Année scolaire 2015-2016 : quel coût ? Quelle aide ? L’éclairage des budgets types de l’UNAF

31/08/2015

Fournitures scolaires

Près de 12 millions d’enfants font ce mardi leur rentrée (dont 86% en école publique). Pour les presque 7 millions de familles concernées, une année scolaire représente des coûts incompressibles.

Le coût d’une année scolaire type représente au moins 11 à 33 jours du montant d’un salaire médian, selon la structure familiale

L’UNAF, dans ses "budgets types" (qui définissent un "minimum décent" pour plusieurs structures familiales), calcule un poste "éducation" depuis 2012. Il prend en compte : la papeterie, les livres scolaires, l’assurance et la coopérative scolaire, la photo de classe, les sorties et les voyages scolaires. L’UNAF utilise, entre autres, comme source les baromètres annuels de deux mouvements familiaux : la Confédération syndicale des familles et Familles de France (qui les publient depuis respectivement 42 et 32 ans) et des dispositions réglementaires.

Sur l’ensemble de l’année scolaire 2014-2015, le poste "éducation" représente de 610 (pour une famille avec juste un adolescent) à 1907€ (pour une famille de 2 enfants et 2 adolescents), soit respectivement 11 et 33 jours du salaire médian (1730 euros par an selon l’INSEE).

Les dépenses liées à la cantine, au transport scolaire, aux équipements informatiques et de communication (ordinateur, accès à internet), aux vêtements de sport ou autres tenues nécessaires pour l’école sont comptabilisées dans d’autres postes. L’alimentation est comptabilisée comme si les enfants prenaient leur repas à domicile, en raison de la grande diversité des pratiques tarifaires des cantines des collectivités (un tiers des communes facturent en fonction du quotient familial, enquête sur la prise en compte des familles dans les communes et les structures intercommunales). Elle représente de l’ordre de 522€ par an et par enfant.

Ajoutons qu’en dépit d’une jurisprudence claire et constante, certaines communes persistent à introduire des discriminations manifestement illégales, en réservant l’accès de la cantine aux enfants dont les deux parents travaillent. La réforme des rythmes scolaires rend encore plus complexe le calcul du coût monétaire de l’année scolaire : les nouvelles activités périscolaires (NAP) sont loin d’être toujours gratuites, ou n’offrent pas forcément un nombre de places suffisantes.

L’inconnue des coûts d’organisation

Les rythmes de l’école ne recoupent que partiellement les rythmes professionnels. Ceci est d’autant plus vrai pour les parents travaillant en horaires décalés, atypiques ou imprévisibles. S’organiser pour l’année scolaire est un des principaux défis de la conciliation vie familiale et professionnelle.

La réforme des rythmes scolaires a pu renchérir ce "coût d’organisation" : des millions de parents sont depuis deux ans confrontés à des changements d’emplois du temps. De très nombreux parents ont du certainement négocier avec leur employeur un changement d’horaires de travail.

Des NAP trop chères, ou de qualité trop faible, peuvent de surcroît modifier les arbitrages entre travail rémunéré et domestique, notamment pour les parents ayant de bas salaires.

L’allocation de rentrée scolaire concerne moins d’un enfant sur deux... et seulement un sur trois d’ici 10 ans

Le montant de l’allocation (363 à 396 euros par enfant selon son âge en 2015) ne permet pas de couvrir l’ensemble des coûts.

Seulement deux tiers des dépenses d’éducation comptabilisées par les budgets types sont couvertes par l’allocation de rentrée scolaire (ARS), hors dépenses de cantine, transport, équipement informatiques et communication. En outre, les montants n’ont pas été revalorisés cette année.

Surtout, pour plus d’une famille sur deux, tous ces coût reposent intégralement sur le budget de la famille. L’allocation de rentrée scolaire concerne en effet moins de la moitié des enfants de 6 à 17 ans du fait de conditions de ressources très strictes.

Ce taux se réduit mécaniquement d’année en année car les plafonds évoluent avec les prix, qui augmentent moins vite que les revenus. Le HCF estime que d’ici moins de 10 ans, moins de 35% des enfants (soit environ un sur trois) seront concernés par l’ARS : les parents de 850 000 familles modestes et moyennes verront s’accroître le coût de l’éducation.

Pour que l’école reste l’alliée principale des parents dans leur mission de premiers éducateurs, il est vital que le coût de l’éducation ne nuise à aucun enfant, et que les contraintes que la vie scolaire exerce sur les familles soient clairement prises en compte par les politiques publiques, nationales et territoriales.


Image : Fournitures scolaires - CC - Source Flickr
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