailleurs en mathématiques.

Les solutions préconisées par l’UNAF (notamment lors de la « conférence sur la lutte contre la pauvreté et pour l’inclusion sociale » de 2012) ne sont pas forcément complexes à mettre en œuvre : elles consistent à prendre plus particulièrement en considération les enfants de familles les plus en difficultés et leurs parents dès la petite enfance :

- Un accès aux crèches comme mode de garde pour les enfants de familles en difficulté, ce mode de garde étant particulièrement adapté pour un développement du langage avant la maternelle. C’est pourquoi, comme l’a souligné l’UNAF, il serait nécessaire d’augmenter le nombre de places en crèche et de réformer le financement des crèches par les CAF pour améliorer notamment l’accès des familles précaires aux modes d’accueil collectifs.
- Rapprocher les parents de l’école dès la maternelle. Tous les parents devraient avoir une place dans l’école, quelle que soit leur origine sociale. Les « espaces parents » dans les écoles, créés par la loi de Refondation de l’école de juillet 2013 sont une occasion de redonner une place à toutes les familles, pour des moments conviviaux, de relations avec les enseignants, les échanges entre parents sur l’éducation. Les associations familiales peuvent être parties prenantes pour ouvrir les écoles sur leurs territoires et développer davantage le soutien aux parents dans l’éducation de leurs enfants, au sein des écoles.
- Donner plus à l’Education Prioritaire : la récente circulaire « Refondons l’école prioritaire » qui prévoit à la fois plus de maîtres que de classes, plus de travail en équipe pour les enseignants, des pédagogies plus adaptées (travail en petit groupe, pédagogie « explicite » …) semble aller dans le bon sens. On reproche cependant à l’éducation prioritaire d’avoir des classes presqu’aussi chargées qu’ailleurs, et surtout des enseignants plus jeunes et plus inexpérimentés. Enfin, un effet de seuil peut conduire à sous-doter une école peu différente des écoles de l’éducation prioritaire. Ne faudrait-il pas réfléchir à une échelle de priorité plutôt qu’à une distinction REP (réseau d’éducation prioritaire) / non REP peu nuancée ?
- Réfléchir aux conditions de mise en œuvre de la mixité sociale dans les écoles. Jean-Marie Petitclerc, expert des questions de décrochage scolaire, souhaite « la suppression des écoles en bas des tours », qui regroupent tous les élèves avec les mêmes difficultés sociales. De même le chercheur Pierre Merle dénonce la ségrégation scolaire (ethnique, socioéconomique, scolaire, …). Peu de statistiques sont publiées par la DEPP sur la question. Cette question mériterait de sortir du « non-dit » pour garantir un minimum de mixité.
- Lutter contre l’absentéisme et le décrochage scolaire et imaginer davantage de solutions pour les décrocheurs. Eric Charbonnier, expert auprès de la direction de l’éducation de l’OCDE, montre que la France a insuffisamment développé les programmes de « seconde chance ».
- Faire que tous jeunes puissent découvrir et exploiter leurs talents à l’école. Notamment réfléchir à revaloriser vraiment la formation professionnelle, c’est-à-dire cesser un double discours qui déplore, d’un côté, sa mauvaise image et de l’autre, stigmatise ceux qui font ce choix plutôt que celui de la voie générale et technologique. Cette revalorisation devra passer par une modification en profondeur du collège qui là aussi ne prépare qu’à la voie générale.

Deux liens utiles
- Présentation 2014
- Bilan 2013

@ : phumann@unaf.fr


Image : Affiche "7e journée du refus de l’échec scolaire"
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