Bilan de 30 ans d’action sociale et médico-sociale et perspectives d’avenir : une chance pour le développement associatif ?

08/12/2014

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L’UNAF, représentée par Valentine de La Morinerie, chargée de mission au service de l’Institution Familiale, était présente au colloque « 30 ans de décentralisation, bilan et perspectives : quel avenir pour l’action sociale et médico-sociale », organisé par l’Observatoire national de l‘action sociale (ODAS ) à Paris le 13 novembre. Rappelons pour mémoire, que l’UNAF siège au conseil d’administration de cet organisme.

Ce bilan de trente ans de décentralisation de l’action sociale et médico-sociale réalisé spécifiquement pour ce symposium par l’ODAS, a été présenté par Jean-Louis Sanchez et Claudine Padieu, respectivement délégué général et directrice scientifique de l’ODAS. Il a été suivi d’une discussion autour de ce bilan par des universitaires et des personnalités qualifiées puis avec la salle.

Robert Lafore, enseignant chercheur à l’Institut de Sciences Politiques de Bordeaux, Maryse Lépée, présidente de l’URIOPSS Ile-de-France, Henri Noguès, économiste, professeur émérite à l’Université de Nantes, Cyprien Avenel, sociologue, adjoint au chef de la mission Analyse stratégique, Synthèses et Prospective à la DGCS étaient présents à cette table ronde. Ce bilan dressé par l’ODAS, est disponible sur son site en bas de sa page d’accueil.

Cette présentation a démontré l’importance de la compétence d’action sociale et médico-sociale exercée par les Conseils généraux, qu’aucune autre collectivité territoriale ne revendique dans le cadre des débats sur les réformes territoriales en cours. Le bilan a montré que cette action a pris beaucoup d’ampleur depuis les réformes de l’acte II de la décentralisation au début des années 2000 ; il fait également ressortir qu’elle porte surtout sur l’accueil des personnes concernées dans une relation surtout individuelle. Il a été mentionné que, dans un contexte de réduction des dépenses des collectivités locales, il est important d’innover en mêlant les différentes formes de solidarité, et qu’y renoncer sacrifierait l’avenir.

Il a été par ailleurs indiqué que l’action sociale des départements est aujourd’hui très orientée sur la réparation, mais qu’elle pourrait être davantage axée sur la prévention. Même si la consultation des populations concernées par le montage des projets qui leur sont destinés est une bonne chose, il reste que les efforts doivent se porter vers des actions co-construites avec les publics bénéficiaires.

Durant les travaux de l’après-midi, une étude-action menée avec 18 départements sur les perspectives de l’action sociale a été présentée. Elle a été réalisée par Didier Lesueur, délégué général adjoint de l’Observatoire national de l’action sociale et par Maud Gallay, coordinatrice de la recherche action « Territorialisation et cohésion sociale ».
Un film présentant diverses actions des départements en matière d’innovation sociale a montré tout l’intérêt de la co-construction dans la préparation des projets ainsi que l’importance, pour la réalisation et l’efficacité des projets, de la convivialité et du lien de proximité entre les personnes.

Les enseignements délivrés par cette étude ont ensuite fait l’objet d’une discussion avec Anne Charpy, directrice fondatrice de Voisins Malins, Nadège Séverac, sociologue et rapporteure sur la protection de l’enfance pour la commission enfance-adolescence du Commissariat général à la stratégie et à la prospective, Arnaud Thomas, sociologue, formateur à l’IRFASE, Marc Rouzeau, directeur recherche et prospective à ASKORIA, maître de conférence associé à l’Institut de Sciences Politiques de Rennes.

La journée a été clôturée par Jérôme Vignon, président des Semaines sociales de France, président de l’Observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion sociale et de l’Observatoire national de la précarité énergétique. Il a noté les mutations culturelles en cours dans la manière d’aborder l’action sociale : il a prôné la substitution de la logique de subsidiarité par une logique de coopération afin que de multiples compétences se mettent au service d’un projet. Les réformes territoriales en cours donneront peut-être une chance de travailler autrement.

Il a aussi délivré plusieurs messages : Au législateur : il a invité le Sénat à donner du sens et une finalité au nouveau découpage territorial, afin de permettre une meilleure cohésion. Il a souligné que la question du social est devenue nationale et est l’affaire de tous, pas seulement celles des bénéficiaires ; Aux acteurs de l’action sociale : Il a appelé de ses vœux une conception renouvelée des Conseils généraux en matière d’action sociale et que ceux-ci se positionnent davantage en médiateurs au niveau des figures du développement territorial. Il a encouragé les ingénieurs du développement social local à rendre intelligible aux élus, d’une part ce qu’ils font, d’autre part, la force et la richesse de l’action publique qu’ils pourraient mener.

Il a conclu son propos en indiquant que l’action sociale était appelée à vivre de profondes transformations. Il a jugé qu’il fallait donner sa chance à ce mouvement de réforme car les acteurs de l’action sociale ont des compétences d’expert sur les territoires.

@ : vdelamorinerie@unaf.fr


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