OCIRP : le président de l’UNAF intervient à l’occasion du 5e Anniversaire de la Fondation

15/12/2014

Logo de l’OCIRP

Le 11 décembre, l’OCIRP a célébré ses cinq ans d’actions en direction des jeunes orphelins. L’UNAF, représentée par François Fondard, Président était invitée à y intervenir. Il a salué le travail et les actions que la Fondation mène dans la protection des familles et dans la connaissance des orphelins, sur leurs situations, leurs attentes et leur accompagnement dans leur parcours de vie avec l’ambition de sensibiliser toute la population à leur situation. Il a rappelé le travail réalisé au sein du Haut Conseil de la Famille dans lequel l’UNAF siège et qui, dans un rapport d’avril dernier, fait état des ruptures familiales, dans lequel le veuvage et l’orphelinage y sont largement évoqués.

L’UNAF, qui représente l’ensemble des familles dans leur diversité, doit être attentive aux spécificités et aux difficultés de chaque famille et de chaque enfant. La réalité des orphelins est une réalité économique, sociale et psychologique compliquée qu’il convient de mieux décrire pour mieux l’améliorer. C’est en cela que François Fondard a remercié la Fondation pour l’ensemble de ses actions et de ses recherches.

Puis Jean-Philippe Vallat, Sous directeur des Recherches, études et actions politiques à l’UNAF a livré un témoignage autour des réflexions et travaux du comité d’experts et du comité scientifique de la Fondation au sein de laquelle l’UNAF siège. Il a rappelé la composition et le rôle respectif de ces deux comités qui ont toutefois un enjeux et des principes de fonctionnement communs : l’enjeu c’est la visibilité des orphelins, et le mode de fonctionnement, la diversité des profils et des disciplines représentés.

Discours du président de l’UNAF, François Fondard

Messieurs les président et vice-président de l’OCIRP et de sa fondation, Chers Bernard DEVY et Michel KELLER, mesdames et messieurs. C’est avec beaucoup de plaisir que j’interviens pour ce 5ème anniversaire de la Fondation OCIRP. Vous m’aviez invité à intervenir il y a 2 ans au CESE et je vois avec une grande satisfaction que la Fondation a été pérennisée et renforcée dans ses missions et ses ambitions. L’UNAF est l’institution légale qui, depuis 1945, représente les familles en France : nous fêterons en 2015 notre 70ème anniversaire et faisons figure de « grand ancien » au regard de votre jeune fondation. C’est pourquoi je voudrais d’abord dire tout l’intérêt, tout le plaisir que j’ai, en tant que président de l’UNAF, lorsqu’un acteur majeur de la protection sociale, l’OCIRP, en créant cette fondation, parvient à donner du sens à son action de protection des familles. En effet, pour l’UNAF, la protection sociale n’est pas seulement un appareil technique de distribution financière voire d’action sociale : c’est un système de solidarité, doté de sens, et c’est parce qu’il a un sens, qu’il suscite l’adhésion. Lorsque vous tentez, à travers cette fondation, de mieux connaître les orphelins, leurs situations, leurs attentes, et de mieux les accompagner dans leurs parcours ; lorsque vous cherchez, à travers cette fondation, à sensibiliser toute la population à la situation de ces orphelins, devenus parfois « invisibles », vous suscitez en réalité l’intérêt et l’attention à l’autre, des éléments qui sous-tendent tout système de solidarité sociale. A travers cela, vous donnez un sens à votre action de prévoyance et de protection des personnes. C’est cette ambition que je voudrais saluer, tout particulièrement dans un contexte où- et vous me permettrez de faire une brève allusion à la politique familiale – c’est le sens, qui semble avoir déserté certains débats et certaines décisions sur les politiques sociales, au profit d’une vision très comptable et très « court-termiste » de ces politiques.

Alors parlons maintenant des orphelins qui sont au cœur de votre fondation. Vous savez que nous avons travaillé au Haut Conseil de la Famille sur un rapport sur les ruptures familiales, finalisé en avril 2014. Le veuvage et l’orphelinage y ont été largement évoqués. Nous savons la difficulté de comptabiliser les orphelins, la diversité des chiffrages : l’INED estimait en 2008 le nombre d’orphelins de moins de 20 ans à au minimum 270 000 orphelins de père ou / et de mère vivant hors institutions :
- 164 000 orphelins de père avec une mère vivante
- 85 000 orphelins de mère avec un père vivant
- 17 000 orphelins de père et de mère D’autres estimations donnent des résultats supérieurs.
Pour l’INED, encore, en 1999, ce serait près de 500 000 personnes qui sont orphelins avant 21 ans et presque 800 000 avant 25 ans.

En 2003, deux chercheurs de l’INED calculaient que plus d’1 enfant sur 20 entre 15 et 19 ans est orphelin. Plus d’1 enfant sur 20 entre 15 et 19 ans est orphelin. Derrière ces enfants, il y a des familles, des conjoints survivants : l’enquête de la DREES en 2012 établit l’ampleur du veuvage précoce : 470 000 personnes ont perdu leur conjoint ou concubin avant 55 ans. Très souvent, dans plus de 2/3 des cas, ces personnes, ont au moins un enfant. Au-delà de ces chiffres et de ces statistiques, il y a des réalités et des problématiques sociales et humaines que vous rencontrez dans votre fondation : le phénomène de la surmortalité masculine qui explique le nombre très important d’orphelins de pères ; la question du suicide qui est devenue une cause majeure de l’orphelinage et qui touche certaines professions particulièrement fragilisées, la surmortalité marquée des catégories populaires, puisque l’enquête de la DREES de 2008 faisait apparaître qu’il y avait presque 10% d’orphelins de pères parmi les enfants d’ouvriers contre 5,1% parmi les enfants de cadres. Les travaux du HCF font aussi état de l’appauvrissement que connaît une famille lorsqu’un conjoint disparaît prématurément et ceci, malgré l’ampleur des couvertures légales mais aussi liées à la prévoyance, individuelle ou collective. Nous savons aussi depuis l’enquête de Nathalie Blanpain de 2008 que les orphelins connaissent – plus que d’autres- des difficultés dans leurs parcours, notamment scolaires, ou bien au contraire des risques de surinvestissement sur l’école. La réalité des orphelins c’est donc une réalité économique, sociale et psychologique compliquée qu’il convient de mieux décrire pour mieux l’améliorer : c’est ce à quoi s’emploie votre Fondation. Je l’en remercie très sincèrement car l’institution que je préside, l’UNAF, représente l’ensemble les familles dans leur diversité et doit être attentive aux spécificités et difficultés de chaque famille et de chaque enfant. Mais, et je voudrais terminer par cela, ce qui ressort aussi de vos travaux, des ouvrages ou des événements artistiques que vous soutenez, c’est le formidable ressort qui caractérise aussi les orphelins, leur volonté de se construire un destin marqué par les difficultés en début de vie. Espérons que notre société puisse les accompagner au mieux dans cette volonté. Au vu de son bilan de soutien à des actions, des publications, des recherches, je suis sûr que cette très belle Fondation, remarquablement encadrée par Sylvie Pinquier et Emmanuelle Enfrein, continuera à y contribuer largement. Je vous remercie.


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