L’UNAF a participé aux travaux de la 4e conférence environnementale

02/05/2016

Bannière Conférence Environnementale 2016

La Conférence Environnementale 2016 s’est tenue les 25 et 26 avril derniers sous l’égide du Président de la République qui a voulu remercier tous ceux, Ministres, administration, ONG, GIEC qui ont porté haut les enjeux de la lutte contre le changement climatique lors de la COP21.

Le Président a qualifié ce moment de la COP21 « d’historique » et souligné l’importance de la signature de l’Accord sur le climat signé à New York le 22 avril dernier. Il s’est engagé à traduire cet accord dans les choix collectifs et privés du pays :

  1. réorienter les financements vers des investissements verts tout en prévoyant la solidarité auprès des plus vulnérables,
  2. avoir un prix plancher du carbone pour changer les comportements de tous, imaginer une ville de demain plus dense, moins énergivore, avec des transports propres,
  3. rénover les logements et aider les ménages précaires par le chèque-énergie.

Il a réaffirmé l’interdiction de l’exploitation du gaz de schiste et la fermeture de centrales nucléaires dont Fessenheim.

Il a relancé l’idée d’une taxe sur les transactions financières au niveau de l’Europe qui permettrait de financer la transition énergétique.

La Conférence environnementale s’est déroulée autour de trois tables rondes (TR) lors desquelles plusieurs Ministres se sont exprimés et semblaient faire le bilan de leur action.

Table-ronde 1 : appliquer l’agenda des solutions pour la croissance verte, sous la présidence de Ségolène Royal, ministre de l’environnement, de l’énergie et de la mer (MEEM) : à côté de la loi de transition énergétique qui fixe un cap à l’horizon 2030 pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES), des actions sont menées avec les entreprises (rénovation de l’habitat, énergies renouvelables dont méthanisation et récupération de chaleur, reporting climatique, 1.000 km de routes « solaires » prévus, etc.) en lien avec les collectivités territoriales . 500 territoires à énergie positive (TEPOS) se sont déjà lancé dans l’économie bas carbone.
Parmi les moyens supplémentaires alloués, on note des « fonds verts » dédiés et un prix plancher du carbone (situé entre 25 et 30 euros la tonne) pour relancer le marché carbone qui au prix actuel (5 euros !) est plus favorable au charbon qu’au gaz !! La France militera pour que ce prix plancher soit élargi à l’Union Européenne … En ce qui concerne les transports, une réflexion de fond sera organisée dès 2016 sur la mobilité de nos concitoyens pour les 30 années qui viennent, avec un réseau à grande vitesse moderne, un renouveau des trains d’équilibre des territoires, le développement des modes alternatifs (dont le vélo et la marche) et des normes renforcées pour la consommation des véhicules. Le prix du diesel sera à terme aligné sur celui de l’essence. Des zones à circulation restreinte seront expérimentées dans les villes.

Table-ronde 2 : impliquer les citoyens, les territoires et l’Etat dans la transition énergétique, présidée par Laurence Monnoyer-Smith, Commissaire Générale au DD (CGDD) : comment associer les citoyens aux projets locaux, très en amont, afin d’éviter des blocages ? quel rôle exemplaire de l’Etat avec la commande publique qui doit permettre une meilleure performance environnementale et favoriser des biens et services plus durables …

Cette table-ronde a accueilli Axelle Lemaire, secrétaire d’Etat chargée du numérique, qui a expliqué comment les données publiques seront ouvertes au public afin que la transition énergétique soit en synergie avec la transition numérique. « Plus les données sont diffusées, plus elles peuvent créer de la valeur » selon elle. Par exemple, des informations données aux voyageurs permettront de mieux circuler (avec des parcours de mobilité adaptés en cas de handicap), les compteurs « intelligents » Linky et Gaspar permettront aux usagers de suivre leur consommation d’énergie et de la réduire si besoin en cas d’effacement de pointes de consommation.

La ministre de l’éducation nationale, Najat Vallaut-Belkacem, a rappelé pour sa part que l’éducation au Développement durable est désormais incluse dans les programmes scolaires qui entreront en vigueur à la rentrée 2016, que la pédagogie de projets autour de la nature se développe (plus de 8.000 projets actuellement) et que des aires marines pédagogiques, créées à l’initiative de l’outremer, seront également réalisées en métropole.

Patrick Kanner, secrétaire d’Etat à la ville, la jeunesse et les sports, a exposé le principe du service civique qui atteint 15.000 jeunes pour le moment (mais avec une ambition à terme de concerner la moitié d’une classe d’âge) avec des possibilités de s’engager sur les sujets climatiques (par exemple, aide aux ménages en précarité énergétique). La création d’un congé-engagement de six jours de disponibilité pour les responsables d’associations sera négocié avec les entreprises.

Table ronde 3 : préserver les milieux afin d’améliorer le cadre de vie et la santé de tous, présidée par Ségolène Royal et Marisol Touraine, ministre de la santé : les questions de santé-environnement deviennent quotidiennes (qualité de l’air, de l’eau, des sols…) et sont même une priorité de santé publique car générant beaucoup de maladies chroniques. On parle « d’exposome ». Il faut en informer les publics les plus fragiles (femmes enceintes, enfants, personnes âgées…) et développer la recherche sur ces sujets (perturbateurs endocriniens, antibio-résistance…).

Plusieurs témoignages de riverains de sites agricoles avec épandage de produits phytosanitaires ont débouché sur la nécessité de réaliser une grande enquête épidémiologique sur ce problème. Les dangers des nanoparticules exigent également que leur mention sur les étiquettes de produits soit effective. La loi sur la biodiversité sera votée au plus tard cet été et l’Agence Française de la Biodiversité (AFB) verra finalement le jour en janvier 2017 sur le modèle de l’Adème et se verra allouer les moyens, en personnel et en crédits, de remplir ses missions…

Le Premier Ministre, Manuel Valls, a conclu ces deux jours par cette phrase : « Je suis très fier d’être à la tête du gouvernement sans doute le plus écologique qui n’ait jamais existé ! ». Son intervention a pris la forme d’un bilan des actions entreprises à la fois avec la loi d’avenir agricole, la loi de transition énergétique, l’accord de Paris sur le climat et enfin la loi sur la biodiversité. Il a également souligné que le TAFTA (Traité de libre-échange transatlantique) ne serait pas signé par la France « s’il n’apporte pas le niveau d’exigence que nous avons dans le pays pour la santé et l’environnement de nos concitoyens » et « qu’aujourd’hui, nous sommes trop loin du compte pour envisager un accord » !

Participaient de l’UNAF : Dominique Allaume Bobe, présidente du département "Habitat - Cadre de vie", Françoise Bas, administratrice en charge de l’environnement, Marilia Mendes et Hélène Marchal, respectivement coordonnatrice et chargée de mission à l’UNAF.

Le prochain Conseil National de la Transition Ecologique (CNTE) qui se tiendra début juin aura à examiner la feuille de route précisée pour chaque ministère qui sera le résultat de cette conférence 2016.
La Ministre, Ségolène Royal a annoncé au lendemain de cette conférence environnementale 2016, sur Itélé, la tenue d’une prochaine conférence au début de l’année 2017 afin de finaliser les deux grandes lois de son ministère, celle sur la transition énergétique vers une croissance verte et celle sur la biodiversité.

Retrouvez en ligne les annonces du Président de la République, du Premier ministre et de Ségolène Royal, Ministre de l’Environnement, de l’Énergie et de la Mer, en charge des Relations internationales sur le climat. + Lire. Retour sur les tables rondes.

@ : ssitbon@unaf.fr


Image : Bannière Conférence Environnementale 2016
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