CESE : Sécuriser les parcours d’insertion des jeunes & Innovations technologiques et performance industrielle globale

30/03/2015

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Sécuriser les parcours d’insertion des jeunes (avis de suite), rapporté par Antoine Dulin au nom de la section des affaires sociales et de la santé, présidée par F. Fondard, & Innovations technologiques et performance industrielle globale : l’exemple de « l’impression 3D » rapporté par Renée Ingelaere au nom de la section des activités économiques : tels étaient les deux sujets portés à l’ordre du jour de l’Assemblée plénière du Conseil économique, social et environnemental des 24 et 25 mars 2015.

DECLARATION ECRITE DU GROUPE DE L’UNAF (annexée au Journal Officiel)

Sécuriser les parcours d’insertion des jeunes

Cet avis de suite a montré, au cours des travaux de la section, toute son utilité. Il fait le point sur les avancées partielles mais aussi sur les non-évolutions depuis l’avis du CESE de juin 2012. Les réponses des politiques publiques face aux difficultés grandissantes rencontrées par certains jeunes éloignés de l’emploi, du logement et parfois même des soins, restent trop timides. Le Groupe de l’UNAF retient le fil conducteur de l’avis : cesser de développer des dispositifs spécifiques pour des catégories de jeunes mais viser l’ouverture de droits, ce qui n’exclut pas d’ailleurs que face à ces droits des devoirs existent et doivent être respectés.

La préconisation phare de l’avis se trouve dans la pérennisation de la Garantie jeunes afin d’en faire un droit. Le Groupe de l’UNAF soutient cette évolution. L’avis du CESE en soulignant cette nécessité vient utilement compléter le récent rapport d’information de l’Assemblée nationale sur « l’emploi des jeunes en Europe » dans lequel les constats et les recommandations se recoupent largement avec celles du CESE. Ce rapport note « Si les NEET ne doivent pas être compris comme une population homogène mais comme un ensemble de sous-groupes, tous ont en commun de ne pas accumuler de capital humain par les voies traditionnelles et d’être ainsi susceptibles de demeurer de manière structurelle dans le « non-emploi ». De ce fait, de problème individuel, le décrochage devient un problème collectif. ». S’il fallait encore s’en convaincre : être NEET représente manifestement un gaspillage de potentiel, mais comporte des conséquences préjudiciables pour la société et pour l’économie. Les préconisations du CESE tracent des pistes urgentes à mettre en œuvre pour faire cesser ce gaspillage de compétences et de talents.

Deuxième point sur lequel le Groupe de l’UNAF souhaite insister : les préconisations concernant la prime d’activité, qui sera au 1er janvier 2016 le résultat de la fusion entre la prime pour l’emploi et le RSA activité. Si le calibrage exact de cette prime n’est pas encore connu, il apparaît clairement dans le rapport du député Monsieur Sirugue que l’individualisation du soutien financier aux revenus d’activité modestes devrait entraîner, pour certaines configurations familiales, un barème moins favorable que celui qui existe aujourd’hui dans le cadre du RSA activité. Pour l’UNAF, l’introduction d’une majoration spécifique en fonction du nombre d’enfant serait la meilleure solution pour ne pas sanctionner les familles monoparentales ou les familles nombreuses aux revenus très modestes. Les arbitrages financiers ne doivent pas conduire à devoir choisir pour la concrétisation de cette prime d’activité entre un accès ouvert aux jeunes et les familles avec enfants.
Enfin, cet avis de suite fait un focus très important sur les jeunes, qui sortent des services de l’ASE à leur majorité. Le travail réalisé par l’ONED au début de cette année « L’accompagnement vers l’autonomie des « jeunes majeurs » doit trouver rapidement une mise en œuvre dans les départements pour assurer une continuité de parcours pour ces jeunes confiés aux services de l’ASE.

Le Groupe de l’UNAF a voté l’avis en notant avec satisfaction l’adoption de l’amendement qu’il a déposé reconnaissant l’implication des familles dans l’accès des jeunes à l’autonomie.

Innovations technologiques et performance industrielle globale : l’exemple de « l’impression 3D »

L’impression 3D présente tous les aspects d’une « technologie de rupture » capable de bouleverser des pans entiers de notre industrie mais aussi de notre vie quotidienne. Le présent avis permet d’en appréhender ses multiples facettes. L’impression 3D cultive des avantages : c’est une force pour la réindustrialisation, elle repousse les limites de la créativité par son alliance avec internet, elle permet de se réapproprier l’innovation des produits par leur singularité, leur originalité.
Pourtant, pour le Groupe de l’UNAF, cette troisième révolution industrielle, annoncée par certains, doit être accompagnée pour bénéficier aux familles et pour que les plus jeunes soient associés à cette nouvelle ère industrielle.
L’exemple de l’Angleterre et de la Chine sont à souligner avec intérêt. En octobre 2013, le Ministre de l’éducation britannique a annoncé l’ajout de l’impression 3D aux programmes scolaires avec l’objectif de sensibiliser les plus jeunes à ces nouveaux outils de fabrication. Depuis la rentrée 2014, des dizaines d’écoles en Angleterre se sont équipées et forment dorénavant leurs élèves aux imprimantes 3D. La Chine, quant à elle, a créé en 2014 à Canton la première école exclusivement dédiée à cette nouvelle technologie.
En France, cette année, le campus Arts et Métiers de Lille vient d’ouvrir une formation à l’impression 3D destinée aux chefs d’entreprise, aux salariés et aux demandeurs d’emploi. L’enjeu est clairement affiché de permettre aux PMI/PME de rester compétitives et de maîtriser l’impression 3D.
L’effort d’éducation en France doit être accéléré pour faciliter la rencontre des jeunes avec ces nouvelles technologies. Cela nécessite que les écoles s’équipent pour permettre aux jeunes de s’exercer avec les outils qu’ils retrouveront ensuite dans l’entreprise facilitant ainsi l’accès à l’emploi.
Le Groupe de l’UNAF partage donc la recommandation de voir expérimenter un programme ambitieux en France à l’image de l’initiative anglo-saxonne.
Deuxième point sur lequel le Groupe de l’UNAF veut insister : les atouts de l’impression 3D pour la santé des français. En effet, le domaine de la santé n’a pas tardé à s’approprier ces technologies. L’opportunité de délivrer des traitements personnalisés, sur mesure, est perçue comme l’une des meilleures voies d’amélioration de l’efficacité thérapeutique. 100% des prothèses auditives sont faites par impression 3D. Si imprimer des organes tels que le cœur ou le rein reste du domaine du rêve en raison de leur complexité, la recherche médicale alliée à l’impression 3D permet d’envisager les premiers essais cliniques à moyen terme pour des tissus plus simples tels que la cornée, la peau ou l’os.

Le Groupe de l’UNAF a voté l’avis.

@ : cmenard@unaf.fr


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