Conseil supérieur de l’Education

Réforme du collège : L’UNAF, attachée à une meilleure prise en compte de la diversité des profils des élèves, s’est prononcée en faveur du décret et de l’arrêté posant le cadre de la réforme du collège

13/04/2015

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L’UNAF, représentée par Patricia Humann, coordonnatrice du pôle "Education - handicap - Petite enfance" était présente au Conseil supérieur de l’éducation (CSE) lors de la présentation, par la DGESCO et la Ministre de l’Education nationale Najat Vallaud Belkacem, de la réforme du collège à la communauté éducative.

Les constats sont connus. Le collège n’est pas adapté car il propose aujourd’hui exactement le même enseignement à tous les élèves d’une classe d’âge, sans tenir compte de leur diversité. Il fait davantage office de « petit lycée général » sans prendre en compte le fait que certains enfants vont s’orienter et davantage s’épanouir dans des filières technologiques et professionnelles. Pour autant, il ne serait pas non plus recommandé, face à la société d’aujourd’hui basée sur la connaissance, de proposer une orientation trop tôt des élèves en filières.

Pour remédier en partie à cette hétérogénéité des élèves et donner plus de capacité à l’établissement de s’adapter au profil de ses élèves sur son territoire, la réforme du collège présentée au Conseil supérieur de l’éducation prévoit que 2O% des heures (3h en 6ème, 4h de la 5ème à la 3ème) seront configurées par l’établissement (chef d’établissement en lien avec son conseil d’administration et un projet d’établissement) en « enseignements pratiques interdisciplinaires » (EPI), comprenant un accompagnement personnalisé renforcé des élèves (1h par semaine au moins). Les 80% des heures prévues restantes sont toujours dévolues aux fondamentaux : français, maths, éducation physique et sportive, histoire géographie et enseignements moral et civique, sciences et vie de la terre, enseignement artistique (arts plastiques et éducation musicale) et anglais. Une deuxième langue est par ailleurs prévue dès la 5ème.

Les modules complémentaires EPI pourront se faire en petits groupes avec l’intervention conjointe de plusieurs enseignants et porter sur les champs suivants : cops [1], santé, sécurité/ culture et création artistique/développement durable/ information, communication, citoyenneté/ langues et cultures étrangères ou régionales/ monde économique et professionnel/sciences et société et langue, dans le cadre de programmes définis au niveau national. Les EPI avec démarche de projets seront évalués notamment dans le cadre du brevet. Une possibilité d’enseignement supplémentaire pourra pas ailleurs être offerte aux élèves volontaires, notamment pour une seconde langue vivante, Allemand ou Espagnol en plus de l’Anglais dès la 6ème (pour ceux qui les ont déjà pratiquées en primaire) ou pour le latin dès la 5ème.

Le CSE a approuvé pour une grande majorité le décret et l’arrêté posant le cadre de cette réforme avec 51 voix pour, 25 voix contre, et une abstention. L’UNAF a voté favorablement, car elle est attachée à une meilleure prise en compte de la diversité des profils des élèves, à l’ouverture sur le monde des disciplines, au travail en groupe sur des projets plus concrets et parlant pour les élèves, à l’autonomie des établissements, au décloisonnement des disciplines.

Notons que ce cadre a déjà été expérimenté dans de nombreux collèges par des équipes enseignantes et qu’il s’agit aussi de faire que les innovations quand elles montrent leur succès ne restent pas lettre morte.

Enfin, le nombre d’heures pour les élèves reste inchangé, ce qui peut rassurer les familles inquiètes quant au niveau général de l’enseignement. Il s’agit simplement ici, pour une partie des heures, de travailler autrement.

L’année scolaire 2015/2016 sera donc dévolue à la mise en place, dans les détails, de cette nouvelle réforme et à former les enseignants à ces pédagogies parfois différentes de leurs pratiques actuelles.

@ : phumann@unaf.fr


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[1] Comité politique et de sécurité

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