Identifier les besoins des parents en matière d’aide à la parentalité : l’UNAF invitée par la Ministre Laurence Rossignol à intervenir lors d’une rencontre réunissant l’ensemble des acteurs du soutien à la parentalité

20/04/2015

Image de la tribune de la rencontre

Le 15 avril 2015, Laurence Rossignol, Secrétaire d’État chargée de la Famille, des Personnes âgées et de l’Autonomie a réuni les acteurs du soutien à la parentalité. Le Président de l’UNAF, François Fondard, intervenait à l’une des trois tables rondes "Comment les dispositifs du soutien à la parentalité répondent-ils aux besoins des parents ?" aux côtés de Daniel Lenoir, Directeur de la CNAF et de Benoît Ménard, Directeur général de l’UNIOPSS. Ce temps d’échange a permis de montrer dans quelle mesure les outils du soutien à la parentalité visent à répondre aux besoins des parents et de préciser l’apport des différents dispositifs.

Dans son intervention, F. Fondard a notamment rappelé la place essentielle du soutien à la parentalité au sein de la politique familiale et présenté les actions, initiatives et dispositifs menés par l’Institution ses Unions départementales et ses mouvements familiaux sur l’ensemble du territoire.

Discours du président de l’UNAF devant la Secrétaire d’Etat à la Famille, aux personnes âgées et à l’autonomie, le mercredi 15 avril 2015

Mme la Ministre, nous vous remercions de nous avoir conviés à cette réunion et de nous donner la parole sur les attentes des parents dans leur fonction éducative.

Nous croyons fondamentalement, à la capacité des parents à créer et organiser eux-mêmes les actions dont ils ont besoin. Le « pouvoir d’agir » et l’entraide mutuelle constituent à ce titre les principes d’action historiques des associations familiales. Ce que l’UNAF, les UDAF et les associations cherchent prioritairement à mettre en œuvre pour répondre aux attentes et besoins des familles, c’est de leur donner des moyens d’être acteurs de leur existence. C’est la raison pour laquelle nous soutenons toujours fortement, depuis son origine, les REAAP, dispositif emblématique des actions menées au plus près des familles. Sur le terrain. Conçues pour elles, et surtout avec elles.

Pour être au plus près de leurs aspirations, l’UNAF a pour priorité d’action de recueillir la parole des familles : ce que les parents disent concrètement de leurs conditions de vie, de leurs difficultés et de leurs attentes. Nous mettons ainsi en œuvre une « stratégie » d’observation sous plusieurs formes :
- Ce sont les groupes de travail regroupant des professionnels et bénévoles d’UDAF qui nous informent des conditions de vie des parents, et nous rendent compte de leurs propos, des succès et des échecs des différentes actions proposées sur les territoires ;
- Ce sont les enquêtes qualitatives, ou les actions de recherche qui recueillent de manière plus fine le point de vue des parents, de leurs enfants parfois également, ou par le biais des services et des accompagnements dont ils bénéficient. Je citerais, en guise d’illustration, l’enquête que nous avons réalisée sur le ressenti des femmes sur leur maternité, ou celle, très récente, sur le point de vue des parents bénéficiant d’une Mesure d’Aide à la gestion de leur budget.
- Ce sont également les études annuelles menées dans les départements et au niveau national, avec le concours de la CNAF, dans le cadre des observatoires de la famille. Elles nous permettent de relayer la parole des familles sur des thématiques liées à la parentalité, comme celle de la vie de parent au quotidien, la prévention santé dans le cadre familial, les loisirs et les vacances, ou encore celle qui a donné la parole aux pères sur leur rôle de parent.

Nous cherchons ainsi à recueillir la parole des parents, complémentaire à d’autres formes d’expertises, et tout autant importante. Que nous disent les parents de leurs besoins et attentes ? Très brièvement, ils expriment trois sujets prioritaires de préoccupation : l’éducation de l’enfant, sa scolarité, et sa santé. Leurs attentes se manifestent principalement sous deux formes : un besoin d’information, et, dans certains cas, une demande d’accompagnement.

Les parents recherchent des informations leur permettant de mieux comprendre ou d’améliorer leur relation avec leur enfant (problème de communication, d’autorité, etc.), ou au sein de la fratrie. La prévention et la gestion des conflits sont souvent des sujets d’interrogations.

Les parents expriment souvent des inquiétudes sur la scolarité de leurs enfants, et sont en recherche de réponses pour permettre la réussite de leur enfant tant sur le plan scolaire, que sur son épanouissement personnel. Les demandes de conseils portent aussi sur les temps de vies familiaux, tels que ceux du repas ou des loisirs.

Dans nos services de protection de l’enfance, accompagnant des publics particulièrement précaires, nous constatons aussi que l’offre complémentaire apportée par les centres sociaux est très appréciée, ainsi que les actions des CAF en matière d’aide au départ en vacances.

Mais on observe aussi, en creux, que les préoccupations des parents ne sont pas toujours celles qui sont débattues dans l’espace public. Pour exemple, la question du beau-parent, n’est quasiment jamais citée par les parents comme une priorité ; soit parce qu’ils considèrent que ce n’est pas un problème, soit parce qu’ils n’attendent pas de réponse spécifique venant de « l’extérieur » à ce qui peut être néanmoins perçu comme une contrainte ou un point de tension dans l’exercice de leur parentalité.

Si les parents souhaitent que les informations utiles soient regroupées en un même lieu ou espace, nous pensons aussi nécessaire de mettre à contribution les lieux de vie habituellement fréquentés par les enfants et leurs parents : crèche, halte-garderie, école, pour que toutes les familles puissent y avoir accès.

Nous constatons, dans le cadre des REAAP, qu’il est parfois difficile de mettre en contact les parents entre eux, ou avec les professionnels concernés. Mais lorsque cela se fait, la satisfaction est importante.

Mais tous les parents ne sont pas dans une démarche active et, par ailleurs, cette démarche n’est pas toujours liée à la gravité des problèmes rencontrés.

C’est pourquoi, face à la tentative qui peut exister de cibler les actions sur certaines catégories de familles, nous considérons – à l’inverse - que l’offre en matière d’aide à la parentalité doit rester universelle et plurielle.

Universelle, car tous les parents sont concernés. Tous peuvent, à un moment ou un autre de leur parcours, avoir besoin d’aide. Universelle, car c’est aussi le seul moyen d’éviter tout effet de stigmatisation qui pourrait éloigner certains parents qui auraient le plus besoin de soutien.
Plurielle, car les attentes des parents varient selon leur âge, leur sexe, ceux de leur enfants, la taille de la fratrie, leur lieu et type de résidence et d’environnement (urbain/rural), leur réseau social et familial, etc. Cette offre doit aussi avoir comme objectif d’apporter un soutien à un projet qui est celui de la famille, des parents, en priorisant les initiatives individuelles et collectives prises par les parents eux-mêmes, et en les aidant à assumer leur responsabilité parentale.

C’est dans ce cadre que le réseau des UDAF et des associations familiales développe toute une série d’actions, dans le domaine de l’aide à la parentalité et notamment :
- Des Points d’information aux familles,
- Des actions d’éducation aux médias
- Des services de médiation familiale
- Des espaces de rencontre
- le dispositif « Lire et faire Lire » ;
- le parrainage de proximité ;
- les REAAP.

Pour terminer, je voudrais saluer votre décision, Mme la Ministre, de généraliser les schémas départementaux des services aux familles sur l’ensemble du territoire. Nous soutenons totalement cette ambition, et incitons notre réseau à y participer. Nous pensons en effet qu’ils offrent une véritable opportunité pour améliorer le diagnostic des besoins et les réponses de proximité à apporter dans les départements.

Le lien entre petite enfance et parentalité souligne la nécessité de construire, parallèlement, une politique facilitant la conciliation vie familiale/vie professionnelle. Elle ne doit pas se limiter à la petite enfance, et mobilise d’autres acteurs tels que les employeurs publics et privés. C’est une demande forte des parents.

Notre analyse des 12 schémas signés dans le cadre de l’expérimentation lancée en 2014 montre que les premiers départements engagés dans la démarche ont même cherché à aller au-delà de ce premier diagnostic en proposant des actions pour recueillir les besoins des parents aussi bien qualitativement que quantitativement.

Nous serons très attentifs à la prise en compte de questions ou de services parfois négligées dans le domaine de la parentalité : je pense en particulier au parrainage de proximité, ou encore à la question des parents handicapés, qui ne sont pas suffisamment abordés dans ces schémas.

Les UDAF participeront activement à cet exercice de diagnostic qui doit être permanent. Elles y participeront car elles sont proches des familles et proches des associations. Enfin, en 2016, notre Observatoire des familles permettra de collecter des données départementales sur les besoins d’appui aux parents sur les territoires, ce qui enrichira notre participation à cette politique.

Madame la Ministre, je vous remercie.

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2e table ronde : Quelles réponses peuvent apporter les dispositifs du soutien à la parentalité à des besoins spécifiques ?

avec un temps d’échanges sur de nouveaux besoins demandant des réponses adaptées tels que la prévention de la radicalisation et les risques de dérives sectaires. Présentation de pratiques menées auprès des familles par des CAF : alphabétisation, lutte contre l’illettrisme et soutien aux familles monoparentales.
Les intervenants : Pierre N’GAHANE, secrétaire général du CIPD, Serge BLISKO, président de la MIVILUDES, Marie-Christine D’AVRINCOURT, sous-directrice action sociale, CAF des Alpes-Maritimes, Fatma DRISSI, sous-directrice chargée des interventions sociales à la CAF, de Paris, Florence DURAND et Saliha NASRI, bénéficiaires d’un accompagnement dans le cadre du « parcours séparation ».

la 3e table-ronde : Comment mieux faire connaitre auprès des familles les dispositifs du soutien à la parentalité ?

portait sur la valorisation de quelques pratiques intéressantes en matière de communication auprès des parents, notamment des actions d’« aller-vers ».
Les intervenants : Daniel MARCELLI, Président de la Fédération nationale de l’Ecole des parents et des éducateurs et Mme LEROY-BAULIEU, bénéficiaire d’un dispositif de soutien à la parentalité, Aymeric de CHALUP, chef de département enfance et parentalité, CNAF, Aude BOUVIER, conseillère technique parentalité, CAF d’Ille-et-Vilaine, Bruno LACHESNAIE, Directeur du développement sanitaire et social, CCMSA.

Lors des échanges en salle, F. Edouard, vice-président de l’UNAF est intervenu pour exprimer son souhait de voir renouveler le comité national de soutien à la parentalité avec les groupes de travail techniques regroupant les associations des différents domaines de soutien à la parentalité (parrainage de proximité, médiation familiale, espace de rencontres et REAAP). Il a par ailleurs souligné l’attention portée par l’UNAF à l’accompagnement de la grossesse et de l’accouchement. Enfin, il a indiqué son souhait d’organiser une rencontre portant sur les initiatives originales d’organisation du lien social qui pourrait prendre appui sur le parrainage de proximité.

En conclusion de cette rencontre, qui réunissait une centaine de représentants d’institutions, d’associations et de collectivités territoriales (+ lire), la Ministre a invité les acteurs à des rendez-vous réguliers, annoncé l’organisation prochaine d’un colloque consacré à « Qu’est-ce qu’être parent aujourd’hui ? » et dégagé deux pistes de réflexion pour les mois à venir. D’une part le développement d’un travail en réseau autour d’actions de parrainage, de lutte contre l’isolement, particulièrement pour les familles monoparentales, et d’autre part l’implication des parents eux-mêmes comme acteurs du soutien à la parentalité, afin de sortir d’une approche encore trop cloisonnée et institutionnelle de cette politique publique.

Assistaient également à cette rencontre de l’UNAF, la Directrice générale de l’UNAF, Guillemette Leneveu, Jean-Philippe Vallat, Sous-directeur des Recherches, Etudes et Actions politiques, de David Pioli, coordonnateur du pôle "Droit, psychologie, sociologie de la famille", et Hélène Guillaume, (du pôle SPF) et Servane Martin, chargée de mission au pôle "Education - Handicap - Petite enfance".


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