L’UNAF rencontre le Ministre de l’Education nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche, Benoît Hamon

07/07/2014

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Le vendredi 4 juillet dernier, François Fondard, Président de l’UNAF, Rémy Guilleux, Vice président et Président du département "Education - jeunesse" et Guillemette Leneveu, Directrice générale, ont rencontré Benoît Hamon, Ministre de l’Education nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche, pour un long entretien malgré un agenda bousculé par le drame d’Albi. Marianne de Brunhoff, conseillère en charge des rythmes scolaires, de l’éducation artistique et culturelle, des relations avec les collectivités territoriales et de la carte scolaire assistait à l’entretien.

Cet entretien a été l’occasion, pour l’UNAF, de présenter :
- l’ensemble des actions menées par les UDAF en matière de soutien scolaire, de rapprochement des familles avec l’école, mais aussi la forte implication des unions dans le dispositif "Lire et faire lire" (60 UDAF engagées), lancé conjointement par l’UNAF et la Ligue de l’Enseignement et soutenu par Alexandre Jardin ;
- les dernières différentes études conduites par l’UNAF pour analyser les attentes et besoins des parents et de leurs enfants, notamment en matière d’orientation scolaire, et d’engagement. La dernière étude qualitative qu’elle a réalisée a donné la parole aux parents séparés sur la façon dont ils vivent et organisent la coéducation de leur enfant, et plus particulièrement dans leurs relations avec l’école. (lire en rappel).

Divers sujets d’actualité ont été abordés :

Relations parents/école

Le Ministre, Benoit Hamon, a fait part de son inquiétude sur le contexte anxiogène autour de l’école, sur le climat de défiance qui peut exister de la part de parents, et sur les situations de conflits. Il juge nécessaire d’arrêter de parler de l’école uniquement comme « un champ de guerre », car ce sont les enfants qui subissent ces tensions. Il faut apaiser l’école. Par ailleurs, la priorité est, selon lui, d’aller chercher les parents que les écoles ne voient pas. Il faut trouver des voies pour établir le contact avec ces parents.

L’UNAF a indiqué le rôle que le réseau des Unions et des associations familiales peut jouer en la matière. Pour l’UNAF, les parents doivent être acteurs, et ne pas être que dans une relation « d’usager » de l’école. Le rôle des associations familiales est de permettre la prise en compte, autour de l’enfant, des autres membres de la famille, et l’ensemble des problématiques familiales qui rejaillissent les unes sur les autres. C’est la raison pour laquelle l’UNAF souhaite être systématiquement associée et auditionnée en tant que représentante des familles et « association partenaire de l’école », pour qu’il soit mieux tenu compte de la dimension familiale. A cet égard, l’UNAF a demandé au Ministre que les UDAF fassent partie des CDEN et des conseils d’école, car elles sont présentes sur de nombreux sujets liés à l’éducation, pouvant avoir des répercussions sur l’école : internet, le soutien à la parentalité, l’autorité, le sommeil, la nutrition etc … A noter que certaines académies ont sollicité des UDAF et l’UNAF dans le cadre de la réforme des rythmes scolaires pour un renforcement des relations entre les UDAF et les écoles.

ABCD de l’égalité

Le Ministre a indiqué que l’égalité n’était pas l’indifférenciation. Selon lui, on ne peut faire abstraction de la crainte chez certains parents du terme « expérimentation », et de la défiance vis-à-vis des ABCD. Toutefois, il a mentionné le rapport positif de l’inspection sur les actions conduites pour aider à l’égalité et déconstruire des attitudes préjudiciables notamment aux filles, dont l’objectif doit être poursuivi.

Sur ce dispositif, l’UNAF a rappelé les positions adoptées par son Conseil d’Administration. Après étude, si elle a apprécié les outils du site Internet pour les enseignants, elle a émis des réserves sur le corpus théorique qui n’était pas suffisamment équilibré et tendait souvent à gommer la différence des sexes. Que l’on favorise une plus grande mixité dans le choix des filières (sans pour autant forcer la parité), que l’on réfléchisse à une école qui corresponde mieux aux garçons qui souvent ont plus de difficulté que les filles, que l’on favorise le plus possible le respect de l’autre, la compréhension de sa différence semble pour l’UNAF, une bonne chose. Cela passe par un combat contre toute forme de « sexisme ».

Réforme des rythmes scolaires : l’UNAF, qui avait adhéré à l’esprit de cette réforme permettant à l’école de mieux répondre au rythme d’apprentissage de l’enfant, a fait part au Ministre de ses attentes. Elle souhaite : - des temps d’accompagnement scolaire de la part des enseignants (ou d’autres éducateurs), intégrés dans les nouveaux temps périscolaires. Ces temps étaient en effet prévus par la Concertation et seraient nécessaires pour que les élèves rentrent chez eux « tout travail fait » ;
- éviter les organisations trop complexes : une organisation identique chaque jour et régulière est plus équilibrante pour les enfants ;
- Le samedi matin ne pourrait-il pas être choisi par davantage d’écoles ? ;
- alléger l’intensité du suivi des programmes, prévoir deux semaines de vacances en moins l’été ? ;
- conserver un rythme de 4 jours, sans temps d’activités périscolaires, pour les maternelles ? ;
- associer les acteurs économiques, dont dépendent les temps des parents, pour mieux préserver l’équilibre vie familiale – vie professionnelle ;
- garantir une meilleure connivence entre l’école, les acteurs associatifs et les collectivités locales afin de s’accorder sur un projet éducatif commun qui soit cohérent pour les enfants pris en charge par des adultes très différents les uns des autres (enseignants, animateurs, ATSEM …) ? ;
- inclure les enfants en situation handicap dans les nouveaux temps périscolaires ;
- ne pas faire payer la facture aux familles !

Le Ministre a indiqué que le décret de mai 2014 permettait plus de souplesse, avec par exemple possibilité de raccourcir les vacances d’été mais très peu de communes l’ont proposé.

La revalorisation du montant des bourses pour les étudiants exonérés des droits d’entrée à l’université

L’UNAF, favorable à cette mesure a rappelé qu’elle avait mené une réflexion autour des frais de scolarité, souvent élevés dans des cursus autres qu’universitaires, y compris de santé et qu’elle avait fait des propositions pour une prise en compte des capacités contributives des familles. Le Ministre a indiqué que les moyens avaient été préservés. Il s’est interrogé sur le passage à une autre étape consistant à accorder des aides directes aux étudiants contre la suppression de la demi part fiscale aux parents. Sur ce point l’UNAF a rappelé qu’elle était favorable à un système de libre choix : maintien de la demi part lorsque les parents assument encore des charges, ou aide directe si le jeune est autonome ou s’il y a rupture avec la famille.

Orientation

L’UNAF, qui participe au groupe de travail de suivi et d’évaluation sur l’expérimentation "choix de la voie d’orientation donné à la famille", a salué cette expérimentation qui permet une mobilisation plus forte du jeune et de ses parents pour décider de son avenir et qui semble favoriser davantage les relations parents-enseignants autour de ces questions.

Evaluation

L’UNAF a indiqué être d’accord avec l’idée d’une évaluation plus encourageante pour les élèves. Elle est intéressée par le concept d’évaluation par contrat de confiance qui semble donner de bons résultats. Elle trouve donc intéressante la conférence nationale organisée sur ce sujet. Le Ministre a assuré à l’UNAF qu’elle serait auditionnée par la Conférence nationale sur l’évaluation des élèves qui remettra ses recommandations fin décembre.

Décrochage

L’UNAF a confirmé son intérêt sur ce sujet qui concerne 130 à 150 000 jeunes qui sortent du système scolaire sans qualification, soit parce qu’ils décrochent, parfois avant même d’avoir 16 ans, soit parce qu’ils ont échoué aux examens (CAP, BEP, bac) et ne se représentent plus à la rentrée. Ce problème est particulièrement grave aujourd’hui car on considère que presqu’un jeune sur deux sans qualification est encore au chômage 4 ans après sa sortie du système scolaire. Pour le résoudre, il faut à la fois prévenir et trouver des solutions pour ces jeunes : les repérer, les remotiver à reprendre une formation, faire qu’ils ne décrochent pas une seconde fois et soient engagés dans un parcours de réussite.

L’UNAF souhaite faire connaître aux familles les solutions pour les élèves décrocheurs, afin qu’ils puissent reprendre le chemin de l’école ou entreprendre une formation qualifiante. Elle organise à cette fin le mardi 16 septembre une journée d’information à l’UNAF sur le thème « Quelles solutions pour les décrocheurs », à laquelle interviendra entre-autres le Ministère de l’éducation Nationale.

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