L’UNAF auditionnée sur le gaspillage alimentaire

09/02/2015

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Le 29 janvier 2015, l’UNAF, représentée par Dominique Allaume-Bobe, Vice-Présidente et Présidente du département "Habitat-Cadre de vie" et Morgane Lenain, Administratrice en charge du dossier gaspillage alimentaire a été reçue en audition par le député Guillaume Garot chargé, par le Gouvernement, d’une mission sur le gaspillage alimentaire. L’UNAF était invitée à intervenir dans le cadre d’une table ronde aux côtés de UFC Que choisir et de Familles rurales. Claire Ménard, Chargée des relations parlementaires assistait à cette audition.

En introduction, le Député Guillaume Garot a rappelé le cadre de sa mission : ouvrir des portes pour consommer autrement. Il a précisé, qu’il avait déjà fait de nombreuses auditions sous forme de tables rondes. Il en ressort des esquisses de pistes de recommandations devant permettre de réduire de moitié le gaspillage alimentaire à horizon 2025.

Les auditions ont permis d’entendre tous les maillons de la chaîne alimentaire, du producteur au consommateur. Du côté du consommateur, il s’agit de cibler sur les bons gestes de la vie quotidienne. Quels messages faut-il faire passer auprès du consommateur pour être efficace lorsque l’on sait, par exemple, que les enfants sont prescripteurs des consommations des parents. Quels sont les moyens permettant aux consommateurs d’être plus responsables ? Si l’on prend l’exemple de la campagne sur les légumes moches, il y a eu un travail important de pédagogie et certaines grandes chaînes de distribution ont repris à leur compte cette initiative.

Le Député a souhaité entendre les associations de consommateurs présentes sur la date limite de consommation (DLC) et la date limite d’utilisation optimale (DLUO) et les débats que ces deux dates génèrent.

L’UNAF, dans ce débat sur les DLC et DLUO, a souligné l’importance de parvenir à ce que le consommateur fasse la différence entre ces deux dates de péremption : la DLC ne se dépasse pas car il y a un danger sanitaire alors qu’en cas de dépassement de la DLUO, ce ne sont que les qualités gustatives qui sont dégradés.

L’UNAF a insisté pour que le recul des dates limites de consommation ne signifie pas, en contrepartie, une augmentation des conservateurs dans le produit. Rallonger le temps de la DLC pour éviter le gaspillage alimentaire est une voie intéressante mais attention à trouver la juste mesure pour ne pas augmenter les risques sanitaires : dépasser la DLC sur un yaourt ne contient pas de risque alors sur une viande ou sur la charcuterie, il peut y avoir un réel danger.

A la question de savoir s’il fallait étendre la liste des produits sans date limite d’utilisation optimale, l’UNAF a répondu qu’il y avait peu de gaspillage sur ces produits. 82 % des Français ne jettent jamais des produits secs (farines, riz, pâtes, …). L’enjeu, pour l’UNAF, est de donner les indications suffisantes concernant la conservation des produits.

Il faut que ces informations soient étayées scientifiquement. Quel contenant pour quel contenu ? Les produits avec emballage refermable sont une bonne solution à la condition toutefois que cela n’entraîne pas un surcoût pour le consommateur et qu’il n’y ait pas d’impact environnemental.
Au-delà des dates de péremption, la question que se posent les familles c’est de savoir, une fois le produit ouvert, combien de temps on peut le conserver au réfrigérateur et continuer à la consommer. Ces indications sont peu présentes sur les produits. Il y a là aussi une source de gaspillage.

L’UFC Que choisir a fait part de sa récente étude démontrant que pour 3 produits sur 10, des DLC sont raccourcies pour des raisons marketing et qu’il existe, chez les consommateurs, une confusion entre DLC et DLUO entrainant dès lors du gaspillage.

Le Député a ensuite voulu savoir comment il faut d’adresser aux consommateurs pour lutter contre le gaspillage alimentaire. Quels moyens faut-il mettre en œuvre ?

L’UNAF a mis en avant plusieurs actions possibles :
- L’utilisation du flash-codes à partir des smartphones. Les étiquettes ne sont plus lisibles et les nouvelles technologies peuvent permettre de les rendre plus claires.
- L’argumentaire budgétaire du gaspillage et les économies pour une meilleure qualité sont des leviers d’action importants pour les familles.
- Plutôt que des offres promotionnelles en quantité, favoriser la méthode des coupons permettrait une utilisation différée de la promotion.
- L’école et les activités périscolaires sont des vecteurs importants de sensibilisation des enfants au gaspillage alimentaire. Cela passe également par l’éducation aux médias.
- Prolonger la semaine du goût à l’école toute l’année et permettre ainsi aux enfants de découvrir de nouveaux produits alimentaires en leur permettant de les manipuler et de voir comment les cuisiner de différentes façons.
- Aller au fond de la compréhension du gaspillage alimentaire par une étude approfondie des comportements en distinguant selon les catégories socio-professionnelles (CSP), la composition de la famille et l’habitation en milieu urbain ou rural.

L’UNAF a développé auprès du député les actions déjà entreprises ou à venir sur le gaspillage alimentaire dans le réseau de l’UNAF et des UDAF. Elle interviendra d’ailleurs à nouveau dans un prochain numéro de Consomag en 2015 consacré à cette thématique. Les associations familiales développent sur le terrain des ateliers cuisines pour donner des idées sur comment utiliser les restes.

En rappel la participation de l’UNAF à l’émission consomag.
Fiche UNAF sur le gaspillage alimentaire
Retrouver ne ligne la lettre de mission. http://www.guillaume-garot.fr/public/lettre_de_mission_G_Garot-gaspillage_alimentaire.pdf

@ : ssitbon@unaf.fr


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