Communiqué de presse n°10.16.06.16

Nouvelle étude de l’UNAF : Enfin l’ère des nouveaux pères ?

16/06/2016

Couverture de l’étude

A l’occasion de la fête des pères, l’UNAF publie une étude [1] dans laquelle 11000 pères témoignent de leur paternité et surtout des freins qui les empêchent de l’exercer pleinement.

Quelques chiffres :

- 86 % veulent être des pères différents de leur propre père (et 43 % disent s’inspirer de leur propre mère pour exercer leur paternité).
- 47 % des pères disent ne pas passer assez de temps avec leurs enfants, dont les ¾ évoquent le travail comme cause de ce manque de temps.
- 56 % des pères interrogés ont le sentiment que leur rôle est moins reconnu par la société que celui de la mère. Seuls 21 % trouvent la justice familiale équitable vis-à-vis des pères au sujet du lieu de résidence des enfants.
- 55 % disent faire les mêmes choses que la mère avec leur enfant, mais de façon différente.
- Les tâches parentales sur lesquelles les pères rencontrent le plus de difficultés sont le suivi de la scolarité (46 %) et le coucher (31 %).

Pour l’UNAF, il s’agissait de comprendre comment les pères se perçoivent, quelles sont leurs attentes et leurs difficultés dans un triple enjeu : que les pères osent être pères ; que les enfants tissent des liens forts avec leur père ; que les mères puissent trouver un relais auprès de pères plus investis.
Voir analyse de Marie-Andrée Blanc, Présidente de l’UNAF ci-dessous.

A noter : le très grand nombre de pères répondants (11 000) a permis d’identifier un échantillon de 600 pères élevant seuls leurs enfants. Les réponses de ces pères « solos » sont d’autant plus significatives que les études sur les familles monoparentales évoquent très rarement leurs situations.

Les conclusions de Marie-Andrée Blanc, Présidente de l’UNAF :

Des pères différents de leur propre père, et différents des mères
Cette enquête révèle de la part des pères un fort souhait d’être entendus et reconnus comme éducateurs à part entière. Ils souhaitent majoritairement vivre une paternité différente de celle qu’ils ont vécue enfant. Les répondants à notre enquête souhaitent être plus proches de leurs enfants, davantage dans l’échange que dans l’exercice d’une « autorité ». Les pères sont aussi prêts à davantage d’égalité mais avec la reconnaissance d’une différence avec les mères.

Des pères qui cherchent encore leur place
Ils sont soumis à des attentes contradictoires de notre société : davantage s’investir comme parents… tout en restant de bons professionnels qui pourvoient aux besoins matériels de leur famille. Au-delà de la sympathie que les « nouveaux pères » suscitent, il semble parfois difficile de trouver sa place à l’école ou à la crèche, des univers souvent très féminisés. Les contraintes professionnelles et financières très fortes pèsent sur certains pères et ne permettent pas à ces couples (quelle que soit leur volonté) de coller au modèle « égalitaire » promu dans nos sociétés.

Il faut penser aux pères quand on pense « parents »
Pour l’UNAF, cela suppose une véritable réflexion sur les dispositifs publics et associatifs destinés aux « parents ». Pense-t-on aussi aux pères, à leurs contraintes et à leurs difficultés spécifiques, quand on met en place des actions autour des REAAP ? Pense-t-on aussi aux pères dans les établissements scolaires quand il s’agit de faire le lien avec les « parents » ? Bref, la « parentalité » doit aussi prendre en compte les pères et les aider dans les domaines où ils sont plus mal à l’aise.

Des pères qui se sentent parfois mal jugés
Notre enquête fait apparaître une forte crispation des pères autour de la Justice familiale, ressentie comme dévalorisante et inadaptée aux familles d’aujourd’hui. Cette tension nécessite une action pédagogique pour le grand public et des actions plus spécialisées pour les couples concernés. Sur ce dernier point, la médiation familiale peut être un outil à développer pour restaurer la communication entre les parents.

Retrouver toute l’étude sur : www.unaf.fr/etrepere
Au sommaire :
I. Les représentations et modèles sociaux de la paternité
- A. Une volonté de se différencier de leur propre père
- B. L’image du père dans les représentations collectives : société, médias et justice familiale
- C. Le « bon père » : un bon parent comme un autre ?
II. La paternité, une question de temps ou de compétence ?
- A. Des pères présents auprès de leur(s) enfant(s), dès la naissance
- B. La participation des pères aux activités parentales est contrainte par le temps disponible
- C . L’incompétence, une fausse excuse ?
III. La paternité, située socialement et d’un point de vue générationnel
- A) Les « nouveaux pères », une question de catégorie sociale ?
- B) Les pères et le manque de temps : au-delà des contraintes professionnelles
- C) Le modèle paternel : question d’appartenance sociale ou de génération ?
IV. Les pères « solos » : des pères comme les autres ?


Image : Couverture de l’étude
CP-UNAF-10
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Etude être père aujourd’hui
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[1Etude n°8 de l’Observatoire des familles menée par 42 UDAF et 2 URAF en 2015 dans 48 départements auprès d’une sélection de 3000 ménages allocataires de CAF ayant au moins un enfant à charge âgé de 4 à 20 ans.

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