L’UNAF auditionnée sur la réforme des rythmes scolaires dans les petites communes et les communes rurales

29/03/2016

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Rémy Guilleux, Président du département "Education - Jeunesse - Numérique", accompagné de Patricia Humann, Coordonnatrice du pôle "Education - Jeunesse" a été auditionné mercredi le 23 mars dernier par Françoise Cartron, Sénatrice de la Gironde et Vice-présidente du Sénat, sur la réforme des rythmes scolaires dans les petites communes et les communes rurales.

Cette audition est intervenue à la suite d’une lettre de mission adressée par le Premier ministre le 19 octobre dernier, à la sénatrice Françoise Cartron, dans laquelle il lui demande de réfléchir au développement et à l’amélioration de l’organisation des activités périscolaires consécutives à la réforme des rythmes scolaires dans les petites communes et les communes rurales. La sénatrice de Gironde devra notamment "définir les conditions d’un accompagnement renforcé par les services de l’Etat aux communes".

Lors de cette audition, l’UNAF a communiqué les résultats de l’enquête qu’elle a réalisée auprès des familles, certaines réponses permettant de mieux comprendre les pratiques et les perceptions des enfants et des parents concernant les nouvelles activités périscolaires, et peut-être d’en déduire ce que les communes doivent mettre en place en priorité.

1/ D’abord, si 63% des enfants participent aux nouvelles activités périscolaires (NAP), il y en a quand même un certain nombre qui ne participe pas : 37%. En analysant plus précisément cette absence de participation, on remarque que :

- Les familles qui risquent d’être le plus en difficulté financièrement font moins participer leurs enfants aux activités périscolaires (familles monoparentales au chômage, familles dans lesquelles un des deux parents ne travaille pas…). Bien sûr, quand un des deux parents ne travaille pas, il est aussi plus disponible pour aller chercher les enfants plus tôt. Mais le foyer est aussi souvent plus fragile en termes de revenus. On peut en déduire que : - Le coût a un impact sur la participation. Pour certaines familles, quand la mère ne travaille pas, si ce n’est pas gratuit, les enfants ne seront pas inscrits. Or, pour 34% des répondants à notre sondage, les activités sont payantes.
- Les activités doivent donc être autant que possible soit gratuites soit prendre en compte le quotient familial.

Pour 23% des parents, la non-participation est due au manque d’intérêt des activités proposées. Ces activités sont-elles vraiment sans intérêt ? La liste des activités pratiquées par les enfants montre au contraire une grande diversité et souvent une originalité des activités et les enfants peuvent faire 3 activités en moyenne par an. 77% des enfants apprécient d’ailleurs ces activités (toutes ou certaines). Rappelons que la loi a aussi été faite pour les enfants qui sont rarement inscrits à des activités péri-scolaires.

L’école ou la commune n’a-t-elle pas un rôle à jouer pour convaincre de l’ouverture, de l’enrichissement pour l’enfant de ces activités péri-scolaires, même parfois les plus simples ?

Pour certains parents, les activités ne sont pas adaptées à tous les enfants et à toutes les situations : pas d’activité pour les plus petits, problèmes de places, problèmes de bus scolaire…
- Les communes doivent donc faire attention à ce que les activités puissent convenir à tous les enfants, même aux plus petits ;
- Il ne faut pas pénaliser les enfants qui doivent prendre le bus scolaire ;
- Le fait qu’il n’y ait pas suffisamment de places dans les NAP pour tous les enfants est aussi problématique.

2/ Un autre élément important de l’enquête est la perception des NAP par les parents :

  • La compétence des animateurs : celle-ci n’est pas toujours perçue (30 % plutôt non) ;
  • L’intérêt des nouvelles activités périscolaires : 42% plutôt non ;
  • Les locaux adaptés : 36% plutôt non.
    Notons par ailleurs un grand manque d’information des parents (66 % plutôt non). Le manque de contact des parents avec les animateurs est par ailleurs regretté (77% des parents). On peut conclure qu’une commune devrait à la fois travailler sur tous ces points et sur l’information des parents concernant ces éléments : S’agissant de la compétence des animateurs : ils doivent être suffisamment formés et les écoles / les communes doivent informer les parents concernant leur compétence.

Intérêt des activités : Comme déjà évoqué, il semble nécessaire de montrer aux parents que de pratiquer telle ou telle activité artistique ou culturelle ou sportive est bénéfique pour un enfant. Il peut acquérir des compétences qui lui serviront même dans sa scolarité et en tous les cas pour « grandir ». On pourrait aider les communes à trouver des arguments : Bénéfice du sport sur la santé des enfants, sur le poids, et même sur l’activité intellectuelle (cf. OMS)
Bénéfice des activités artistiques et culturelles sur la créativité et l’imagination (cf. Etude Unesco : "Les résultats de l’étude montrent que l’art contribue grandement à l’éducation des enfants et qu’il a une incidence sur les résultats scolaires, le bien-être, l’attitude vis-à-vis de l’école et la perception de l’apprentissage". + Lire. Même une activité exclusivement récréative peut être valorisée auprès des parents. On sait l’importance du jeu pour le développement de l’enfant. Une activité en groupe apporte des compétences pour « vivre ensemble » primordiales pour l’enfant. Lors d’une audition sur les « jeux dangereux » à l’école, l’UNAF avait d’ailleurs préconisé le retour à des jeux d’équipes « défoulement » dans les cours de récréations (balle au prisonnier etc …).

Contact des parents avec les animateurs. Ceci est un point à renforcer. Les animateurs devraient être formés à la communication avec les parents.

Adaptation des locaux, accessibilité des lieux …

De nombreux parents trouvent par ailleurs que la réforme a eu un impact négatif sur leur organisation familiale et sur la conciliation vie professionnelle / vie familiale.
79% des parents notent un impact de la réforme sur leur vie familiale et dans 87% des cas, ceux-ci qualifient cet impact de négatif. Ce point est à prendre en compte par les communes pour privilégier des organisations qui conviennent à tous les parents :

  • Assurer l’école jusqu’à 16h30 comme auparavant. Certaines écoles ont mis en place des activités après le déjeuner, ce qui est préférable pour le rythme de l’enfant. Dans ce cas, les parents viennent chercher leurs enfants à 16h30 et ils n’ont pas l’impression de grande modification par rapport à avant la réforme.
  • Le mercredi : la cantine doit être organisée. Et dans l’idéal un transport des enfants vers le centre aéré. Comment font sinon les parents qui travaillent ?

L’UNAF a par ailleurs indiqué les préoccupations plus spécifiquement liées aux communes rurales : Préoccupations matérielles : la question des locaux, des transports inquiètent les communes rurales, ainsi que la pérennité de l’aide actuelle apportée par l’Etat. Au plan humain, la question de la formation est problématique. En plus des formations du Centre national de la fonction publique territoriale -CNFPT- souvent trop lointaines, l’UNAF a suggéré un accès pour les animateurs aux formations délivrées par des associations locales. D’autre part, l’UNAF a souligné l’importance du dialogue entre enseignants et animateurs avec une reconnaissance de leur complémentarité.

Enfin l’UNAF souhaite que tous les acteurs, enseignants, communes, parents puissent échanger régulièrement sur cette nouvelle organisation. C’est un des avantages de la réforme d’avoir rassemblé des acteurs qui n’échangeaient pas forcément fréquemment auparavant et ceci permet une fluidité des temps, profitable aux enfants.

@ : phumann@unaf.fr


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