Conférence internationale : l’UNAF préside une plénière intitulée « La microfinance en Europe : quels résultats pour les ménages ? »

03/11/2015

Les 28 et 29 octobre derniers, l’UNAF, représentée par Fabien Tocqué, chargé de mission au pôle "Economie - Consommation - Emploi" a participé à une conférence internationale « Quel rôle pour la microfinance en Europe en période d’austérité ? » organisée par le laboratoire Comptrasec (CNRS/Université de Bordeaux) et le Geary Institute (Université de Dublin). L’UNAF a en particulier présidé une plénière intitulée « La microfinance en Europe : quels résultats pour les ménages ? ».

A l’heure des contraintes budgétaires, les Pouvoirs publics européens peuvent en effet avoir tendance à inciter les particuliers à faibles revenus à financer par eux-mêmes, via la microfinance, des besoins qui étaient auparavant pris en charge par la sécurité sociale.

Cette conférence a permis de cerner les effets positifs des différents instruments de microfinance en Europe (microcrédit personnel et professionnel, microépargne), les facteurs de réussite de mise en œuvre et d’évaluation de tels programmes, mais aussi de bien en mesurer les limites :

- La microfinance ne s’adresse tout d’abord qu’aux publics solvables, ce qui écarte toute une partie de la population.

- Elle ne permet pas de résoudre les difficultés structurelles des politiques socioéconomiques (ex : discrimination sur le marché de l’emploi, surendettement, érosion du pouvoir d’achat…).

- La microfinance a aussi des impacts négatifs sur les ménages, dans certains pays européens (surendettement dans les pays de l’Est).

- Un point particulier a été fait sur le fort développement de l’auto-entreprenariat, parfois rattaché à la microfinance, qui a lieu au Royaume-Uni. Les récentes évaluations publiées indiquent que ces évolutions sont loin d’être bénéfiques aux ménages concernés sur le court terme, et à la collectivité sur le long terme.

Il a été souligné également que, dans beaucoup de pays européens, le développement de la microfinance est freiné en raison d’obstacles réglementaires (ex : monopole bancaire, application de normes trop lourdes…).

Enfin, une représentante de l’OCDE a exposé les résultats d’une récente étude invitant les États à réduire les inégalités en développant encore plus les politiques redistributives, pour un meilleur bénéfice collectif.

Pour plus de renseignements, n’hésitez pas à contacter Fabien Tocqué : ftocque@unaf.fr

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