Evaluation des politiques publiques en faveur de la mixité sociale : l’UNAF auditionnée

07/04/2015

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L’UNAF, représentée par Rémy Guilleux, vice-président, et président du département "Education-Jeunesse" a été auditionnée lors d’une table-ronde, le 1er avril 2015, à l’Assemblée nationale par MM. Yves Durand et Rudy Salles, rapporteurs au nom du Comité d’évaluation et de contrôle des politiques publiques (CEC) sur l’évaluation des politiques publiques en faveur de la mixité sociale dans l’Éducation nationale. Il était accompagné de Patricia Humann, coordonnatrice du pôle "Éducation-Handicap-Petite enfance". Aux côtés de l’UNAF, participaient les associations de parents d’élèves FCPE, PEEP et APEL.

Au cours de son intervention, l’UNAF a rappelé son souhait d’une certaine mixité sociale dans les collèges et les lycées, à la fois pour garantir un niveau correct des élèves quel que soit l’établissement - car le niveau des élèves est malheureusement en France très corrélé à la catégorie socioprofessionnelle des parents (selon PISA) – et à la fois pour éduquer les enfants au « vivre ensemble » et à la diversité. Construire des écoles ou des collèges de « relégation » où tous les élèves sont des enfants de familles en difficultés ne devrait plus être acceptable, d’autant plus que cela participe, tel un cercle vicieux, à enfermer les familles dans ces quartiers qui cumulent les difficultés. Toutes les familles qui en ont la capacité quittent ces quartiers pour que leurs enfants puissent bénéficier de davantage de chances dans des écoles, collèges ou lycées plus mixtes socialement, et de meilleur niveau. Ne restent que les familles les plus pauvres.

Pour l’UNAF cependant cette problématique est, avant tout, un problème de carte scolaire, de sectorisation, qui ne mixte pas suffisamment les élèves alors même que souvent cela serait possible, par exemple en développant les transports entre la périphérie et le centre-ville.

L’UNAF a souligné que les recherches ont montré que les tentatives d’assouplissement de la carte scolaire (dérogations possibles pour les familles selon certains critères) avaient échoué, notamment celle de 2007, concernant le critère « mixité sociale ». Les établissements ont de plus en plus tendance à être « homogènes » car les critères sociaux (boursiers) ne sont pas pris en compte en priorité dans les demandes de dérogation - les notes et le lieu d’habitation sont les critères de dérogation les plus pris en compte, alors que le critère « boursiers » ne l’est que plus rarement. L’on peut comprendre que les parents recherchent le meilleur pour leurs enfants, comme le soulignait un rapport de Jean Hébrard en 2002 sur le sujet : « On ne peut exiger d’aucune famille, dans la démocratie qui est la nôtre, qu’elle ne cherche à obtenir pour ses enfants ce qu’elle considère comme les meilleures chances d’une scolarisation réussie. » Ce n’est donc pas aux familles de s’organiser pour la mixité dans les établissements, mais bien à l’Éducation nationale de construire une carte scolaire à la fois mixte et acceptable par les familles.

Par ailleurs, c’est aussi aux établissements d’élaborer un projet mobilisateur et de renvoyer une image extérieure dynamique, quelle que soit la population accueillie. Davantage de moyens pour des établissements accueillant des publics en difficulté doivent être envisagés, avec notamment parfois, pour des classes moins nombreuses, la possibilité de travail en petits groupes.

Les propositions de l’UNAF ont donc été d’organiser la concertation sur la sectorisation dans les communes, les départements, les régions, en réunissant parents d’élèves, familles, entreprises, associations …et collectivités locales pour définir une carte acceptable par tous. Le critère « mixité sociale » doit être pris en considération à la fois dans la construction de la carte scolaire (en mélangeant davantage par exemple les quartiers périphériques et les quartiers centraux) et dans les possibilités offertes de dérogations.

Les expériences de « busing » (transport des élèves vers un meilleur établissement) sont par ailleurs à re-considérer. Les transports doivent être consolidés, si l’on préconise, par exemple, d’offrir plusieurs choix de collèges aux élèves, comme le propose la Ministre de l’Éducation nationale, Najat Vallaud Belkacem.

@ : phumann@unaf.fr


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