Séance plénière du Conseil économique, social et environnemental

16/02/2015

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Deux sujets figuraient à l’ordre du jour de l’Assemblée plénière du Conseil économique, social et environnemental qui s’est réunie les 10 et 11 février derniers :
- La microfinance dans les Outre-mer, rapporteure Mme Pierrette Crosemarie au nom de la délégation à l’outre-mer ;
- Le défi de l’insertion professionnelle et sociale des jeunes ultramarins, rapporteur M. Eustase Janky au nom de la délégation à l’outre-mer.
Suivait un débat d’actualité sur le thème « Mayotte : comment favoriser son développement ? » en présence de Mme George Pau-Langevin, Ministre des Outre-mer.

La microfinance dans les Outre-mer

Avec un rapport très documenté et un avis qui balaient toutes les potentialités de la microfinance tournées vers les Outre-mer, un état des lieux est dressé dénonçant les carences actuelles mais permettant aussi d’impulser une réelle dynamique de développement de la microfinance en Outre-mer.

Le Groupe de l’UNAF a ciblé son intervention sur le microcrédit personnel puisque 50 UDAF de métropole développent de telles actions auprès de publics fragiles. Le retour d’expérience des UDAF conduit à soutenir plus particulièrement quatre préconisations de l’avis car comme il est rappelé très justement « les choix budgétaires opérés en faveur de la microfinance doivent être mis au regard de la dynamique économique créée, des dépenses sociales évitées et du lien social retissé ».

Première préconisation essentielle, permettre aux principaux acteurs de la microfinance leur déploiement dans les Outre-mer tout en s’assurant de la complémentarité de leurs actions. Le rapport le souligne, l’implication des banques traditionnelles est notoirement insuffisante aussi bien dans l’octroi de microcrédits que dans celui de prêts bancaires complémentaires à ces microcrédits. Pourtant, le taux de sinistralité est inférieur à 1,5% dans le cas d’un microcrédit alors qu’il est de 4% pour les prêts bancaires classiques. Le micro-crédit personnel offre donc une meilleure garantie du remboursement des prêts liée notamment à l’accompagnement spécifique du demandeur. Pourquoi en serait-il autrement en Outre-mer ?

Deuxième préconisation, qui retient l’attention, la nécessité de mener des efforts spécifiques de communication envers les bénéficiaires potentiels du microcrédit personnel dans les Outre-mer. Les acteurs du microcrédit éditent des brochures d’informations mais pour favoriser la montée en charge du dispositif en Outre-mer -comme en métropole d’ailleurs-, l’information des bénéficiaires potentiels mais aussi et surtout celle des travailleurs sociaux mériterait d’être renforcée, de même que la formation des différents acteurs déjà sensibilisés à la démarche. La question de l’accompagnement des bénéficiaires est une des conditions de la réussite des projets rendus possibles par le microcrédit. L’accompagnant est essentiel à tous les stades du projet lors de la validation de celui-ci mais aussi après l’octroi du crédit jusqu’au remboursement complet du prêt. Cet accompagnement prend plusieurs formes très opérationnelles comme par exemple « comment gérer un budget » et ceci dans une approche globale de la personne.

Enfin, l’avis fait le lien entre microcrédit et moyen de lutter contre l’habitat dégradé en Outre-mer y compris les travaux d’efficacité énergétique. La rénovation du logement en Outre-mer pourrait être clairement un facteur de développement pour le microcrédit personnel sans négliger pour autant les aides apportées par l’Agence nationale de l’habitat et son programme « Habiter Mieux ».

Le Groupe de l’UNAF a voté l’avis.

Le défi de l’insertion professionnelle et sociale des jeunes ultramarins

Cet avis montre bien le mal-être de notre société ultramarine face à ses jeunes en déshérence. Déshérence, comment peuvent-ils ne pas l’être ? Sans ressource économique et culturelle, en proie à toutes les dérives. L’avis traite l’ensemble des aspects de l’insertion professionnelle et sociale et décrit avec justesse la situation catastrophique de cette jeunesse vis à vis de l’emploi. Il est grand temps que notre pays se donne les moyens de garantir un avenir aux jeunes ultramarins si l’on ne veut pas voir imploser ces départements, si important pour notre économie.

Le Groupe de l’UNAF aurait souhaité des préconisations plus resserrées. Les familles sont les premières responsables de leurs enfants mais que peuvent-elles faire quand elles sont confrontées à des difficultés linguistiques ? Comment peuvent-elles remplir leur rôle de premier éducateur face à la barrière de la langue ? Les familles sont le premier maillon de la chaîne pour la réussite de leurs enfants, c’est la raison pour laquelle il faut les soutenir en leur apprenant à lire et à écrire. Il faut stopper ce fléau qu’est l’illettrisme : c’est le premier défi à relever. Les jeunes doivent retrouver l’espoir et bénéficier, comme le préconise l’avis, d’un plan de « haute qualité éducative », au minimum dès 3 ans, afin que la maîtrise du français soit acquise durablement. Parvenir au développement de filières d’excellence au niveau local est aussi une voie à approfondir pour l’avenir de ces jeunes. Il y a des raisons d’espérer au regard des résultats des Olympiades des métiers du 31 janvier dernier avec des médailles remportées par de jeunes ultramarins dans des métiers comme celui de la mode et de la création.

L’Association Nationale de Lutte Contre l’Illettrisme a les outils pour répondre à toutes les demandes encore faut-il des bénévoles pour accompagner et accomplir les actions. Les décrets de décembre dernier sur la formation professionnelle des jeunes sortant du système scolaire sans qualification sont importants pour les jeunes décrocheurs car ils pourront acquérir une formation et des diplômes.

Il est indispensable que l’administration ne limite pas les places pour les jeunes ultramarins. Le Groupe de l’UNAF est favorable à une « prépa année zéro » afin d’accroitre leurs chances de réussite à la Première Année Commune aux Etudes de Santé. La fonction publique étant le pivot sur le marché de l’emploi, l’Etat a un rôle majeur à jouer mais c’est le niveau de son intervention qui contribuera à la réussite des jeunes ultramarins.

Le Groupe de l’UNAF souhaite vivement que les préconisations de l’avis soient entendues auprès des pouvoirs publics et a voté l’avis.

Suivait un débat d’actualité sur le thème « Mayotte : comment favoriser son développement ? » en présence de Mme George Pau-Langevin, Ministre des Outre-mer.

@ : cmenard@unaf.fr


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